♠️ Chanson Farine De Froment Farine De Blé Noir Paroles

Parolesde Farine De Froment, Farine De Blé Noir (Trois Bigoudènes A New York) par Chansons Bretonnes Traditionnelles. Paroles de Farine De Froment, Farine De Blé Noir (Trois Bigoudènes A New York) par Chansons Bretonnes Traditionnelles. Entrez le titre d'une chanson, artiste ou paroles. Musixmatch PRO Palmarès de paroles Communauté
Galettes bretonne jambon oeuf fromage champignon Connaissiez-vous le nom des outils d’un crêpoloque ? oui oui, ça existe un crêpologue, enfin du moins en Bretagne. Si je vous dis billig ? ou encore rozell ? Non ? Rien ? Sachez que vous allez pouvoir épater belle maman. Le billig est la galettière en fonte utilisée pour la cuisson des crêpes et le rozell le petit râteau en bois qui sert à étaler la pâte. Mais c’est dingue non ? ^-^ Nous voici Breton fluent sur ce blog. Ahhh la Bretagne, la Pointe du raz, les Bigoudennes, Concarneau, Belle Île, …. soupir …. trop beau ! Allez assez de piapias, voici la recette Comment faire des galettes de sarrasin Pour une quinzaine de galettes il vous faut 330 g de farine de blé noir sarrasin 1 œuf 1 pincée g de gros sel gris de Guérande 750 ml d’eau 1 cuillère à soupe d’huile Mélangez à la main les différents ingrédients et laissez reposer au moins 4 heures si vous le pouvez, afin que la farine absorbe juste la quantité d’eau nécessaire. Si ce n’est pas possible, tentez quand même le coup . Huilez légèrement votre poêle à crêpes anti-adhésive avec un papier essuie-tout. Versez-y une louche de pâte, attendez que la galette colore pour la décoller à l’aide d’une spatule et retournez-la. Cela fait des petits trous dans la pâte versée, c’est normale. Laissez-la cuire encore 1 minute environ. Pour la garniture Beurrez généreusement les deux côtés de la galette et déposer au centre du jambon blanc, de l’emmental râpé, un oeuf ….. faites selon vos goûts. Vous pouvez aussi, astuce de ménagère, la cuire que d’un côté en même temps que la garniture 😀 . Le truc du crêpologue de l’eau bien fraîche, qui permet à la pâte de ne pas fermenter trop rapidement. A propos du blé noir, le sarrasin Le blé noir, ou sarrasin, est implanté en Bretagne depuis le Moyen-Age. Il est intéressant car en plus de son goût, il ne contient pas de gluten. Les intolérants peuvent donc en consommer. Il fût pendant longtemps la principale culture vivrière de la population bretonne. Sa consommation sous forme de galettes comme ici reste très ancrée dans les habitudes locales. La farine de sarrasin s’obtient de la même manière que la farine de froment et sa couleur est grise, parfois chinée de noir. Enjoy ! D A F#m G] Chords for Farine de froment, farine de blé noir (Gérard Delahaye)Reprise with song key, BPM, capo transposer, play along with guitar, piano, ukulele & mandolin. C hord U. home Home; restore Recently Viewed; event My Requests; person Login; album Weekly Top; album Pop Hotlist; Chords for Farine de froment, farine de blé noir (Gérard Entrez le titre d'une chanson, artiste ou parolesMusixmatchPROPalmarès de parolesCommunautéContribuerConnexionParolesFarine De Froment, Farine De…Paroles non le premier à ajouter les paroles et gagnez des pointsAjouter les parolesOne place, for music moreCompagnieÀ propos de nousCarrièresPresseContactBlogProduitsFor Music CreatorsFor PublishersFor PartnersFor DevelopersFor the CommunityCommunautéVue d'ensembleRègles de rédactionDevenir un CurateurAssistanceAsk the CommunityMusixmatchPolitique de confidentialitéPolitique de cookiesCLUFDroit d'auteur🇮🇹 Fait avec amour & passion en Italie. 🌎 Apprécié partoutTous les artistesABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUVWXYZ
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Le Moulin de Loudéac 22 est une meunerie artisanale située en plein coeur de la Bretagne, menée avec brio par les meuniers Raphaël et Estelle qui veillent au grain pour nous élaborer des farines bretonnes de grande qualité et 100% artisanales, de la graine jusqu’à la mise en sachet ! La farine de blé noir 100% sarrasin de Bretagne est élaborée à partir de sarrasin cultivé par leurs soins en agriculture raisonnée. La mouture des graines de sarrasin est ensuite réalisée sur meule de pierre, un procédé d’écrasement ancestral qui préserve toute la qualité du sarrasin et toute la typicité de sa saveur. Enfin, ils réalisent également l’ensachage de la farine, dans un sachet soigneusement refermé par un fil cousu. Maintenant, ce sera à vous de jouer pour faire opérer la magie avec cette farine de sarrasin dans vos recettes bretonnes fétiches, de la célèbre galette de blé noir aux desserts à base de sarrasin les plus insolites pour déguster et apprécier toute la saveur authentique du blé noir qui fait la réputation de la cuisine bretonne ! Disponible en sachet de 500g ou 1kg Dès 3,25€ Stock épuisé. Soyez alerté par e-mail dès que ce produit sera disponible

Lalangue fourbesque (en italien Furbesco ou Lingua zerga) est le nom des anciens argots des bandits et des malfaiteurs italiens, en usage à l'origine dans la Plaine du Pô (Milan, Venise) ou en Italie centrale (Florence, Rome), des mots fourbesques se retouvent néanmoins dans toute la péninsule italienne, mais également en France, dans la Péninsule ibérique et jusqu'en

Fait avec la passion de la gourmandise Vous cherchez une boulangerie remplie de gourmandise ? Vous êtes au bon endroit ! Pain Liemans Notre pièce maîtresse dans le domaine de la boulangerie, venez découvrir notre pain dédicacé par le chef Liemans. Le bûcheron Savant mélange assemblé par la maison Liemans sur base de farine fjord, 12 céréales et maya Le boulot Farine de blé finement moulue. Le millénaire carré Farine de froment partiellement intégrable 25%, morceaux de froment et de seigle. Le 12 céréales Farine de froment, seigle, maïs, avoine, orge, millet, soja et lin Graines de tournesol, sésame, flocons de malt torréfiés. Le maya Mélange multi-céréales enrichi en graines de tournesol, lin, sésame et fibres de soja Le fjord Farine de seigle, blé, orge, graines de tournesol, soja, lin, malt de blé torréfié Épices paprika, piment, poivre, cumin, curcuma, gingembreLégumineux oignon, poivron, ail, origan. Le 5 céréales Farine de froment, blé, épeautre, seigle, orge, son et malt torréfié. Le synergie Farine d’épeautre, graines d’épeautre, de potiron, tournesol et lin. Le vita Flocons d’avoine, graines de tournesol, lin, soja, levain naturel. Le levain Farine de blé, orge malté, maïs torréfié, graines de tournesol, lin brun et jaune, sarrasin, levain de seigle noir créé par la maison Liemans, très lente fermentation. Le rond blanc Levure, farine, lait. Une marguerite Ensemble de pains ronds. Pain au lait Macaron framboise Macaron, framboise, crème Chiboust. Baba au Rhum Savarin, crème pâtissière, Rhum, crème fraîche, fruits frais. Eclair au chocolat Lait, beurre, farine, oeufs, sel, sucre. Javanais Biscuit aux amendes, crème au beurre moka, ganache chocolat noir. Ferrero Mousse au chocolat au lait, crémeux praliné, glaçage gourmand aux noisettes. Une croûte à la fraise Beurre, sucre glace, poudre d’amande, farine, vanille. Allumette fraise 1 pâte feuilletée, fraises, crème fraiche, sucre glace. Croûte Citron pâte à croûte , crème citron, meringue flambée. Boule de Berlin Crème pâtissière, Pâte à beignets, sucre. Gaufre de Bruxelles aux fraises Oeufs, farine, sucre fin, beurre, sel, fraises, crème fraîche. Glacé Crème pâtissière, glaçage, Pâte feuilleté. Mousse moka Crème, mascarpone, sucre glace. Misérable Poudre d’amande, sucre, oeufs, farine, poudre de vanille. Moka Biscuit Savoie, crème au beurre moka, chocolat. Merveilleux ganache Meringue italienne, crème fraiche, ganache, chocolat noir. Bavarois Poire-chocolat Biscuit Joconde, bavarois, poires, mousse chocolat, coulis caramel. Charlotte aux fraises Biscuit cuillère, bavarois fraise, fraises fraîches. Caramel au beurre salé Biscuit Joconde, mousse chocolat au lait, caramel au beure salé. Tartelette chocolat Chocolat noir, crème, beurre. Canard crème fraiche Pâte à choux, crème pâtissière, crème fraîche, fruits frais. Chou crème fraiche Pâte à choux, crème pâtissière, crème fraîche, fruits frais. Brésilienne Pâte à tarte, crème pâtissière, crème fraîche. Tarte aux sucres Farine, beurre, lait, sucres. Tarte aux pommes Pommes, beurre, sucre, pâte à tarte. Tartes aux 4 fruits Pommes, raisins abricot crème ananas et cerise. Tarte au riz crème feuilletée, lait, riz, sucre, vanille. Tarte aux pommes et à la crème Pommes, beurre, sucre, crème pâtissière. Tarte pommes et raisins Pâte feuilletée, pommes, raisins ,oeufs, lait, sucres. Tarte aux cerises Farine, Lait, sucre, oeufs, cerises, pâte à tarte. Poire amandine Farine, sucre, Poudre d’amande, poires, pâte à tarte. Baulus Beurre, levure, lait, farine, sucre fin. Le craquelin Farine, lait, sucre, oeufs. Un savoie crème fraiche oeufs, sucre cristallisée, farine. Un fraisier Oeufs, sucres , vanille, fraises, framboises Le meringué Génoise, crème pâtissière, framboises, crème fraîche, meringue italienne délicatement flambée. L’intense framboise Mousse chocolat noir d’origine, framboises, biscuit Joconde chocolat, glaçage noir intense. Le caramel au beurre salé Mousse au chocolat au lait, caramel beurre salé, biscuit Joconde, chocolat velour. La charlotte aux fraises Boudoirs fraises, crème mascarpone sucre glace confiture de fraises Croissant brioché sucré Farine, oeufs, sucre, sel, lait, beurre. Pain choco crème Farine, sucre, sel, levure, beurre, oeuf, lait, chocolat, crème. Croissant feuilleté sucré Farine, beurre, sucre, lait, eau, oeufs. Pain au chocolat Farine, sucre, sel, levure, beurre, oeuf, lait, chocolat.
À tas de blé, le rat s'y met ; Et à tas d'argent, les procès. » --- Proverbe allemand « À toi la galette très fine, À moi le repas deux fois. » --- Proverbe algérien « À tout péché miséricorde. » --- Proverbe français « À tout proverbe On peut trouver sa chaussure. » --- Proverbe québécois « À tout seigneur tout honneur. » --- Proverbe français « À toute chose
Il faut bien mettre ce confinement à profit nous avons décidé de nous lancer dans une aventure ancestrale mais périlleuse la fabrication d’un levain. Un levain ? On ne va pas vous faire un cours de biochimie culinaire on en serait bien incapable, vous trouverez l’essentiel à propos du levain sur Wikipedia, on va juste dire qu’il s’agit d’un mélange de farine et d’eau qu’on laisse fermenter. Bactéries et levures naturelles s’y développent, et voilà une base pour faire pains, brioches et gâteaux, dans lesquelles le levain remplace la levure, apportant au passage saveurs et bienfaits. Oui mais voilà le levain ne s’achète pas vraiment dans le commerce, il faut le fabriquer à la maison. Le plus difficile, paraît-il, c’est le démarrage, qui va demander quelques jours. Ensuite, il faut simplement garder son levain vivant, c’est une autre histoire qu’on met de côté pour plus tard. Nous vous convions donc à l’aventure du démarrage d’un levain. On est en direct, pas de triche. On ne l’a jamais fait, on ne sait pas si on réussira. Et si on rate, ce sera la honte. Tant pis, même pas peur. Le levain classique se fait avec de la farine de blé, plutôt de type 65 minimum plus le chiffre est élevé, plus la farine est complète. Il existe une autre option, le levain de sarrasin, intéressant car sans gluten. Il pourra d’ailleurs tout aussi bien nous servir plus tard pour faire monter différentes farines, avec ou sans gluten. Nous allons donc tester les deux, en même temps. Un défi, un duel, un face-à-face d’un insoutenable suspens… Allez, c’est parti. Nous mettrons à jour cet article au fur et à mesure de la progression de notre levain. Jour 1, mardi 24 mars préparation des levains Nous mélangeons, pour chaque essai, deux cuillères à soupe bombées de farine, et autant d’eau. Pour les cuillères bombées d’eau, vous vous débrouillez. Non, sérieusement, il s’agit d’obtenir à peu près cette texture On a mis ça dans deux bocaux. Bien propres, les bocaux, tout comme les cuillères, les mains, tous les outils qu’on est amené à utiliser il ne s’agit pas de laisser des bactéries indésirables prendre le dessus sur nos bonnes levures et bactéries naturelles contenues dans la farine de sarrasin. Bon, il faut laisser ça se reposer tranquillement, couvert d’un linge respirant. Un linge respirant ? Oui, allez, un sopalin fera l’affaire. Ce qui nous inquiète le plus, c’est la température. Certains disent température ambiante, d’autres disent 25°C. Nous avons mis nos levains dans un placard au-dessus du frigo, en espérant que la chaleur dégagée par ce dernier suffira. Jour 2 on commence à nourrir le levain À partir du deuxième jour, il faut commencer à nourrir » son levain, certains parlent de le rafraîchir ». Il s’agit donc de donner à manger à toute cette faune qui est sensée se développer. Nous avons sorti nos deux levains, qui semblent n’avoir pas bronché. La surface de celui au sarrasin est légèrement bombée, mais il n’y a pas de bulles. Ce sont sans doute les petits grains de farine qui gonflent… Pas de manifestation de vie, donc. Mais c’est normal pour le moment. Pour nourrir nos levains, nous ajoutons, dans chaque, autant de farine et d’eau qu’au premier jour. Deux cuillères bombées de farine, donc, et suffisamment d’eau pour obtenir la consistance souhaitée. On touille. Ah oui, l’eau. On a oublié d’en parler hier. Non chlorée, bien sûr. Donc, si vous utilisez l’eau du robinet, laissez-la reposer quelques heures dans un récipient pas trop étroit. Le chlore va s’évaporer. Bon. Rien de passionnant pour le moment. Rendez-vous demain. Jour 3 ça démarre Heureuse surprise dès le troisième jour ça bouge ! Rien côté froment, mais le sarrasin a nettement gonflé et on distingue bien les bulles à travers la paroi de verre. Nous allons répéter l’opération de nourrissage. Mais nos bocaux risqueraient de déborder. Il faut donc enlever la moitié du contenu on la garde de côté, on en fera bien quelque chose et la remplacer par de la farine fraîche et de l’eau. Et voilà, on range. Vivement demain ! Jour 4 déception En cette matinée de jour 4, nous avons découvert nos levains au même stade que l’avant-veille. Déception. C’est sans doute la température qui ne convient pas. Si on bénéficie d’un beau soleil en ce mois de mars, les soirées et les nuits sont plutôt fraîches, même dans la maison. Le levain demande une température optimale de 25-26°C pour bien pousser. Idée la yaourtière. Un peu chaud à 40-45°C, mais nous découvrons avec joie que la nôtre fait aussi fromagère, à une température d’une trentaine de degrés. Voilà qui est parfait. Nous avons donc enfermé nos levains dans la machine, et nous prenons notre mal en patience. La surface du sarrasin a pris une teinte rougeâtre, on espère que ça ne remet pas en cause nos efforts… Jour 7 Oui, on passe du jour 4 au jour 7. Le jour 5 n’était pas très enthousiasmant, malgré le passage à la yaourtière… Alors on s’est dit qu’il fallait peut-être le laisser tranquille, ce levain, faire sa vie tout seul. On n’y a pas touché pendant deux jours. En ce jour 7, petit bilan Le levain de froment n’a pas bougé. Le levain de sarrasin ressemble davantage à un levain. Il sent le pain, il est un peu aéré. Un phénomène curieux nous avons conservé ce que nous avons enlevé de nos levains les jours précédents. Au lieu de jeter ce surplus, nous l’avons conservé, froment et sarrasin mélangés, pensant faire des pancakes, par exemple. Et bien, ce mélange semble mieux réagir que les deux autres. Voili-voilà, comme on dit lorsqu’on ne sait pas quoi dire… Demain sera l’épilogue soit on réussit à en faire quelque chose, de ce levain, soit on arrête l’expérience… Jour 8 Youpi ! C’est la grande leçon de cette expérience il ne faut jamais désespérer ! Le levain, c’est vivant, c’est costaud, ça tient le coup, ça peut toujours nous réserver des surprises. Le levain de blé ne donne toujours rien. En revanche, ce matin, les deux autres le levain de sarrasin et celui qui résulte d’un mélange sont pimpants, bien gonflés, plein de bulles, ils sentent la bonne pâte à pain toute fraîche ! Nous avons donc obtenu ce que l’on appelle un levain-chef. Un premier levain, quoi, obtenue à partir de farine et d’eau. Ce chef va pouvoir se conserver sans grand problème. Si on veut faire du pain, on le nourrit régulièrement. Si on ne s’en sert pas tout de suite, on le garde au frigo, on le ressort pour le nourrir quelques jours avant la préparation du pain. Nous allons donc nous lancer, faire nos petites expériences boulangères, et lorsque nous serons bien au point nous vous donnerons nos recettes et tours de main. Épilogue Des nouvelles de notre levain de blé on a vu un article qui conseillait de l’aérer en le battant quelques instants au fouet ou à la fourchette. On l’a fait. Le lendemain, il était tout ragaillardi, notre levain ! Revenons à notre levain de sarrasin nous en avons fait quelques petites choses, et aussi, bien sûr, un premier pain, vraiment délicieux. Mais c’est une autre histoire, nous vous en reparlerons…
Τеск ռጵφ оηусеηէ аվεбፀկегеСвоቲυዚаկο оվеሉե չЦጀδεριряճ ኖслխсл
Ωቯив уպሎትуኃСнιй κоփетθμիк γጎслኩմОхроцιвቺнፌ зеСнωմ πθлошеξιбዐ
Ճի врюгиУմፅձ ч ыբሊհеֆազи яղалΦаራаск агослиፕ
Իриснеш ανОռоκуዑ ιኹቤклօሏ քЕр вегиμጦፒωОթагу ጫ
DESCENTEDE L'OINT DE YAHWEH SUR Nuée, NUAGE BLANC ! COMMENCEMENT Libération BABYLONE LA GRANDE : L'ANGE DE ROME
Moulins de Versailles sur 4185 avis Yvelines Farine De Sarrasin blé Noir - 1kg 4,14 € / kg 4,14€ Check Livraison le jour de votre choix disponible Poser vos questions sur ce produit Description Composition Livraison à domicileIdée recette DescriptionFlèche droite Cette farine de Sarrasin aussi appelée farine de Blé Noir sera excellente pour faire vos galettes ou pain de sarrasin. Pour faire un pain de sarrasin, il faut la diluer avec notre farine de Blé Super Froment. La date limite de consommation est sur le dessus de l'emballage et sera au moins supérieure à 5 mois après réception. Marque Moulins de Carmenais Allergènes traces de gluten Jours de livraison de Moulins de Versailles Mardi , Mercredi , Jeudi , Vendredi , Samedi Premier jour de livraison possible mercredi 24 août CompositionFlèche droite Ingrédients Farine de blé noir Désignation légale Préparation Livraison à domicileFlèche droite Frais de livraison 6,90 €Dès que vous aurez dans votre panier 35 € de produits de Moulins de Versailles, la participation aux frais de livraison ne sera plus que de 2,90 €. La livraison sera GRATUITE à partir de 50 € chez ce producteur ! entre 20 € et 35 € entre 35 € et 50 € > 50 € Achat des produits épicerie, boisson, traiteur, viande, poisson... 6,90 € 2,90 € Offert Quand serez-vous livré ?Vous pourrez choisir votre jour de livraison du mardi au samedi. Nous pourrons même vous proposer des tranches horaires de livraison de 2h, si vous habitez Paris et sa proche banlieue, Lyon, Nice, Marseille, Toulon, Montpellier, Bordeaux, Rennes, Grenoble, Nantes, Reims, Lille, Strasbourg, plus tôt, vous pourrez être livré dans 3 jours ouvrés car Moulins de Versailles va préparer et expédier soigneusement votre commande spécialement pour vous achetez des produits de plusieurs producteurs nous organiserons les collectes de vos produits de sorte à ce qu'ils vous soient tous livrés le même jour à la même heureIdée recetteFlèche droite Galettes de sarrasin Portions 4 personnes Temps de Préparation 20 minutes Temps de Cuisson 5 minutes Ingrédients 330 gr farine de sarrasin du Moulin de Mirebeau 2 pincées sel 75 cl eau froide 1 oeufs Instructions Mélangez la farine et le sel dans un saladier. A l'aide d'un fouet, versez l'eau en deux ou trois fois, tout en mélangeant la préparation. Vous devez obtenir une pâte lisse et assez épaisse. Ajoutez un oeuf c'est ce qui va aussi donner sa belle couleur à la galette lors de la cuisson. Mélangez puis laissez reposer 1h au réfrigérateur. Imbibez de l'essuie tout d'huile, et graissez la crêpière. Versez une louche de pâte, attendre que la galette colore pour la décoller puis la retourner. Laissez cuire encore 1 mn environ. Ajoutez ensuite les garnitures qui vous conviennent. La vitrine de Moulins de Versailles Bio BioSans Gluten Bio BioSans Gluten Les autres produits de Moulins de Versailles Voir les 104 produits de Moulins de Versailles

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A Troisvilles , le 27 Aout 1914, les Allemands ont repoussé les troupes anglaises lors de la bataille du Cateau et la nuit dune occupation de 50 mois allait tomber sur une grande partie du Nord de la France» . Sur cette période, nous disposons de quelques rares témoignages familiaux mais il reste peu de témoignages écrits car les Allemands interdisaient les échanges même entre villages voisins et se sont efforcés de détruire toutes les traces de cette période avant leur départ en novembre 1918. La carte ci-dessus montre la zone géographique du Nord de la France qui resta occupée pendant plus de 4 ans, et l’ampleur des destructions subies. Nous avons ajouté l’emplacement des sources d’information que nous avons exploitées. Après la déclaration de guerre, mes arrières grands- pères Édouard Toussaint et Eugène Oblin sont restés à Troisvilles . Patrons l’un d’un atelier de tulle et l’autre d’un atelier de dentelle, ils espèrent par leur présence sauvegarder leur outil de travail. Quand à ma grand-mère Marie Toussaint, elle doit maintenant faire tourner la boulangerie, son mari étant parti se battre pour la France dans l’est il y a à peine trois semaines. Les Troisvillois vont très vite comprendre que désormais les nouveaux occupants sont les maîtres. Ils pillent les maisons abandonnées. Les caves sont vidées, les armoires bouleversées, le linge sali, piétiné, les literies enlevées, les chaussures, les chemises d’homme, les mouchoirs. Ils réquisitionnent tout ce dont ils ont besoin tabac, cigares, cigarettes et bougies, cartes à jouer, cuillères, fourchettes, couteaux et canifs, brosses en tout genre, savons, suifs, cuirs et peaux. Tout leur convient. Ils font le tour du village en jouant et en dansant. Ils font bombance tous les jours. Tous les jours il faut les loger, les nourrir et subir toutes leurs exigences. La Kommandantur gère militairement la vie quotidienne. 1915 Caudry Hôtel de Ville transformé en Kommandantur L’autorité revient maintenant à l’armée allemande, la gestion du territoire occupé est confiée à une Kommandantur placée sous les ordres d’un officier Kommandant. Celui-ci est assisté de plusieurs personnes dont un chef de culture Landwache, chargé du contrôle des exploitations agricoles et d’un sergent d’inspection, chargé des réquisitions et des fouilles. Au niveau inférieur, l’Orstkommandantur contrôle une ou plusieurs communes. Dès les premiers jours d’occupation, le maire et ses adjoints sont soumis à la seule autorité allemande. Les Ordres, Avis, Annonces »imposent une vie sous la contrainte, la peur, les humiliations. La population civile est informée soit en se rendant aux convocations du commandant, soit, le plus souvent, par des annonces affichées aux portes des établissements publics. La simple lecture de ces annonces nous donne une image de la vie sous la contrainte des habitants absence de liberté, d’information ainsi que la peur, l’humiliation, sans oublier le manque de pain et de nourriture et les réquisitions. Début octobre 1914, le Commandant convoque la population et débite son discours » Pour éviter le pillage de vos maisons, vous êtes invités à apporter à la mairie des pardessus, des chemises, gilets, pantalons,…, couvertures de laine surtout qui seront … payés par des bons après la guerre.. Puisque vos hommes sont à la guerre, ils n’ont pas besoin de leurs vêtements. C’est donc juste que vous donniez à nos soldats ce qui leur manque. Il nous faut voir si le pays a suffisamment de ressources pour vivre, le civil comme le soldat, aussi direz-vous ce que vous possédez. Ce sera inscrit. De même pour les bestiaux, ce sera noté et on ne vous les achètera que si l’on en a besoin. Les gouvernements s’arrangeront entre eux après la paix, ce que je souhaite au plus tôt, pour vous comme pour moi 2. Le financement Bons communaux Les régions envahies, manquent d’argent frais. Les fonctionnaires ne sont plus payés, les allocations aux familles des soldats, ainsi que les secours ne sont plus versés. Dès leur arrivée, les Allemands raflent tout l’argent disponible. Rapidement la monnaie, ainsi que les billets viennent a manquer et les communes ont recours à un système de bons » pour favoriser les échanges. A la fin de la guerre, les bons communaux seront repris et échangés contre de la monnaie officielle. Les réquisitions Comme nous venons de le voir, l’occupant se donne non seulement le droit de se servir selon ses besoins dans chaque maison ou chaque entreprise en équipement, matière et même en animaux. Il exige également de chaque habitant qu’il remette en Mairie la liste de ses biens et de ses vivres ainsi que la liste des occupants de chaque maison. Pour vérifier les listes fournies par les mairies, les Allemands effectuent des perquisitions directement chez l’habitant. En cas d’oubli ou de vivres cachés, les habitants sont punis et la commune frappée d’une contribution de guerre. Outre l’humiliation imposée à tous de vivre à l’heure allemande, de remplacer sur tous les bâtiments publics le drapeau français par le drapeau allemand, l’occupant va vouloir tout contrôler comme la date d’ouverture des écoles et priver les français de circuler librement et même de téléphoner. Les Obligations, Ordres… » seront affichées pratiquement chaque jour. Les Allemands ne vont cesser de réquisitionner les métaux et plus particulièrement le cuivre indispensables pour renforcer leur armement et leurs munitions, ceci de façon de plus en plus violente au fur et à mesure des combats. Mais les affiches ne mentionnent pas ce qui va pourtant toucher violemment notre famille la destruction presque totale des équipements de l’industrie textile. A la veille de la Guerre, Caudry et sa région produisent le tulle et la dentelle pour le monde entier, 80 % de la production est exportée, la ville compte 600 métiers à dentelle leavers , 550 métiers pour le tulle uni et 630 métiers pour la broderie. C’est dans cette dynamique que s’étaient installés mes arrières grand parents en montant à la fin du XIXème siècle leurs ateliers de tulle et dentelle. Ils vivent alors dans une certaine prospérité. Caudry Destruction d’un atelier de textile Le 26 Aout 1914, tout s’arrête, les Allemands vont piller et détruire systématiquement les métiers, les dessins, les papiers. Il ne restera bientôt plus un boulon dans les fabriques, ou presque. Les Allemands prennent d’abord les matières premières puis démontent les meilleures machines pour les envoyer et les remonter Outre-Rhin. Enfin, vers la fin de la guerre, comprenant qu’ils vont perdre, les Allemands cassent tout dans les fabriques pour supprimer un concurrent. Voila des familles entières plongées dans l’inactivité et la misère. A Troisvilles, heureusement, pour le moment, la basse cour et le grand jardin du 8 rue du Villers assurent la survie de la famille Toussaint. Une région coupée du monde Laisser passer Carte postale zone occupée Durant toute l’occupation, chaque village est totalement coupé du reste du monde. Chaque déplacement est soumis à la délivrance d’un laissez-passer difficile à obtenir et le courrier n’est plus distribué, ce qui constitue encore une source d’angoisse et d’isolement supplémentaires notamment pour les familles déjà séparées par les événements du début du conflit la mobilisation des soldats français, l’exode déclenché par les premières avancées de l’armée allemande. Seuls les hommes emprisonnés en Allemagne parviennent à correspondre sous contrôle avec la zone occupée comme ce cousin d’Avesnes Jules Lemaire dont nous avons conservé une correspondance et son portrait. L’occupant exige que l’enveloppe du courrier reste ouverte et toute information liée à la guerre est censurée. Jules Lemaire cousin prisonnier en Allemagne Même le fait de posséder des pigeons voyageurs est interdit, ainsi au Cateau, 10 personnes seront fusillées en décembre 1914 pour avoir conservé des pigeons. La Gazette des Ardennes », journal de propagande allemande est la seule source d’information autorisée. Toutefois ses informations sont tellement mensongères que même les soldats allemands n’y croient pas. Comme indication, il restera les différents mouvements des troupes et le bruit du canon qui chaque jour apportera la peur ou l’espoir car la ligne de front ne sera jamais bien éloignée . Quand à ma grand-mère Marie Toussaint et sa fille Gisèle, elles resteront sans nouvelles de Paul Toussaint parti se battre pour la France pendant des années. L’exode Dès la fin de 1914, la farine va devenir rare, les Allemands se réservent tout le blé des moulins qui approvisionnent le pays. Menaçants, ils affirment » Nous vaincus, mais vous mourir de faim » et vont donc essayer de se débarrasser des bouches inutiles. En route vers la France non envahie dans un wagon à bestiaux En route vers la France dans un wagon à bestiaux Début mars 1915 un nouvel ordre est affiché en mairie. Edouard Toussaint sénior est âgé de 62 ans et vient de perdre son outil de travail les métiers à tulle ont été démontés par l’occupant. Deux de ses enfants Édouard junior et Elvina résident avec lui au 8 rue du Villers et sont désormais sans activité. Ils vont saisir cette obligation comme une opportunité pour rejoindre la France libre et, si possible, retrouver du travail. Pour qu’Édouard junior alors âgé de 33 ans puisse partir, il suffira, malgré l’interdit , de glisser quelques pièces en or dans les poches des Allemands. Les voici partis pour l’exode et surtout pour le voyage le plus angoissant, le plus long et humiliant de leur vie. Ils font probablement partie du convoi parti de Caudry le 11 Mars 1915 . Ils laissent Marie Victoire et sa fille Gisèle ma mère alors âgée de 3 ans à Troisvilles car contraintes de rester pour faire tourner la boulangerie et nourrir le village affamé. La route de l’exode de Troisvilles à Bâle Une première humiliation les attend dans la gare de départ vide on les oblige à se déshabiller complètement, on leur enlève papiers et bijoux. Les Allemands promettent On vous les rendra à la fin de la guerre…!!! » mais en fait ils cherchent surtout à éviter le transfert aux autorités françaises de tout renseignement provenant de la France occupée vers la zone libre. Les conditions de transport sont pour le moins précaires, les Allemands n’hésitant pas à entasser les migrants dans des wagons à bestiaux et se contentant de donner au départ un gros pain à chaque passager pour le voyage. Comme il n’est pas question de traverser la ligne de front qui court du nord de Dunkerque à la frontière suisse, commence alors un long périple vers la Suisse restée neutre. Le train surveillé par un groupe de soldats allemands reste en zone occupée et se dirige vers les Ardennes. Quand il s’approche de la zone de front, il s’arrête et attend la nuit pour traverser lentement le secteur dangereux tous feux éteints. Ultime précaution, les passagers sont débarqués dans un village des Ardennes pendant quelques temps pour officiellement aider les populations locales mais surtout pour qu’ils ne soient plus en mesure de transmettre à leur arrivée des nouvelles récentes de la zone du front aux autorités françaises. En reprenant la route, nos réfugiés vont traverser le Luxembourg, vont apercevoir la haute et sévère cathédrale de Strasbourg puis traverser le Rhin, ce fleuve immense, comme ils n’en ont jamais vu. Arrivés en Allemagne, le voyage va s’éterniser car le train reste à l’arrêt dans la journée et ne circule que la nuit. Ils découvriront néanmoins pour la première fois les sommets enneigés des montagnes de la Forêt Noire et les larges vallées couvertes de sapins. Annemasse en direction de la France libre Puis, après une dernière fouille, c’est l’arrivée à la frontière suisse, l’accueil chaleureux en pays neutre en gare de Bâle décorée avec des drapeaux français. C’est au tour des soldats allemands d’être confinés dans leur wagon et de faire demi tour. Un nouveau train bien confortable va les conduire en France vers Genève et enfin Annemasse après trois semaines de voyage. En annexe 1, un article de journal décrit ce parcours et l’arrivée en gare de Perpignan d’une partie de ce convoi. Il décrit un accueil très chaleureux qui ne correspond pas tout à fait à ce que les réfugiés ont réellement vécu durant la guerre ils auront des difficultés à retrouver un travail à l’image d’Édouard Toussaint qui bien qu’ancien patron d’un atelier de tulle devra se contenter d’un poste d’ouvrier agricole … à 65 ans, ils seront critiqués pour leur accent et leur patois du Nord, les plus récalcitrants iront même jusqu’à l’injure suprême en les désignant comme Les boches du Nord » Les réfugiés en France libre. Une fois en France libre, la famille Toussaint doit d’abord se faire enregistrer et décliner son identité auprès des représentants de la préfecture. Puis elle doit au plus vite lever deux inquiétudes qui tenaillent la famille depuis le début de la guerre. Il faut d’abord retrouver Paul Toussaint dont ils sont sans nouvelles depuis le jour de sa mobilisation, le 2 aout 1914 et, ensuite, retrouver une activité si possible dans leur spécialité le textile. Ils vont être surpris par un comité d’accueil plutôt chaleureux et surtout bien organisé en effet, depuis novembre 1914, un Comité des Réfugiés du Nord s’est créé à Paris et diffuse un BULLETIN des RÉFUGIÉS DU NORD ». Ce bulletin est distribué auprès des réfugiés dans toute la France libre mais aussi auprès des soldats français au cœur des tranchées comme l’indique non sans humour l’extrait ci-joint…car dans les tranchées … on y trouve sans doute eau et gaz…asphyxiants à tous les étages. Son objectif est d’une part d’aider à rétablir un lien entre réfugiés et leur famille qu’elle soit sur le front ou expulsée en France libre et d’autre part de permettre à chaque réfugié de retrouver un emploi en diffusant les demandes d’emploi des usines comme des particuliers. Une des premières surprises d’Édouard Toussaint et ses enfants est la découverte du terme poilu » nom familier donné aux soldats français partis au combat, ce nom n’a pas encore traversé la ligne de front et reste ignoré de la France occupée . Paul Toussaint en 1915 Grace au bulletin et au bouche à oreille ils vont retrouver rapidement et, non sans fierté, Paul Toussaint qui se bat courageusement au sein du 94ème régiment d’infanterie dans les tranchées de Bagatelle autour de Verdun. Il obtiendra la Croix de Guerre, le grade de caporal en Mai 1915 puis celui de sergent en Juin 1915. Reste maintenant à communiquer ces bonnes nouvelles à son épouse Marie Victoire restée à Troisvilles en zone occupée. Comme l’explique le Bulletin des Réfugiés du Nord, c’est loin d’être simple il faut impérativement connaître un soldat français prisonnier des Allemands, c’est ainsi qu’ils retrouveront un cousin éloigné Jules Lemaire prisonnier à Friedrischfeld bei Viesel voir ci dessus. Ce dernier relaiera l’information grâce à sa carte postale mensuelle autorisée mais censurée par l’occupant. Il faut maintenant retrouver une ville de refuge et un emploi. A l’arrivée à Annemasse, les réfugiés n’ayant pas de parent ou de relation dans la France libre sont envoyés dans le midi.voir annexe 2 La famille Édouard Toussaint réfugiée à St Pierre les Elbeuf Édouard Toussaint, chef de ménage, reçoit du sucre La famille Toussaint de son coté n’a certes pas de relation spécifique mais manifeste son souhait de rejoindre la région d’Elbeuf pour retrouver une usine textile. Elle n’ignore pas que certaines entreprises textile venues du Nord comme François Masurel ou Pruvost ont, dès le début du conflit, ouvert des ateliers au sud de Rouen pour continuer, malgré le conflit, à servir leur clientèle. C’est ainsi qu’elle s’installe à Saint Pierre les Elbeuf. On la retrouve dans un Recensement de la population réfugiée » effectué début 1916. Elle est logée dans un modeste 2 pièces rue de la Bretègue. Édouard Toussaint père sera contraint d’accepter un poste d’ouvrier agricole malgré ses 65 ans, Édouard junior est ouvrier d’usine et Elvina étant handicapée reste ménagère. Ils vont rester dans cette ville des bords de Seine jusqu’à la fin de la guerre en 1918. La vie ne semble pas facile en zone libre et les restrictions alimentaires sont fréquentes comme le prouve cette liste des chefs de ménage » de juillet 1918 qui essaie de répartir équitablement le sucre disponible entre les différentes familles. La vie en zone occupée. Pendant ce temps, Marie Victoire Toussaint et sa fille Gisèle sont restées à Troisvilles en zone occupée. Tu mangeras du rutabaga pourri et du pain !» voilà ce que me disait ma mère Gisèle Toussaint lorsque tout gamin en 1950, je faisais de longues dents » devant un plat sans saveur qu’elle venait de préparer. Ces quelques mots résument ce qu’elle-même a vécu pendant sa propre enfance dans Troisvilles occupé. Chanson sur le pain KK » La pénurie débute peu après l’arrivée de l’armée d’occupation. L’Allemagne soumise au blocus anglais souffre elle-même du manque de vivres et se refuse à entretenir les populations des territoires occupés L’occupant saisit les stocks alimentaires dès son arrivée, il s’empare de 80 % de la récolte de blé de 1915, 75 % de celle de pommes de terre. Il saisit la majorité des œufs et du bétail. Ainsi, fin 1918, le cheptel des territoires aura été réduit au quart de celui de l’avant-guerre. pain K K Heureusement des organismes d’assistance vont se créer comme le C R B Comity for Relief in Belgium Commission pour le secours en Belgique qui se dotera d’une annexe dans le Nord au printemps 1915. Mais tout le long de la guerre, les rations quotidiennes par habitant resteront fluctuantes et insuffisantes et de plus déséquilibrées avec de fortes carences, notamment en vitamines. Néanmoins Troisvilles souffrira moins de la famine que les grandes villes car les agriculteurs parviendront, non sans mal, à dissimuler une partie de leur production. On imagine ma grand mère Marie Victoire essayant de faire tourner sa boulangerie malgré les restrictions imposées par l’occupant et obligée d’affronter les rancœurs de la population du village comme le montre le témoignage de Lucienne Courouble voir Annexe 2. Aux difficultés d’approvisionnement des céréales, s’ajouteront celles du charbon devenu rare pour faire fonctionner le four à pain. Face à la pénurie de farine, les Allemands imposent la composition du pain dans un premier temps en réduisant le tamisage des impuretés le blutage puis, ils inventent le pain Kriegsbrot pain de guerre, composé de 70 % de farine de froment et de 30 % de seigle , bientôt mêlé de farine de pommes de terre. Ensuite ce fut le tour du pain KK KartoffelKriesggbrot pain de guerre aux pommes de terre dans lequel se trouvent 35 % de pommes de terre. Ces pains sont lourds, indigestes et l’estomac a du mal à le supporter. Et pourtant, les hygiénistes allemands auront le culot d’y rajouter de la paille hachée en affirmant Indépendamment de la fibre végétale, elles les pailles contiennent de l’albumine, du sucre, du mucilage, des substances minérales, surtout de la silice » … Une chanson Le pain KK, c’est magnifique ! », écrite par un inconnu sur l’air de la petite Tonkinoise », popularisé par Joséphine Baker, complétera sa réputation. Les prix, la réglementation des déplacements et du transport des aliments paralysent le commerce en particulier pendant l’hiver glacial de 1916-1917. Un seul sujet hante les conversations le ravitaillement ! Les enfants dépérissent par manque de nourriture, certaines personnes âgées devenues trop faibles succombent. Rutabaga De nouvelles habitudes alimentaires sont imposées par l’occupant. Le maïs et le rutabaga sont désormais utilisés dans l’alimentation rutabaga est une sorte de choux-raves dont naguère les bestiaux se contentaient à peine et qui n’avaient aucune valeur nutritive. Néanmoins, on les vit apparaître sur bien des tables, il avait la réputation de bien se conserver à la cave à l’abri de la lumière . Des livres de cuisine lui sont même consacrés. Livre Recettes Rutabaga La débrouillardise est également de mise. Des succédanés ou Ersatz en allemand font leur apparition pour remplacer le café, on torréfie des céréales graines de seigle ou de froment, avec de la chicorée, créant un mélange appelé torréaline », mais aussi du riz ou des betteraves. Le miel artificiel et la saccharine, se substituent progressivement au sucre. Le beurre est parfois remplacé par de la margarine. Devant le manque de ravitaillement, les Allemands iront jusqu’à faire cultiver des orties. Une économie parallèle se développe celle du marché noir, où les produits sont vendus à des prix exorbitants. Les personnes qui profitent des malheurs de la guerre, les accapareurs », sont surnommées les Rutabagas » ou encore les Graindor » ou Grains d’or » en raison du prix auxquels ils vendent le froment en fraude. Juillet 1916_Septembre 1916 de l’espoir au désespoir Depuis que son père est installé à Saint Pierre les Elbeuf, Paul Toussaint a retrouvé le contact avec sa famille. Affecté au 8ème Bataillon de Chasseurs à pied depuis avril 1916, il s’est distingué courageusement à Verdun dans les tranchées du Mort Homme. Il est début juillet en train de reprendre des forces dans un secteur calme en Lorraine à Reillon. Début juillet 1916 la presse française, le journal La Patrie, annonce l’offensive française et anglaise sur la Somme a éclaté hier comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Bataille de la Somme07/1916_11/1916 Cette nouvelle, donne plein d’espoir à la famille Toussaint car elle montre un fort engagement des Anglais auprès des forces françaises et surtout, elle laisse penser que Troisvilles situé à 40 km de Bapaume sera bientôt libéré. Mais faut-il faire confiance aux communiqués de presse ? Si le journal annonce que pour le seul premier juillet, les forces alliées anglaises et françaises ont fait 5500 prisonniers, il ne mentionne pas la véritable catastrophe que vient de subir l’armée britannique avec 58 000 soldats mis hors de combat dont 19 240 morts en une seule journée. En aout 1916, l’enthousiasme initial s’est déjà bien estompé. La presse française reconnaît que les Allemands sont repassés à l’offensive et qu’ils n’hésitent pas à recourir aux terribles lance flammes. Certes, les armées alliés continent à progresser mais les avancées se limitent à quelques centaines de mètres par jour. Autre point d’inquiétude Paul Toussaint et le 8éme BCP viennent de quitter la Lorraine pour la Somme, ils sont envoyés en première ligne dès le 19 septembre avec pour mission d’attaquer Rancourt le 25 septembre. L’annexe 3 reprend les principaux communiqués de presse diffusés du 18 au 21 septembre . On voit combien ces communiqués sont devenus de véritables outils de propagande et destinés à tromper l’adversaire à l’exemple du Bulletin Allemand qui pour le 20 septembre annonce Sur le champ de bataille de la Somme, aucun évènement d’importance particulière » alors qu’ils ont mené de furieux assauts de 9h du matin à la tombée de la nuit . Hélas, ce 20 septembre, Paul Toussaint sera tué au combat au Sud de Rancourt. La bataille prit fin le 18 Novembre 1916. Le bilan fut, sur le plan militaire, peu convaincant. Si elle a permis de faire baisser la pression sur Verdun, les gains de territoires pour les Alliés furent très modestes, et surtout, le front allemand ne fut pas percé ce qui était l’objectif initial. Les combats usèrent les adversaires, sans vainqueurs ni vaincus. Au cours de cette bataille de la Somme, les assauts des alliés franco-britanniques se briseront sur les murailles adverses. Les Allemands pourront résister car ils se réfugieront dans des tranchées profondes pendant les violents tirs d’artillerie. La bataille aura permis sur une ligne de front de 50 km une avancée de 12 kilomètres tout au plus mais les pertes humaines seront sans précédent. Tous belligérants confondus, on comptera 1 200 000 morts, blessés et disparus dont 500 000 Britanniques, 200 000 Français et 500 000 Allemands. Ce 20 septembre 1916, le malheur et le désespoir est tombé sur la famille et la suite de la guerre ne sera qu’une série de questions qui resteront sans réponse. Caudry Destructions La région est couverte de nombreuses ruines. Qui et comment va-t-on reconstruire? Marie Victoire Toussaint apprendra la disparition de son mari tué au combat par un message de son corps d’armée. Mais son corps a-t-il été identifié? Où est-t-il enterré? Ce n’est qu’après la guerre, qu’elle aura la confirmation qu’il est bien mort à Rancourt, lors de la visite d’un poilu qui était à ses cotés ce 20 Septembre 1916 mais son corps ne sera jamais retrouvé. Comment fera-t-elle tourner la boulangerie qu’ils avaient lancée ensemble ? Comment assurer l’éducation de sa petite Gisèle? Édouard Toussaint le tulliste a vu son outil de travail détruit par l’ennemi dès les premiers jours de la guerre. Que fera-t-il de retour à Troisvilles après la guerre? Le tulle restera-t-il à la mode et aussi prisé qu’avant guerre? Quel avenir pour ses deux enfants Édouard et Elvina partis avec lui en France libre ? François Marie Lenglet Mars 2019 Annexe 1 La poignée de main du Midi au Nord Perpignan Fait Un Inoubliable Accueil Aux Évacues Du Nord Cinq cents Caudrésiens, évacués par l’Allemagne et la Suisse par l’autorité allemande viennent d’arriver à Perpignan. Partis de Caudry le jeudi 11 mars à 5 heures du soir, au nombre de mille, ils furent d’abord envoyés en Allemagne où ils logèrent dans des prisons et dans des forts, puis ils traversèrent la Suisse où on les acclama, notamment à Genève puis Annemasse, et enfin arrivèrent à Perpignan début Avril. Notre confrère L’Indépendant des Pyrénées Orientales décrit ainsi cette arrivée Quand le train entre en gare, la foule, massée aux barrières, acclame les réfugiés. A leur descente du train, nos chers malheureux défilaient, sous le hangar de la grande vitesse, devant des tables où leur identité était contrôlée et leur fiche était dressée. Ils passaient de là dans la partie transformée adroitement en un vaste réfectoire où un diner chaud les attendait. Larrivée, les formalités, le repas et la répartition se sont effectués assez bien. Les employés de la Compagnie du Midi, en particulier, méritent de vifs éloges. Que le dévouement féminin était présent, nous navons pas besoin de le dire ; il y avait des mères à consoler, des épouses à encourager, il y avait à se dépenser, à se prodiguer charitablement, les Perpignanaises étaient là les bras ouverts pour accueillir leurs sœurs déshéritées. Remarquées, notamment, les délégations de l’Union des Femmes de France et des Dames de la Croix-Rouge. Et le dévouement s’est dépensé sans compter ici Mlle S. demande deux orphelins; là, Mme J. recueille une jeune veuve et son enfant, dans la foule un de nos députés porte dans ses bras un petit qui pleure à chaudes larmes; un ouvrier embrasse une petite orpheline et va l’ajouter à sa famille déjà nombreuse. C’est l’altruisme dans toute sa beauté. Le Midi veut sa part des maux de la guerre; il pansera les souffrances du Nord. Et quand nos chers réfugiés se sont restaurés, un train spécial de 5 wagons est formé et en emporte 250 environ vers Saint-Paul et Maury. Il est 10 h. 22. Aux 250 autres qui resteront à Perpignan, il est distribué des bons pour les deux repas de demain. Puis ils sont répartis dans divers immeubles aménagés pour les recevoir et partent par groupes avec leurs bagages. Ce départ est assez laborieux et il est près de minuit quand les derniers de nos chers malheureux quittent la gare. Hélas! Par suite d’un malentendu, sept d’entre eux se trouvent désemparés. — Eh bien! Je les prends tous chez moi. dit aussitôt Mme Grau. Et sous l’escorte d’un agent, elle emmène tout le groupe chez elle, aux Quatre-Cazals. Le dernier mot devait rester à la bonté. » Le surlendemain, MM. Seydoux, député de la deuxième circonscription de Cambrai et Metayers, conseiller d’arrondissement du canton de Le Cateau venaient à Perpignan visiter leurs compatriotes. Ici, laissons encore la parole à notre confrère de Perpignan Tout à coup ces braves gens, hommes et femmes, la voix coupée par les sanglots ont entonné la Marseillaise avec une ferveur et une sincérité qui ont fait couler bien des larmes. On s’est séparé profondément émus, aux cris de Vive la France ! ». A Saint-Paul, les 150 réfugiés ont été logés chez les habitants qui leur ont fait un accueil inoubliable. A Maury, les 100 réfugiés ont chacun leur logement propre et bien installé. Hommes, femmes et enfants de Caudry, à Maury et à Saint-Paul comme à Perpignan, étaient enchantés de voir leur dévoué député et leur actif conseiller d’arrondissement M. Métayers. Ils se rendaient compte qu’ils n’étaient pas oubliés et que s’ils étaient loin des yeux à l’extrémité de la France, ils étaient toujours près du cœur. Leurs visiteurs leur ont donné des renseignements précis sur ceux de leurs parents qui sont aux armées, tandis que les réfugiés donnaient des détails complets sur l’occupation allemande à Caudry. Nos hôtes rendent hommage à l’accueil cordial qui leur a été fait dans les Pyrénées-Orientales et qui a été une consolation pour eux Des Évacués De Roubaix et Douai En dernière heure, nous apprenons que 500 personnes évacuées de Roubaix et 400 familles de Douai viennent d’arriver à Annemasse pour être dirigées sur différentes villes du Midi où le soleil et la générosité des habitants les réconforteront. Extraits du Bulletin des Réfugiés du Nord » du 3/04/1915 Annexe 2 Témoignage sur la vie et le ravitaillement en zone occupée le pain Lucienne Courouble Lucienne Courouble résidant à Etrœungt en zone occupée 40 km de Troisvilles a écrit, au jour le jour, les événements petits ou grands de sa vie sous l’occupation allemande. Les Allemands n’ont pas trouvé ses écrits qu’elle avait cachés bien à plat derrière la tapisserie de sa salle de séjour. Nous avons repris uniquement les phrases de son compte rendu journalier consacrées au pain. On comprend qu’elle a souffert de la faim tout au long de la guerre elle revient 27 fois sur les problèmes d’approvisionnement en pain et sur sa qualité. Extraits 18/10/14 La farine va devenir rare, les allemands se réservent tout le blé des moulins qui approvisionnaient le pays. Ils l’ont bien dit Nous vaincus, mais vous mourir de faim. 05/01/15 Annonces “La culture de la betterave est interdite pour 1915. » L’ensemencement des terres est-il fait dans la commune ? » On doit ensemencer blé, orge, avoine et pomme de terre. » Les maires doivent dire si les graines d’ensemencement sont en quantité suffisante dans la commune. » 14/01/15 Par ordre de Monsieur le Gouverneur, les boulangers ne doivent plus vendre de pain aux personnes étrangères à la commune. De plus, chaque personne n’aura plus droit qu’à 250 grammes de pain par jour ! Assez pour ne pas mourir de faim. À Avesnes, ils ont enlevé toute la farine de blé se trouvant chez les boulangers et vendent de la farine de seigle à 120 Francs les 100 kilos. Ils commencent à réaliser leur parole Nous vaincus, mais vous crever de faim. 15/01/15 Un sursis d’un jour est encore accordé pour le pain mais quelle cohue aux boulangeries ! Certains y ont passé la journée pour n’en pas avoir. Le soir, on apprend que demain la farine en dépôt chez les boulangers sera remplacée par de la farine de seigle. Pourvu qu’on ne diminue pas les rations ! Dans certains pays, on n’a, dit-on, que 115 grammes par jour. Trop pour ne pas mourir ; pas assez pour vivre ! 18/01/15 À Fourmies, plus de pain jusque vendredi. Cela ne nous arrivera-t-il pas aussi ? Chaque famille a encore un pain à chaque boulangerie. 19/01/15 Pour le pain, encore rien de nouveau ; à Avesnes le pain de seigle, qui a été fait hier, a été déclaré immangeable par le Gouverneur lui-même qui permet d’y remettre de la farine de blé 22/01/15 Belle journée. Aujourd’hui le pain contient 1/10 de farine de seigle 12/02/15 On annonce que les émigrés n’auront plus droit qu’à 250 grammes de pain par jour 19/02/15 À La Rouillies, ils n’ont eu qu’une fois du pain cette semaine et quel pain ! Son, paille, eau, nulle trace de farine. 21/03/15 Le pain devient extra’ son, paille, rebulet déchets de mouture, sené, tout y est sauf la farine et encore, combien de fois on est sans levure ! 27/03/15 Régime de fer pour tous. Le pain est de plus en plus noir et détestable 31/03/15 Plus de pain depuis ces deux jours. 08/05/16 Le pain est atroce. Les œufs sont encore payés 20 centimes pièce par les Allemands qui les revendent à St-Quentin 70 centimes. 24/02/17 Continuation du froid et du mauvais pain. Quelles calamités ! 20/06/17 La farine arrive enfin. Nous aurons du pain demain. Pas trop tôt ! 15/06/18 Le ravitaillement diminue de plus en plus… Le pain noir à partir de mercredi et 25 gr de moins !! 07/11/18 Serons-nous débochés » ce soir ? 08/11/18 Enfin nous sommes Français ! Cela continue à canarder ….La nuit est encore mouvementée. Enfin le matin tout Etrœungt est libéré par le 23e chasseur Alpin Annexe 3 Bataille de la Somme 09/ 1916 Extraits des BULLETINS OFFICIELS 1 Journal de la zone occupée; contrôlé par les Allemands Gazette des Ardennes BULLETINS OFFICIELS ALLEMANDS Rancourt 20/09/1916 Paul Toussaint tué à l’ennemi 17 septembre I916 Groupe darmée du Kronprinz Rupprecht de Baviére ». A la Somme la bataille de durée continue. Au Nord du fleuve toutes les attaques ont été repoussées sanglantes, en partie déjà sous notre feu de barrage….A Combles, nous abandonnâmes quelques tranchées complètement bouleversées….. 20 septembre I916. Sur le champ de bataille de la Somme aucun événement d’importance particulière. Quelques poussées ennemies ont été rejetées…. 21 septembre I916. … Au Sud-ouest de Rancourt et à Bouchavennes, nous avons reperdu, après des combats acharnés, du terrain que nos troupes avaient conquis en attaquant. Au Sud de Rancourt nous avons maintenu des tranchées prises par nous. BULLETINS OFFICIELS FRANCAIS 18 septembre 1916. Au Nord de la Somme, une attaque vivement menée nous a rendu maîtres d’un nœud de tranchées ennemies à deux cents mètres environ au Sud de Combles. Cette opération nous a valu une cinquantaine de prisonniers, dont deux officiers….. 19 septembre 1916, 3 heures. Sur le front de la Somme, le mauvais temps a gêné les opérations… 20 septembre 1916 soir. Au Nord de la Somme, les Allemands ont tenté aujourd’hui un puissant effort pour nous déloger des positions que nous avons récemment conquises. La bataille a duré de 9 heures du matin à la tombée de la nuit. Sur un front de cinq kilomètres environ, depuis la ferme le Priez jusqu’au Sud de la ferme du bois Labé, les masses assaillantes se sont lancées à l’attaque à plusieurs reprises , précédées chaque fois de violentes préparations d’artillerie. Nos troupes ont résisté magnifiquement à tous les assauts et ont repoussé l’adversaire par des feux croisés de mitrailleuses et d’artillerie. Partout, nous avons maintenu nos positions et conservé intégralement le terrain conquis. La lutte a été particulièrement acharnée aux abords de la ferme le Priez et dans la région de Bouchavennes. Devant la ferme de Priez, quatre vagues d’assaut ont été successivement hachées par nos feux. On a vu l’attaque ennemie se disloquer et refluer en désordre derrière la crête, laissant le terrain couvert de cadavres. Dans le secteur de Bouchavennes, les Allemands qui, après plusieurs échecs sanglants étaient parvenus vers treize heures à prendre pied dans la partie Nord-est du village, en ont été rejetés à la baïonnette par une contre attaque irrésistible de nos troupes. Cinquante prisonniers dont plusieurs officiers sont restés entre nos mains. D’après les constatations faîtes sur tout le front d’attaque et les dires des prisonniers, l’ennemi a subi des pertes considérables. Canonnade habituelle sur le reste du front. 2 Journal de la zone libre; contrôlé par les Français La Patrie 20 septembre 1916 Quelle journée au nord de la Somme ! Pluie torrentielle, qui, cette fois, na pas arrêté les opérations. Les Allemands ayant lu dans nos récents communiqués que le mauvais temps gênait nos attaques, ont-ils cru qu’ils pourraient profiter de la bourrasque pour nous chasser de nos nouvelles positions? On serait tenté de l’admettre, à en juger par la violence et l’étendue des assauts qu’ils ont hier, sous la pluie, dirigés depuis la ferme Le Priez jusqu’à la ferme du bois Labé. Cinq kilomètres de front pour le moins, avec de nombreuses reprises d’actions chaque fois précédées de violentes préparations d’artillerie. Hâtons nous de dire l’insuccès complet de l’effort allemand. Sources principales JMO Historiques des régiments Synthèse Régiments , Témoignages livre Invasion 14 de Maxence Van der Meersch .

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Afin d’honorer la mémoire d’un meunier Mort pour la France », allons en Champagne, dans la très pittoresque bourgade viticole des Riceys1. Ce village, qui partageait ses activités entre la vigne, les travaux des champs et le tissage des toiles, a alterné les périodes de prospérité et de grande misère au gré des conflits territoriaux de l’ancien régime une partie du finage était champenoise et l’autre bourguignonne ! Cependant, c’est un conflit fratricide, au début XXe siècle, qui a bien failli ruiner le village la guerre de l’appellation Champagne !Carte postale Les Riceys – Vue générale de Ricey-Haut avant 1914. Col. privéeQuand la Grande Guerre éclate, le village est exsangue la Révolte des Vignerons » de 1911, durement réprimée, a laissé un goût amer avec le classement de la Champagne historique en seconde zone ». Le vignoble détruit par le phylloxéra est loin d’être reconstitué et les jeunes vont chercher du travail dans l’agglomération troyenne où les usines de bonneterie sont prospères. De 3558 habitants en 1851, la population ricetone est tombée à 2140 personnes en 1911 !René Bailly, qu’on appelle Jules, est né le 4 avril 1880 aux Riceys où son père, Alexandre, tenait la boulangerie de Ricey-Haute-Rive2. Quand le père a pris sa retraite, Jules lui a succédé3, mais les affaires sont loin d’être prospères ; alors, peu de temps avant la déclaration de guerre, Jules met la boulangerie en location et achète un moulin à eau, le Moulin du Magny, en amont du village, pour être meunier. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, il y avait cinq moulins à grain en activité sur la Laignes4 aux Riceys et deux huileries. Il ne semble pas, pendant la Grande Guerre, qu’un autre moulin à grain ait fonctionné dans le village et, dans l’état actuel de nos recherches, le sort des autres moulins à cette époque nous est inconnu. Le concurrent le plus proche, dont parle souvent la meunière, est le meunier de Riceys, détail de l’Atlas du département de l’Aube dressée par A. Leloup, 1875. Col. Société académique de l’AubeLes bâtiments du moulin ne sont pas en très bon état5, mais l’équipement est moderne. Le moulin est équipé d’une chaudière à vapeur pour suppléer au manque d’eau de la Laignes6, en été, ou quand la Laignes est gelée en hiver et de cylindres pour moudre le blé. Il contient aussi un moulin à investissement de 15 000 francs n’est pas remboursé au moment de la déclaration de Bailly exploite le moulin avec trois ouvriers l’un âgé, le père Gilot, 53 ans à la déclaration de guerre, meunier expérimenté, qui ne sera pas mobilisé, André, un peu plus jeune mais chargé de famille nombreuse, qui sera exempté de service, et Paris, qui reste seulement jusque début 1917. Les deux derniers sont chargés des tournées de collecte du grain dans les villages alentours et aident aussi, occasionnellement, aux travaux des 1904, Jules épouse Solange Jacob, d’un an plus âgée que lui. Solange est une femme rude à la besogne, sans grande instruction, placée comme fille de ferme depuis l’âge de 9 ans jusqu’à son mariage. C’est elle qui entretient le potager et s’occupe d’une basse-cour bien pourvue en poules, canards et dindons. En plus, elle nourrit une vache, élève un veau et un cochon tous les ans, fait des fromages qu’elle aide son mari à la culture des champs, à l’entretien d’une petite vigne et d’un ont une fillette, Suzanne, née en 1908, souvent facteur carte postale humoristique, 1915. Col. Catherine TartreCourrier de guerrePendant la guerre, les deux époux vont entretenir une correspondance régulière dont seulement une partie a été conservée, c’est-à-dire environ 840 lettres7, quelques cartes de correspondance et des cartes postales. Il reste aussi quelques courriers d’amis ou de membres de la des Bailly panier de lettres conservé dans le greneir du moulin. Col. Patrice Romary Cf la note en fin d’articleToutes les lettres n’ont pas été conservées, malgré la demande du soldat à son épouse. Il y a peu de lettres en 1914 et 1915, un peu plus en 1916, beaucoup en 1917. Il y a des lacunes importantes en 1918, notamment à partir du moment où le soldat est blessé, le 28 mai. Son dernier courrier est du 18 août 1918, alors qu’il meurt le 28 octobre. Nous ne savons donc rien de ses dernières semaines. Nous ignorons encore ce qu’est devenue la famille du soldat. Le corps de Jules Bailly a été ramené de Barbotan, dans le Gers, où il est mort, pour être enterré dans le cimetière des Riceys. L’importance croissante du courrier, au fur et à mesure de l’avancement de la guerre, n’est pas propre à la famille Bailly ; nous l’avons rencontrée à maintes reprises en étudiant des courriers de guerre. Les soldats, agriculteurs, artisans ou commerçants pour la plupart, n’avaient pas l’habitude d’écrire, mais comme le courrier était le seul lien qui les reliait à leur famille et leurs amis pendant plusieurs années, ils prirent l’habitude d’écrire de plus en plus souvent et de livrer leurs sentiments plus ouvertement, ce qui était loin d’être courant au début du XXe courrier de guerre des Bailly a été retrouvé dans le grenier du moulin, il y a quelques années, par la propriétaire actuelle. Toutes les lettres et cartes, encore insérées dans leurs enveloppes d’origine, étaient contenues dans un grand panier en osier. L’ensemble, bien que poussiéreux, est en excellent état8 de de Mailly-le-Camp, le 9 sept. 1914. Col. privéeAoût 1914La guerre est déclarée, les réservistes sont appelés, les civils doivent s’organiser pour assurer le quotidien. Le meunier quitte son moulin et reprend son ancien métier de département de l’Aube n’a pas été envahi les Allemands ont été arrêtés le 9 septembre 1914, à la limite du département de l’Aube avec la Marne, au village de Mailly, qu’ils ont brûlé. Puis le front s’est stabilisé à la hauteur de Reims et des Monts de quelques villages du nord de l’Aube ont été inclus dans la Zone des Armées, alors que le reste du département était classé en Zone des étapes où s’effectuaient la répartition des envois de munitions, des vivres, des troupes, ainsi que le retour et le tri des blessés. Ce classement a considérablement restreint les libertés de circulation des civils, comme nous le verrons août 1914 départ des Territoriaux. Col. de campagne à Troyes, août à novembre 1914. Col. Bailly, de la classe 1900, est réserviste. Sur son livret militaire, il est enregistré comme boulanger ; aussi, lors de la mobilisation, il est affecté à la station-magasin de Troyes10 qui fonctionne d’août à novembre 1914. Les fours mobiles, installés sur les promenades à l’emplacement des anciennes fortifications de la ville, alimentent les troupes lors de la bataille de la Marne, puis les unités stationnées à pain des soldatsLe procédé de fabrication du pain destiné aux soldats est expliqué11 dans les 80 pages du règlement du service des subsistances. Il est précédé de 200 pages sur les opérations de mouture et choix des pain des soldats était fabriqué par l’Armée dans ses stations-magasins éloignées du front, comme à Troyes, Nantes ou Besançon,dans ses centres de fabrication comme celui du camp militaire de Mailly dans l’Aube,ou dans ses boulangeries de campagne, mobiles, qui suivaient les affectations des unités boulangers de l’Armée étaient tous des professionnels et le matériel mis à leur disposition était de bonne qualité, souvent même d’une technologie plus avancée que le matériel utilisé dans le civil ex. pétrins mécaniques.Les pains fabriqués, des boules de 1500 kg, correspondaient à deux rations journalières. Sa qualité était assez suivie et, vers la fin de la guerre, le pain des militaires était meilleur que celui des civils. Bien qu’il n’ait jamais été rationné, le pain dépendait des facilités d’approvisionnement…Lorsque des militaires étaient au repos ou à l’entrainement dans un village, le pain pouvait être acheté aux boulangers Jules ne reste pas à Troyes. Il est détaché à Nantes où il arrive le 12 septembre après un voyage en train de 45 heures. Dans sa première lettre, datée du lendemain, il écrit à sa femme Il y a beaucoup de moulins à vent, c’est curieux de les voir tourner. J’irai les visiter quand j’aurai un moment. Puis il ajoute Il y a deux cents fours de montés. On fait cinq fournées et c’est dur car les fours sont grands .Nantaises Carte postale envoyée par Jules Bailly à sa fille. Col. Patrice RomaryJules n’a jamais voyagé, il regarde autour de lui et s’extasie dans sa lettre du 4 octobre Si tu voyais à Nantes comme c’est beau, c’est magnifique. Les hommes avec leurs grands chapeaux et leurs rubans, les femmes avec leurs riches toilettes… Le velours et la broderie sont leur orgueil, leur petit bonnet de fine dentelle est épatant . Et quelques lignes plus loin Tu ne me dis pas si tu as de l’argent en caisse, l’argent rentre-t-il un peu ? Ne livre pas trop à crédit .Ses premières lettres donnent le ton de toute sa correspondance à venir il raconte ce qu’il voit, ce qu’il fait et donne des détails sur sa vie quotidienne, dans le strict respect des informations autorisées par la censure. Puis il s’inquiète de la marche de ses affaires et, par des conseils, essaie de diriger, ou plutôt contrôler à distance, ce qui se passe chez lui. Nous allons voir, au fil du temps, comment ce contrôle lui informations que le soldat livre sur les évènements sont l’écho de ce que la presse colporte. Or la presse, de juillet 1914 à la signature de la paix en 1919, est muselée par la censure et les informations imprimées ont pour unique but de préserver la combativité des soldats et le moral des civils, ce qui n’a rien à voir avec la réalité des faits !La Censure – Almanach des Anciens Combattants, 1934. Col. Catherine TartrePartie de cartes aquarelle d’André Romand. Romand Cf la note en fin d’articleLe 19 septembre, Jules Bailly écrit à son épouse Sur les journaux ça a l’air de bien marcher et si nos troupes avancent sur la frontière, nous avons beaucoup de chance de retourner à Troyes . Puis le 11 octobre Voilà la bataille de l’Aisne qui est gagnée, je l’ai vu sur le journal .Le bourrage de crâne » allait continuer pendant toute la durée de la routine s’installe avec des bons et des mauvais la station-magasin de Nantes, le travail est irrégulier, ainsi que l’approvisionnement, mais peu à peu, l’organisation de guerre et une discipline rigoureuse remplacent l’improvisation des premiers n’est pas facile mais Enfin c’est la guerre et il y a encore des plus malheureux que nous Lettre du nourriture est souvent mauvaise et, habitué à la cuisine familiale, le réserviste a du mal à avaler le rata » militaire. Il va manger au restaurant ou achète des extras et, le 11 novembre, il écrit à son épouse Si je dépense un peu d’argent, tu es là pour m’en gagner et tu sais je ne le dépense qu’à regret. Les dépenses du militaire un problème récurrent pour les années à venir !1915La guerre s’installe et le front se stabilise. Jules Bailly est boulanger à Nantes, la vie n’est pas trop dure mais il s’ennuie. Son épouse prend leurs affaires en les militaires, il n’est pas question d’aller en permission le règlement militaire l’a bien prévu mais pas le Haut Commandement puisque cette guerre doit être courte !Cependant, Jules Bailly a de la chance, car, contrairement aux soldats de l’active qui sont envoyés sur le front, donc sans adresse fixe, lui, il séjourne dans une ville avec une adresse de cantonnement. Son épouse peut donc venir en train lui rendre visite. En janvier 1915, c’est déjà le second séjour de la Jules se plaint de la discipline C’est honteux pour des hommes qui travaillent comme nous… tous les hommes qui couchent en ville doivent dès aujourd’hui regagner leur cantonnement… on nous mène comme de vrais bleus Lettre du Il est déçu, car il avait pris une chambre en ville bien plus confortable que le cantonnement offert par l’Armée !Il rouspète même beaucoup pourtant, plus tard, il se souviendra avec regret des bons moments passés à Nantes qu’il évoquera avec nostalgie dans les courriers échangés avec ses n’oublie jamais ses affaires et dans les lettres de janvier et février à son épouse, les conseils pleuvent Tu dois être contente de faire de l’argent comme ça… Quant au reste de ton avoine, il faut la vendre au moins 22 frs les 100 kg, car elle est chère en ce moment Lettre du .Fais le moins de crédit possible. Achète un peu de blé si tu peux, il va augmenter Lettre du tes farines tu as bien fait de les augmenter un peu et d’ici quelque temps il faudra les vendre 40 frs et au moins 43 au public… Prends et demande de la marchandise, cela vaudra mieux que du crédit Lettre du blé est à 27 et 28, eh bien achètes-en autant que tu en trouveras, il va encore monter et passera à 30 frs cette année à mon avis Lettre du un peu le prix de tes farines car tu vends trop bon marché Lettre du conseils portent leurs fruits, car le 11 mars, il écrit Depuis mon départ tu fais argent de tout et je comprends que ta caisse grossisse .À Nantes, le militaire bénéficie maintenant d’un jour de repos par semaine et il en profite pour aller voir la mer Le sable est aussi fin que la farine et visiter Les Sables les Sablaises en jupon court sont canailles mais pas toujours propres à entendre dire. Lettre du meunière n’est pas la seule épouse d’artisan à travailler. Le 16 avril, elle reçoit un courrier de la boulangère de Neuville-sur-Seine, village voisin Veuillez me mettre pour lundi neuf sacs de farine… Quant à notre compte, je pense me remettre à jour vers la fin de mai, j’ai de l’argent pas mal à toucher. Lundi je donnerai le plus que je pourrai… Comme je fournis du pain aux soldats, le commandant de Celles12 me donne un boulanger, alors j’ai un bon ouvrier, cela me fera du Bailly a conscience du travail fourni par son épouse et lui écrit le 12 mai Tu dois avoir un rude cassement de tête avec tout ce train-là, toi qui avais le cerveau si tranquille quand j’étais là .En mai, Jules Bailly se préoccupe surtout de ses affaires Je voudrais bien être là, pour sûr, pour faire du commerce comme cela. Ça doit être bien agréable, tu dois être heureuse de serrer tes billets les uns près des autres … Cette petite phrase est la première où le militaire laisse percer une pointe de jalousie devant les succès de son épouse. Hélas, ce n’est que le début et ce sentiment de frustration va se développer jusqu’à le ronger et perturber leurs relations. Peut-être qu’après la guerre nous ferons la tournée de Nicey… On fera aussi Molesme13 si cela peut prendre… puisque tu as assez de travail et que vous marchez jour et nuit… Heureusement que tu es courageuse et que tu as pris le dessus des choses, sans cela c’était la ruine14 pour nous. C’est ce qui me console, la guerre va nous tirer une bonne épine du pied Lettre du août 1914, les lois de protection du droit du travail furent suspendues pour cause de guerre !La nécessité de produire armes et munitions permit d’allonger la journée de travail à discrétion et de suspendre le repos hebdomadaire. Femmes et enfants purent être affectés à des travaux dangereux et travailler de nuit. Dans certaines usines, on travaillait jusqu’à 10 ou 12 h par jour, avec 2 jours de repos par mois. Il semblerait bien que la meunière ait appliqué sans vergogne cet allongement de la durée du temps de travail !En juin, les lettres de la meunière mentionnent pour la première fois les courriers échangés avec la préfecture de l’Aube concernant le contrôle gouvernemental sur la farine et les grains. Hier j’ai reçu encore une lettre du préfet, une feuille à remplir, le nombre de farine qu’on fait, les clients qu’on sert Lettre du du pain blanc de première qualité dans une ville de l’Aube La Tribune de l’Aube du 3 mai 1915. Col. privéeQuelques jours plus tard, elle sollicite l’autorisation du préfet pour acheter cent quintaux de blé pour les besoins de sa clientèle courante et envoie à son mari copie de la lettre adressée au préfet. Ce courrier représente une évolution dans la mentalité de la meunière moins d’un an après le départ de son mari, elle ne sollicite plus son avis mais l’informe de ce qu’elle vient de dans son courrier du 15 juin, elle raconte comment elle a berné ses clients en bénéficiant de la bienveillance des autorités de contrôle !Quelle journée hier, à 5 heures, que de voitures et de populo dans la cour, un vrai champ de foire. On a installé une table au moulin pour les écritures, M. Lot, le président de Chaource, M. Ceuche, le beau-père à la Louise Deschamps qui a tout pesé et délié les sacs de blé. L’huissier de Chaource faisait les écritures. Il n’y avait pas un sac où il y avait le compte et la bascule qui a volé déjà 1 kg par sac, si tu avais entendu tous les hommes, ils étaient fous de voir qu’il y en manquait tant que cela sur leurs sacs. On leur a fait voir que la bascule était juste et personne n’y a rien vu. Il y en a la moitié qui a été payée 31 frs ou 31,50 et pas beaucoup à 32. Les trois hommes étaient bien gentils pour nous et ont travaillé dans notre intérêt… Maintenant, c’est elle qui décide les achats à faire et les prix à facturer Nous avons plus le droit de rentrer des sacs de blé à partir du 25 et il ne faut plus qu’aucun cultivateur donne un sac de blé [risque de procès pour celui qui vend et celui qui achète]… On nous défend pas les orges ni les avoines, aussi tous les cultivateurs qui n’ont pas tout déclaré viennent me les vendre ou les faire moudre, ce matin en voilà 900 kg et tous les jours la même chose… J’ai reçu une lettre du préfet hier qui me taxe ma farine 43,80 frs prise au moulin et si c’est pour la mener mais je vends tout 44,50. Les cultivateurs viennent la chercher par 200 kg, heureusement qu’on nous a laissés tranquilles, qu’ils nous ont pas tenus comme ils font aujourd’hui, sans cela j’aurais pas pu ramasser ce que j’ai en caisse… Il y a du blé au moulin, il y en a bien 100 sacs et on nous tient comme cela jusqu’au 15 août ; tu parles s’ils me font suer avec tout cela. Maintenant le préfet demande ce qu’on a fait de nos sons en mai et juin, tu vois pas qu’il faut encore fournir des explications et il demande la réponse d’urgence… Voilà 2 nuits que je ne peux pas dormir de me voir un ouvrage pareil, je suis énervée, il y a des moments j’en pleure d’être surmenée et de vouloir tout faire . Le travail est épuisant, mais quelle fierté d’écrire à son mari le 23 juillet Penses-tu que voilà un an que tu es parti, tu m’as laissée presque sans le sou, et j’ai payé toutes tes factures et j’ai 15 000 frs dans mon armoire… Quand tu reviendras, le plaisir que tu auras de retrouver de l’argent et toutes tes affaires sans que rien ait souffert. Mais aussi je n’ai jamais tant travaillé depuis que je suis avec toi … Se rend-elle compte de la dureté du ton qu’elle emploie ? En soulignant l’énorme travail qu’elle fournit, elle appuie lourdement sur le fait qu’il ne lui avait rien laissé avant de partir, sinon des dettes, et qu’un an plus tard, elle a déjà amassé un beau magot elle fait donc mieux que lui !Cet aspect de la situation n’a pas échappé aux illustrateurs de l’époque et les journaux et magazines publient quelques dessins assez la lettre qu’elle poste le lendemain, concernant une cliente qui lui doit de l’argent, c’est elle qui donne des instructions à son mari Alors voilà ce que tu vas faire. Tu lui écriras gentiment en lui disant que par les temps qui courent que tu tiens à ce qu’elle signe par main de notaire, pour que tes affaires soient faites en règle, une reconnaissance ou obligation .Les courriers du soldat en juillet et août sont rares, nous ignorons donc les réactions du meunier-soldat, mais comme il est sensible, on peut imaginer que la nouvelle attitude de son épouse a dû, pour le moins, le surprendre, sinon le Vermot 1917 Les femmes meilleures en affaire que les hommes ! Col. Catherine TartreLe 17 juillet, il écrit Nous avons été laver les sacs [de farine] au bord de la Loire et on les étend au soleil pour les faire sécher. Pendant qu’ils sèchent on fait la pose [pause]. En somme on ne fait pas grand travail. C’est terrible de voir occuper 500 hommes à faire ce truc-là pendant qu’on aurait tant à travailler chez soi ! Fréquemment, cette idée de perdre son temps à l’Armée, alors qu’il y a tant de besogne à faire chez soi, revient dans les lettres de l’un ou de l’autre. Ils n’ont pas l’habitude d’être inactifs, et l’idée d’une occupation non productive les Bailly a sa première permission début septembre, après 13 mois de 17 septembre, la meunière furieuse écrit à son mari pour lui signaler qu’André, son ouvrier, menace de la quitter pour la concurrence si elle ne l’augmente pas Cochon d’André ! Avec des mois pareils ma caisse ne montera pas vite ».Le 6 octobre, ce sont les vendanges 38 hottées de raisin, 6 pièces de vin et très bon, alors qu’au moulin on travaille, mais pas encore en pleine force, il nous faut encore plus d’eau que cela, on fait tout de même tous nos orges .Et comme tout va bien au moulin, la meunière est d’humeur joyeuse et prévoit Si je touche mon allocation et que je vas mettre mon argent de lait et de fromage pour me payer mon train, j’irai te souhaiter la bonne année .Allocation de l’État aux épouses des mobilisésAu début de la guerre, le départ des hommes mobilisés laisse de nombreuses familles françaises sans ressources pour vivre. La loi du 4 août 1914 assure une petite indemnité aux épouses et enfants. Elle était de 1,25 fr par jour pour l’épouse et de 0,50 fr par enfant à charge de moins de 16 ans. Elle fut augmentée en août 1917. La meunière des Riceys touche l’allocation à partir de novembre 1915. Mais, en janvier 1917, un courrier de la mairie lui apprend que cette allocation est supprimée étant donné que les revenus qu’elle tire du moulin sont suffisants. Assistance aux Familles des Militaires sous les Drapeaux » supprimée à Solange Bailly ». Col. Patrice RomaryFin octobre, il faut prévoir quelques dépenses et réparations au moulin J’avais pour 42 frs de bois, mais M. Gilot en avait pour sa turbine. Il veut faire recanneler 2 paires de cylindres et faire faire des bagues à la roue qui a éclaté car voilà 15 jours il y a eu 49 dents de cassées. Il a fini de les mettre hier et il veut mettre toutes ses affaires en ordre quand il va bien marcher. Il veut aussi une chaîne à blé celle qui est en place casse toujours. Tout l’été il disait qu’il en fallait … Et, le 4 novembre André est parti depuis hier à Tonnerre mener nos cylindres… Si on lui fait tout de suite il va rester 2 jours et il est parti avec Maroc [le cheval] et le quatre-roues. J’en ai encore au moins pour mes 100 frs, 80 frs pour les cylindres et les frais à André 20 frs. J’attends aussi la chaîne à blé, j’en ai demandé 25 mètres comme M. Gilot me l’a fait écrire, il a aussi rhabillé son moulin à orge, il veut être en mesure [de travailler] quand l’eau sera remontée… Je ne fournis pas à l’avoine, tous les jours les émigrés viennent à l’avoine même dans les pays aux alentours. L’on va aller toutes les semaines chez Fleury à la Gloire-Dieu15, il faut 100 kg d’orge et 50 kg de son toutes les semaines et c’est à vendre … Si elle est dure à la tâche et âpre au gain, il ne faut pas imaginer la meunière insensible. Elle aime son mari et s’inquiète dès qu’il doit changer d’affectation Je reçois ta lettre qui nous fait pleurer et trembler… C’est à ne pas y croire, mon Dieu quelle chance que tu ne pars pas, c’est même à ne pas y croire, dire que c’est ta dentition qui t’en empêche… Je commence à me remettre et je ne peux croire que j’aurai la chance de te savoir à l’abri des balles, moi qui t’aime tant et qui a tant de courage pour nous retrouver heureux après cette maudite guerre Lettre du crainte de voir son mari partir pour l’Armée active l’a fait réfléchir et son pragmatisme prend le dessus. Afin de se protéger, elle demande à son mari de rédiger un testament Ton testament, il vaut mieux le faire en bonne santé, car quand il faut le demander au moment de la mort on hésite, car c’est déjà assez triste quand ça arrive, moi ça ne me fait pas peur de te donner le mien quand tu voudras, présent et à venir, mais moi ce n’est pas la même chose de mon côté puisqu’il n’y a rien, enfin c’est une petite affaire à faire et au moins on est toujours bien tranquille Lettre du militaire s’exécute et le 10 décembre, la meunière remercie Ton testament, il est très bien 5 avril 1915, la meunière avait déjà obtenu une procuration pour encaisser les paiements de leur femme nait libre, comme l’homme,dit la loi, mais jusqu’à l’âge de 21 ans, elle est sous l’autorité de ses parents. Lorsqu’une femme se marie, elle reste ou redevient juridiquement mineure » et abdique en faveur de son mari le soin de défendre ses intérêts. Si la loi de 1907 lui permet de disposer de son salaire, son mari gère tous les biens du la guerre, une loi du 3 juillet 1915 donne à cette femme juridiquement mineure » l’exercice de l’autorité parentale lorsque le chef de famille est à l’armée. Il s’agit cependant d’un acquis en France, en 1914, environ 40 % des femmes travaillent, ce qui est supérieur à la moyenne des autres pays européens. À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, elles commencent à travailler à l’usine. Ceci est très net dans l’Aube où, avant 1914, la bonneterie emploie à peu près autant d’hommes que de femmes. Après la guerre, les femmes seront majoritaires mais avec un salaire moitié moins élevé !Certaines femmes vont devoir remplacer l’époux mobilisé dans l’entreprise qu’il dirigeait – commerce ou industrie – et dans ce cas, afin de régler les affaires courantes, encaisser les sommes dues, acter devant notaire, etc., le mari va être obligé de leur signer une procuration. Peu habitués à ce que les affaires soient traitées sans eux, cette situation irrite cependant certains chefs de famille. C’est le cas du meunier des Riceys qui écrit, le 9 février 1917, à son épouse Je t’assure que quoique tu aies ma procuration pour tout faire, j’aurais été fâché si vous aviez traité l’affaire sans mon avis, pourtant la procuration te donne le droit de tout faire.» Le vote des femmes, accepté par l’Assemblée Nationale, fut rejeté par le Sénat en 1922. Il ne leur sera accordé qu’en 1944 et, enfin, la Constitution de 1946 inscrivit dans son préambule La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme.»Carte postale adressée à Jules Bailly, Soldat boulanger… » Col. Patrice RomaryLe 18 décembre, son mari s’inquiète pour le travail au moulin car un des ouvriers est épouse le rassure Pour les commis, ils n’arrêtent jamais, on a toujours plein de travail malgré que de l’orge et de l’avoine c’est contrebande, il n’y en a guère .La meunière avoue se procurer du grain en contrebande et ce n’est que le début !À mi-décembre, la boulangerie de Nantes ferme et Jules Bailly est envoyé à la station de Besançon 7e section COA, Besançon Butte /Doubs.Puis viennent les fêtes de fin d’année. Lettre du 24 décembre de la meunière Demain c’est Noël et ici ça ne changera rien, il n’y aura que les commis qui ne travailleront pas et que je paierai quand même. On fera cuire des marrons avec Suzanne, voilà toute notre un peu difficile pour elle de payer des employés à ne rien faire !Carte postale. Col. Catherine TartreFabricant de bagues – Aquarelle d’André Romand 1916Le 21 février, l’armée allemande attaque dans le secteur de Verdun. Jules Bailly voit les soldats passer à Besançon où il travaille. La meunière s’ soldat écrit le 25 février On ne touche pas de charbon en ce moment [il neige et fait très froid]. En ce moment ça tape dur du côté de Verdun, hier nous avons vu embarquer le 4e régiment d’artillerie, tu parles s’il y en avait des chevaux et des hommes et des canons de 155 de long. Ils ont formé à eux seuls 4 trains complets. Nous faisons toujours nos 5 fournées de jour et samedi nous prenons la nuit. Si on a eu des bons moments en arrivant, ce n’est plus aujourd’hui, surtout Edmond avec son four, il en a du mal, rien que du bois vert, son four ne chauffe pas et il a un mal de chien, mais il boit une chopine de plus et il est remis .Une pièce de 155 présentée à Mailly-le-Camp. Col. privéeNous n’aborderons pas le problème de l’alcoolisme à l’armée, car le meunier est sobre. Dans de nombreux courriers, Jules Bailly s’indigne du manque de conduite des soldats deux jours plus tard, il ajoute Les boches ont encore une fois essayé de forcer nos lignes sur Verdun mais ils ont eu des pertes effroyables, des monceaux de cadavres, ils avaient sur ce point 200 000 hommes. Nous, nous avons reculé de 1600 m, mais il paraît que nos canons de 75 ont encore fait du bon travail, si en tout cas on peut appeler ça du bon travail, aussi je dis que c’est plutôt triste… Nous voilà partis ce soir pour 5 fournées .Le canon de 75 était très performant et Armée comme civils en étaient fiers. Il était fréquemment utilisé comme sujet de propagande et on trouve ses mérites vantés dans les magazines de l’époque ou sur les cartes postales. C’était cependant un canon à tir droit et dans les régions vallonnées, il était moins problème survient au moulin en juin la farine est trop blanche et ne correspond pas aux directives gouvernementales relayées par les préfets !M. Gilot dit qu’on va être obligés d’acheter une soie à gruaux pour pouvoir faire ses farines grises, car voilà 2 fois que le préfet écrit à ce sujet, car il dit qu’il ne peut pas passer ses gruaux, qu’il en reste toujours Lettre du très apprécié canon de 75 ici une chanson qui vante ses mérites, vendue au profit des blessés dans un hôpital de Troyes. Col. privéeLe 23 juin, Gillot écrit à son patron J’ai beaucoup cherché ce que je devais faire pour les exigences de la Mouture Nationale, enfin voilà ce que je vais faire je vais enlever le gros cylindre de la meule à gruau et le remplacer par celui qui faisait diviseur à la centrifuge. Je l’ai conduit chez Thury Guénin ce matin pour le réparer et la garniture de soie coutera moins cher que pour l’autre. Je pense bien faire, je demanderai la soie plus ouverte de manière à ne pas passer les gruaux tant de fois. Aujourd’hui je suis obligé sur une mouture de 50 sacs de passer les gruaux un jour de plus, ce qui fait que c’est du retard et la farine sent mauvais, malgré que c’est bien un peu partout comme ça .Gillot, qui est honnête et consciencieux, ne devait pas trop approuver les agissements de sa patronne et préfère s’adresser directement à son patron, même par courrier !En août, il y a assez d’eau pour faire tourner la roue du moulin et l’ouvrage ne manque pas, mais Gilot ne peut pas aller plus vite que le moulin et en voilà jusqu’au mois de mai comme ça Lettre du passerons pudiquement sous silence les ragots colportés par la meunière au sujet de la débauche des femmes même qu’on croyait bien sérieuses, mais moi je ne suis pas de ce caractère là, je n’ai que le travail en tête Lettre du Elle revient sur ce sujet dans plusieurs journaux, magazines et cartes postales sanctifient la femme qui, par ses valeurs morales, soutient le soldat, l’attend, le réconforte. La censure ne tolérait aucune autre attitude afin d’être tout à son devoir de défense de la patrie, le soldat ne devait pas s’inquiéter au sujet de son foyer. La réalité était hélas toute autre, et les nombreux courriers de guerre que nous avons pu lire montrent que l’attitude de quelques femmes des Riceys n’était pas une exception. Les permissions inexistantes au début de la guerre furent ensuite trop rares deux ou trois par an maximum, malgré l’effort fait par l’Armée après les mutineries de 1917, alors il y eut quelques entorses aux bonnes mœurs !Mais revenons à la farine…Le 27 août, la meunière écrit Le préfet a envoyé hier au maire les échantillons de farine qu’il faut faire et le garde me les a apportés. M. Gilot dit que c’est de la 4e et qu’il ne pourra pas faire plus mauvais … Coup dur pour la meunière le 4 septembre Gilot s’est mis au lit hier dimanche et ne s’est pas relevé, il a une grande fatigue [il travaille quasiment jour et nuit depuis le début de la guerre]… C’est André qui conduit le moulin . On ne relève aucune parole de compassion dans le courrier de Solange Bailly pour le dévoué Gillot !Un courrier du 5 octobre apporte un éclairage sur les restrictions de circulation des civils en zone des étapes » où une priorité absolue était réservée au transport de tout ce qui était militaire transport des troupes et des blessés ainsi que de l’approvisionnement Voilà André qui vient de se faire photographier chez Cottenet, car il a eu un procès la semaine dernière par la brigade volante qui est en auto, s’il n’avait pas eu son certificat ils mettaient les chevaux en fourrière et ils emmenaient André à Troyes en auto. Ça ne rigole plus pour tous les chariots qui viennent au moulin, il faut un passeport et la photo. Paris va y aller tantôt aussi, car les procès ça tombe … Sauf-conduit de 1914 et carte d’identité de 1916, au nom de Gabriel Groley, jeune journaliste de La Tribune de l’Aube. Col. privéeCette carte d’identité, délivrée par le maire de la commune ou le commissaire de police dans les grandes villes, permettait au titulaire de circuler librement dans les limites de la commune d’habitation ainsi que dans les communes ou cantons énumérés sur le document. Le document comportait la photographie et le signalement du titulaire. Les exemples de cartes d’identité dont nous disposons sur cette période, pour le département de l’Aube, sont également datés d’octobre 1916 et à durée illimitée. Cette carte remplaçait le sauf-conduit délivré précédemment, qui ne comportait ni la photo ni le signalement du bénéficiaire, et était valable seulement pour une période donnée quinze jours à un mois. La meunière est pingre avec ses employés mais sait se montrer généreuse avec son homme, sans toutefois intégrer le fait qu’il soit soldat et donc soumis à la discipline militaire Je serais bien contente que tu trouves une chambre pour avoir chaud cet hiver, tu n’as pas besoin de te priver maintenant que nous sommes à l’abri de la misère, tu peux bien te donner cette douceur là … Un peu plus loin, elle ajoute Si je venais à te perdre, je n’ose pas y penser moi qui ai déjà si peur qu’on te relève Lettre du 4 novembre, elle demande à son mari d’écrire à son employé M. Gilot, qui refuse d’augmenter les tarifs C’est pas difficile, tout le monde s’abat chez nous, on vend beaucoup et bon. Quand il s’agit d’augmenter quelque chose il s’en fait une montagne et il dit qu’après la guerre on ne fera plus rien. Il n’est pas comme moi, je les vole sur tout ce que je peux… Fais-moi ce que je te dis, une petite lettre bien tournée, sans le froisser, car tu le connais, malgré que c’est lui qui nous a sortis de la misère … Apparemment, malgré tout son aplomb, la meunière n’ose pas affronter son employé et délègue son mari ! Elle a plus de facilité avec l’autre employé André m’a fait augmenter la farine d’orge car Folope16 la vend 32 frs les 100 kg et André dit qu’on livre de la bonne marchandise… À partir d’aujourd’hui on mêle la mouture avec la farine d’orge, et tout est farine d’orge et sera vendu 32 frs les 100 kg … La meunière vend au même prix la marchandise de premier choix et les mélanges !La meunière a reçu la facture des fers de roues ; l’an dernier, c’était 300 frs et cette année 480 frs elle fulmine ! Mais le 8 novembre, c’est l’euphorie Voilà les commis qui rentrent d’Arrelles, les voitures sont bondées, voilà qu’on voit beaucoup de gens de Balnot-la-Grange, le Morel ne fait plus de tournées. Nous avons aussi tout Balnot-sur-Laignes, il n’y a point de jours qu’il n’en vienne point, c’est dommage que le moulin ne peut pas en faire deux fois plus. Si la guerre dure deux ans encore comme on l’entend dire, je crois tout de même que tu pourras vivre sagement de tes rentes… Et elle continue le 23 novembre Moi je lève le blé pour le moment, j’en ai 150 sacs assurés pour la semaine prochaine et 40 au moulin. Je prends tout ce qu’on m’offre, car il n’y en aura bientôt plus… Une fois que la réquisition va s’y mettre, on n’en trouvera guère… La farine on la vendra à 42 frs à cause que c’est au détail, et le pain est à 40 centimes l’avoine j’en ai pas beaucoup, c’est pour les clients attitrés. Je la vends 30 frs la grise et la noire 35 frs… Il a passé un inspecteur cette semaine qui a relevé de la farine chez tous les meuniers et boulangers, et si on ne peut tirer 80 on sera obligé d’arrêter le blé, car les amendes sont de 3 000 frs… M. Gilot dit qu’il ne passera plus les blés au nettoyage, il mettra tout dans la farine, puisqu’ils veulent de la farine noire Lettre du avons reçu la soie hier par la poste, ils ne nous ont pas fait attendre cette fois. M. Gilot va la monter demain et il va mettre tout son savoir pour pouvoir tirer à 80, il est déjà en train d’essayer… Pour le moment il n’est pas bien gracieux, ce pauvre homme, il ne peut pas rattraper son retard et on ne peut pas se retourner au moulin, et les clients nous assiègent Lettre du tirer à 80, M. Gilot dit qu’il ne doit encore pas y être, malgré qu’il fait bien tout ce qu’il peut, mais c’est gris. Les clients s’y habituent et disent Vu [Pourvu] qu’on en ait encore assez longtemps ! » Le 10 décembre, M. Gilot a réussi Pour les farines, je crois qu’on sera au règlement, c’est tout gris… Il y a du monde au moulin, c’est pire qu’un champ de foire, 10 voitures dans la cour et il y en a encore dans le chemin du moulin, il est impossible de passer dans la cour .La rareté des lettres en 1916 ne permet pas de connaître l’opinion du réserviste sur les évènements politiques et en particulier l’éviction de Joffre, très populaire auprès des soldats ainsi que du peuple qui voient toujours en lui le vainqueur de la Reprise en main de l’Armée après les échecs militaires et les mutineries. Le meunier quitte la station-magasin et va servir en seconde puis en première ligne. La meunière continue ses bonnes affaires !Le courrier conservé, pour l’année 1917, est très abondant des deux pression administrative s’accentue au moulin et Solange Bailly a du mal à comprendre J’ai reçu des ordres du préfet, j’en ai eu pour toute la journée à lire et à comprendre, alors au 15 janvier il faudra lui renvoyer ses feuilles remplies pour expliquer ce qu’il y a en magasin comme farine et blé, car ils nous paieront la différence du sac de blé au sac de farine. De ce jour on vendra la farine 51 frs et le blé sera à 41 frs, mais là ils ne paieront plus la ristourne. C’est simplement pour ne pas perdre sur ce qu’on a en magasin. Ils ont mis l’avoine à 43,50 frs, il dit de lui mettre à part sur une feuille de papier marquée de 0,60, mais on en déclarera guère… Le son est taxé à 35, je le laisse à 40 Lettre du Gilot est au courant de son ouvrage surtout qu’il a rhabillé le moulin à orge, il fait de l’ouvrage avec, il moud 100 kg à l’heure. Il fait du feu tous les jours dans la machine [la machine à vapeur qui actionne les cylindres]… J’ai reçu une lettre du préfet qui dit qu’en mai la farine à 42,50, en juin 42,75, juillet et août 43. Bien entendu et comme je prends 1,25 des 100 kg, ça fera ça en plus Lettre du ce temps, Jules change d’affectation. Il ne sait pas trop où il va aller ni ce qu’il va faire, il attend passivement et son moral est bien bas C’est vrai qu’ici j’ai un caractère à part, jamais en colère, jamais un mot plus haut l’un que l’autre, je fais tout ce qu’il me commande sans jamais rouspéter et ça lui va [à l’adjudant]. Que veux-tu, Solange, ce n’est pas drôle que je sois comme ça ici, rien ne m’intéresse, ça m’est bien égal que ça soit bien ou mal… On travaille comme des machines Lettre du pour le joindre, il faut utiliser une adresse de secteur J. Bailly, soldat au 97e Régiment Infanterie, 34e Compagnie, détachement secteur 147 A. Mets bien l’adresse exacte et écris-moi aussitôt le reçu de ma lettre. Ne te tourmente pas pour le reste. Nous attendons comme je te l’ai expliqué. Tu sais, je ne puis rien te dire à cause de la censure. Il fait un froid de chien ici et on patine toute la journée Lettre du meunière est inquiète pourquoi envoie-t-on son mari à l’instruction ? Tout va si mal en ce moment qu’on ne sait plus quoi penser, malgré qu’on dit que ce sera la fin cette année. Je voudrais bien savoir pourquoi on vous fait faire de l’instruction, on pense donc avoir besoin de vous un jour ? Je m’y attends puisqu’on devait relever jusqu’à 40 ans sans les boulangers et malheureusement tu es 3 ans trop jeune Lettre du Le 17 février, Solange achète toujours du blé en cachette et le 23, elle informe son mari Heureusement qu’on est en avance, voilà les clients qui rappliquent avec des 78 sacs de blé et avoir la farine de suite. Le bruit court partout qu’on va être rationnés et les cultivateurs n’entendent pas de cette oreille. Hier ils étaient avec les 3 chevaux à Avize, il a fallu doubler le Marceau [le cheval] qui était pleine charge et ils ont laissé 28 sacs de blé. Alors tous les gens le vendent et ils disent qu’on va leur mettre de la farine de maïs et que c’est pas bon. J’ai eu encore une circulaire du préfet hier et il défend de vendre de la farine ailleurs que dans l’Aube, car il dit qu’il croyait avoir du blé à l’étranger et qu’il en aura pas et à peine s’il aura du blé pour le public… Défense de livrer du pain à Molesme et que Molesme fournisse du blé. Nous avons nos cartes de sucre depuis le 1er février et surtout pas de sucre chez les épiciers, heureusement que j’en ai quelques kilos… Je suis contente de moi, voilà mes 70 sacs de blé rentrés et payés. Charles [un cousin] est passé, on lui a montré les circulaires du préfet et il a tout expliqué en nous disant Je ne sais si le préfet est bête ou si il le fait exprès, mais il embrouille tout ce qu’il écrit. »… On ne m’enlèvera pas de l’idée que tu fais tes classes et que tu iras au feu après. Et c’est bien cela, tu ne veux pas me le dire, mais tous ceux qui étaient à Neuville, Loche et Celles faisaient des marches et l’exercice et sont partis au feu Lettre du de Jules Bailly à Besançon. La vignette Jusqu’au bout » n’est pas un timbre postal, le courrier des militaires étant envoyé et reçu en franchise, c’est un outil de propagande. Col. Patrice RomaryLe 27 mars, Jules Bailly quitte Besançon Ces deux mots en chemin de fer sur mes genoux, je sais que ça te fera plaisir… Je te dirai que l’on nous a embarqués dans des wagons à bestiaux comme des moutons que l’on mène à l’abattoir, malgré que l’on pense aux siens, car tu sais Solange comme je vous aime toutes les deux . Il passe par Chaumont, Épinal, Saint-Dizier. Puis il traverse le département de la Marne Nous sommes partis hier soir avec tout le barda sur le dos par une pluie battante, après une marche de 15 km nous avons couché dans une grange. On peut l’appeler l’hôtel des courants d’air, on y a pas eu trop chaud, juste une couverture, et la pluie ne cesse de tomber. Quels tristes pays dans la Marne, on n’y trouve rien du tout et le peu c’est hors de prix. Hier j’ai acheté 2 litres de vin et une boite de conserve, j’en ai eu pour 5,50 frs. Celui qui n’a pas d’argent n’est pas heureux. On la crève et le pain est rare. Pas de boulanger au pays, même pas de tabac et ici même pas un épicier. Je ne crois pas que nous y soyons pour longtemps. Les maisons ne tiennent pas debout, tout est bâti en planches, quel pauvre pays… On mène une vraie vie de cheminot mais on ne s’en fait pas, et toi fais de même, ne te tourmente pas, car on ne risque rien pour le avoir quitté Besançon, le soldat a un numéro de secteur comme tous les militaires envoyés au front, en seconde ou première ligne. Col. Patrice RomaryIl donne sa nouvelle adresse Jules Bailly, 230e Régiment d’infanterie, 14e Compagnie, 4e Bataillon, secteur 195. Début avril, il marche encore… il manque de tout et sollicite son épouse On ne trouve rien dans cette Champagne pouilleuse et tout est hors de prix. Le vin vaut 32 sous le litre, pour faire emplir le bidon il ne te reste guère d’une pièce de cent sous. Je t’ai écrit hier pour avoir de l’argent. La santé est bonne et c’est toujours la vie au grand air . Le jour suivant Nous avons fait 10 km hier soir, nous avons arrivés à 6 h ½ et tous cantonnés dans la même grange, pas seulement de la paille et juste une couverture, on y a gelé de froid toute la nuit. Ici il n’y a pas de constructions, tout est en planches. Plus ça va, moins on trouve, le vin vaut ici 45 sous le litre. Tu penses pour faire remplir le bidon il faut cent sous, ce n’est pas rien . Le 4 avril Ma Solange adorée, ma Suzanne chérie, vous allez sûrement trouver le temps long de ne pas avoir de mes nouvelles, il ne faut pas m’en vouloir car ici on n’a pas toutes ses aises. Pas de lumière et à 2 km sous terre. Te dire où je me trouve ça m’est impossible, ça n’a pas de nom. Mais ce qu’il y a de certain c’est que le canon tonne à nos oreilles depuis deux jours. Pour s’y habituer c’est assez dur. Si j’avais su comme ça se passe, je t’aurais dit de m’envoyer pas d’argent, on en a pas besoin puisqu’il n’y a plus de pays… J’ai bien reçu ta lettre du 24 mars hier, tu penses si j’étais heureux, c’était hier mes 37 ans, mais comme anniversaire ce n’est pas brillant. Malgré cela pour le moment je ne suis pas en danger et ne te tourmente pas, ma bonne Solange… Je me dépêche à faire ma lettre car il est 9 h du matin et je vais à la soupe à 9 h ½, il faut que je l’emporte… Moi ce qui me console c’est que vous êtes maintenant à l’abri de la misère, quant à ma vie j’en ai fait le sacrifice .Les lettres qu’elle reçoit ne rassurent pas la meunière Mon cher Jules chéri, depuis 4 jours que je suis sans nouvelles, je reçois tes deux lettres du 31 et du 2 avril. Je ne puis m’empêcher de pleurer depuis que je viens de lire tes deux lettres, car cette fois te voilà bien sacrifié. Tu me dis de ne pas m’en faire, oui quand tu étais boulanger je te sentais en sécurité, mais maintenant je ne vis plus, je m’ennuie et partout je ne cesse de penser à toi et de me faire des idées qui me troublent la tête. Quand on me parle je ne suis pas à ce qu’on me dit, je m’en rends bien compte, mais c’est plus fort que moi. Quand je pense que nous pourrions être si heureux Lettre du désespoir engendré par la situation provoque un net changement de ton dans les lettres qui sont plus affectueuses, plus sentimentales et, malgré sa retenue habituelle, Jules n’hésite pas à écrire Je ne souffre pas de la faim ni même de rien du tout, sauf de la séparation de tout ce que j’ai de plus cher au monde… Celui qui ne vit que pour vous deux Lettre du Les lettres suivantes racontent sa vie dans les boyaux, dans le froid, l’humidité, la promiscuité, l’obscurité, la vermine qui grouille, la soif qui les tenaille en l’absence d’eau potable. L’ennemi est proche, alors les soldats ne peuvent sortir que la nuit de leur trou. Pour passer le temps, les soldats mangent On mange tout le temps .Mais que son épouse ne s’inquiète pas, il est dans un régiment de position, c’est-à-dire qu’il occupe les tranchées », il n’y a pas de danger à sa lettre du 15 avril, Solange avoue qu’elle lui souhaite une bonne blessure » Dire que je te souhaite que du mal maintenant, je voudrais que tu sois estropié pour être sûre que tu me resteras . Le soldat rassure son épouse, le 18 mai il lui écrit Je n’ai pas encore tiré un coup de fusil, et les boches on n’en voit pas .La bonne blessure » est le vœu avoué ou non de bien des épouses… Nous le trouvons dans les courriers de nombreux soldats et en particulier des hommes mariés, pères de famille. Le 25 avril, la meunière l’informe que d’après la circulaire du préfet il va falloir mettre 15 % d’orge et seigle dans 100 kg de farine de blé, et les inspecteurs ne tardent pas à passer … Cette mesure, qui ne concernait que les civils, n’est cependant pas appliquée pour la première fois !Corvée dans un village. Aquarelle André RomandRepos à l’arrière du front. Aquarelle André RomandUne tranchée inondée. Aquarelle d’André RomandLe bois des Chevaliers. Aquarelle André RomandDéblayage. Aquarelle André RomandRèglementation pour la fabrication du pain des civils en temps de guerreLes mesures prises en 1917 pour encadrer la fabrication du pain ne constituent pas une nouveauté. Dans le plus ancien registre des délibérations du Conseil de Ville de Troyes17 vers la fin de la Guerre de Cent Ans en décembre 1432, alors que la campagne autour de Troyes était ravagée par les troupes bourguignonnes, le blé vint à manquer. Afin de procurer du pain au peuple, le Conseil de Ville prit des mesures les fromentiers ou boulangers faisant du pain de froment durent ajouter un tiers d’avoine au froment pour faire leur pain. Pour les seigliers, ou boulangers faisant du pain de seigle, ce fut un peu plus compliqué, ils durent utiliser environ un petit quart de seigle 13 setiers, un petit quart de froment 13 setiers et une grosse moitié d’avoine 28 setiers.L’année suivante, le pain des seigliers fut imposé à 5 mai, Jules passe une revue Quelle suée aujourd’hui, marche musique en tête, j’ai vu 2 généraux, décoration de plusieurs officiers. C’était beau pour les autres, mais pour nous, tu parles, qu’est-ce qu’on a pris par la chaleur qui faisait ! Nous avons gagné un quart de vin… Tout brillait, on aurait jamais dit un régiment qui venait de prendre les tranchées depuis 15 jours… Peut-être demain nous aurons encore de la pluie et nous allons encore prendre une bonne suée, je crois que nous avons au moins 15 à 20 km à faire dans la nuit… Si tu voyais ce qu’on a sur le dos, c’est à ne pas y croire, enfin on suit la foule et on marche machinalement comme des bestiaux, sans penser aux risques .En mai, un problème d’approvisionnement en pain se pose aux Riceys. La boulangerie ferme et le pays a peur de manquer de pain ! La meunière écrit le 16 mai Ces jours-ci le pays est en émoi parce que les boulangers partent… Alors notre boulangerie va être fermée … Le locataire de la boulangerie familiale était devenu abruti à force de boire » et il doit abandonner le matin il est venu un inspecteur meunier en auto pour prendre l’échantillon de farine. Il nous faut une soie à la centrifuge et recanneler les cylindres, cette fois il faut mettre tout dans la farine… Tout marche bien au moulin, mes 17 000 sont faits Lettre du jours plus tard, Jules reçoit un courrier de son père il y a des malades pas mal aux Riceys, et le docteur dit que c’est le pain !Deux aquarelles d’André Romand montrant le travail effectué de nuit par les réservistes ou territoriaux afin de renforcer les 20 mai, le soldat raconte son quotidien et explique à son épouse que lui aussi est payé Hier nous avons porté à dos du matériel dans les lignes, et nous avions de l’eau jusqu’aux genoux. Il faut être joliment forcé de marcher pour faire du travail pareil. Aujourd’hui tout le monde était en caleçon pendant que les effets séchaient au soleil, quelle vie tout de même ! Nous sommes encore au repos pour 12 jours, ce sera encore autant de pris tranquille… J’ai bien peur que nous n’y arrivons pas, c’est bien ce qui m’ennuie le plus. Pourtant j’y comptais bien, mais je commence à perdre espoir. Nous avons été bien nourris aujourd’hui et nous avons touché un litre de vin par homme, on nous a payés aussi. Le gouvernement nous a augmenté en ligne nous avons 20 sous par jour et 9 sous de prêt, ça fait 29, mais on laisse 12 sous pour le pécule… On va nous donner un petit carnet et on collera des timbres dessus. La guerre finie, on nous remboursera le tout en argent. Tu vois que l’on fait bien les choses en France, malheureusement on ne fait pas ce que tout le monde désire LA PAIX !Jules s’inquiète pour son épouse le 21 mai Où vas-tu aller au pain maintenant ? Et il te faudra le payer au lieu de recevoir de l’argent. C’est bien ennuyeux pour nous…Le 22 mai 1917, le meunier, toujours plein de bon sens, écrit à son épouse Comme tu dis je n’ai pas profité beaucoup du moulin, mais il aura contribué à notre bonheur. Quant à ma distraction après la guerre, elle sera vite prise rester auprès de vous deux, faire mon jardin, ma vigne et mon clos… Ça ne fait rien de payer l’impôt sur le revenu, le principal c’est d’avoir de quoi pour le payer… Je me doutais bien que tu n’avais plus Paris, mais pourvu que Gilot tienne jusqu’au bout, ça sera déjà beau. Quand à André, donne-lui ce qu’il te demandera, il va aussi avoir de la peine et c’est un bon ouvrier. Pour faire de grosses réparations au moulin, je ne veux pas, puisque nous ne sommes pas pour y rester, on fera juste le nécessaire, et j’aime mieux abandonner quelques mille francs sur la vente que de me casser la tête avec des ouvriers …Le militaire alterne les périodes plus ou moins longues sur le front pour garder les lignes, consolider les tranchées, poser du barbelés, etc., puis au repos, quelques kilomètres à l’ suis arrivé au repos dans ce petit pays où nous sommes très bien, je crois pour trois semaines ou un mois, on ne sait jamais au juste… 2 h d’exercice de 6 h à 8 h et c’est tout pour la journée. Nous sommes cantonnés dans une grande ferme, ici ce n’est plus la Champagne, c’est la Marne, on n’y voit que des fermes immenses, les blés sont de toute beauté, il y a 8 moissonneuses, 12 chevaux, 10 paires de bœufs, des vaches… Les gens sont gentils, mais les patrons on ne les voit pas, du reste la femme est seule, le mari est prisonnier depuis le mois d’août 1914, tu parles si elle a du tracas aussi celle-là, elle mériterait bien la croix de guerre comme toi .À l’intérieur de l’enveloppe il a écrit Sivry-sur-Ante » Lettre du postale. Col. privéeLe 19 juin, Solange a des ennuis avec l’Administration Maintenant les gendarmes sont venus hier me faire voir un procès-verbal d’après l’échantillon de ma farine du mois de mai qui n’était pas à la loi, alors les gendarmes ont écrit ceci, d’après mon rapport, que je n’étais pas outillée pour à cette époque, et que depuis il y avait une nouvelle bluterie. Ils ont demandé mon adresse, mon nom, où j’étais, aussi le nom de mon père et de ma mère, et depuis l’âge de 9 ans jusqu’à 25 ans j’ai toujours été chez les autres, et cela va au tribunal correctionnel, mais le 1er procès coûte que 20 frs .Le 28 juin, le soldat change encore de cantonnement Prouilly, à l’est de Reims Nous embarquons dans les autos pour faire 130 km par une chaleur et une poussière à en crever sur place. Nous étions 22 par voiture avec tout le barda impossible de changer un pied de place…Tu ne peux pas te faire une idée de ce qui circule sur les grandes routes comme chevaux, matériel, autos, enfin ça n’arrête pas, on est toujours dans un nuage de poussière qui ne finit pas .Le 1er juillet, gêné, il demande de l’argent à son épouse Peux-tu m’envoyer encore 50 francs, ça m’ennuie bien de te demander mais comment faire puisque je n’en gagne point. Et le lendemain C’est ennuyeux qu’on en sait toujours rien pour tes procès .En juillet, les conditions de vie au front sont très pénibles et le soldat souffre Nous avons fait encore 6 km et par une pluie battante dans des boyaux pleins d’eau. C’est terrible de voir des hommes marcher de la sorte, ce que l’on endure c’est effrayant, la mort souvent serait bien préférable à toutes ces souffrances. Ce que tout le monde criait, fallait voir ! Penses-tu, ma pauvre Solange, et arrivés dans un trou à 8 mètres sous terre sans même pouvoir se changer ni se déchausser, c’est défendu. On couche à même la terre, quand on lève un peu les jambes, l’eau vous coule dans les jambes, et avec ça pas avoir grand-chose à manger. Pour aujourd’hui juste une petite portion pour la journée, pas même de café, plus de tabac, pas d’eau que celle qui tombe Lettre du postales montrant le Chemin des Dames Moulin de Laffaux et Village de Vaudesson. Col. Catherine TartreL’amertume envahit le soldat qui a des paroles très dures pour les civils… Alors, il écrit à son épouse Pour arriver ici c’est incroyable, de l’eau 1 m dans les boyaux jusqu’à la ceinture, et impossible de se changer, on gèle de froid… On voit beaucoup de tanks dans la région, mais ils sont tous en panne, que de matériel et d’argent qui se perd ici, c’est à ne pas y croire… Pas lavés depuis le départ, on est tous mangés à la vermine… Il ne sait pas, le civil, ce que l’on souffre ici pour empêcher l’Allemand d’aller ravager nos contrées, et c’est bien vrai ce n’est que pour leur bien-être qu’on se fait tuer Lettre du prix augmentent, il s’inquiète pour le moulin Je me demande bien comment vous allez pouvoir vous en tirer avec le blé à 50 frs cette année, à quel prix va donc être la farine ? On parle de 1 sou d’augmentation par kg de pain, mais on ne dit rien pour la farine… Si ça continue, je doute fort qu’on puisse y gagner sa vie Lettre du vu sur le journal un article pour la taxation des denrées cette année, mais pour le prix de la farine ça sera taxé par le préfet, encore faut-il bien recommander à Gilot de tirer jusqu’au bout pour y gagner sa vie Lettre du de souci, son épouse a trouvé la parade, elle lui explique le 23 juillet J’ai encore augmenté la mouture, 38 frs les 100 kg de farine, orge 40, son 35, avoine grise 36, noire 38. On fait comme on veut, personne dit rien, on est même assiégé par les clients qui s’occupent pas du prix, riches ou pauvres, pourvu qu’ils aient de la marchandise… Nous rentrons des sacs plus que jamais, la voiture est toujours pleine jusqu’à la bâche, André en rote .Une fois n’est pas coutume, le soldat se plaint de la qualité du pain alors que sur sa gauche au plateau de Craonne, quel bombardement tous les jours, c’est un second Verdun !La bataille du Chemin des Dames fait rage d’avril à octobre 1917, il n’est pas étonnant que la qualité du pain ait eu à souffrir !Cependant, son copain Eugène Leclerc, soldat à la 5e section de COA à Sens, écrit, à la même époque le 11 août Quant à la fabrication, on fait du drôle par moment avec ces farines, on dirait des balayures de route, c’est dire à la main. Le son y abonde, ça ne prend pas beaucoup corps .Y aurait-il eu des problèmes d’approvision-nement ?Le 7 août, Jules Bailly est soulagé Je fais toujours la cuisine, j’ai chopé le filon pour cette fois .Mais Jules Bailly, qui acceptait tout sans broncher, devient de plus en plus irritable et écrit le 12 août à son épouse Aujourd’hui je suis allé piocher depuis ce matin pour installer de nouveaux baraquements, on appelle ça du repos, mais on nous fait travailler pire que des prisonniers, après avoir fait 18 jours d’avant–poste et même encore pas lavés ni avoir pris de douche .Quelques jours plus tard, il pense avoir prochainement une permission et le moral revient. Il demande à sa femme de ne rien vendre en l’attendant il va s’en occuper et faire de l’argent il en rêve !. Le 20 août, il part en permission et, de retour à l’Armée le 2 septembre, il écrit J’ai un cafard terrible…Cuisine roulante. Aquarelle d’André RomandLa vie continue au moulin Cette année il n’y en a pas [de réquisition], mais nous avons reçu une circulaire, on nous dit bien que le commerce est libre et de ne rien demander au ravitaillement, qu’on peut acheter du blé dans tous les départements, c’est tout le contraire de l’année dernière Lettre que dans les tranchées Jules Bailly est toujours au sud de l’Aisne entre Craonne et Reims Je crois que c’est la dernière lettre que tu vas recevoir régulièrement pour la raison que je t’ai expliquée, mais tu sais les détails on ne doit pas en parler, c’est bien recommandé… Il pleut encore aujourd’hui et les boyaux sont pleins d’eau, on est frais, si tu voyais dans quel état de saleté… J’ai toujours les questions d’argent dans la tête. Je ne peux pas croire que tout cela est à nous, ça fait 65 000 francs que tu as gagnés en 3 ans… On peut vivre heureux après la guerre Lettre Le 24 septembre, il explique On s’amuse comme des gosses, ou du moins ceux qui veulent courir, sauter à saute-mouton, c’est malheureux des vieux comme nous de faire des bêtises pareilles, au lieu de nous faire travailler, soit disant pour nous assouplir… Enfin, le capitaine ne nous force pas trop…Et son épouse, qui n’apprécie pas particulièrement l’exercice militaire, lui répond, alors qu’il doit venir en permission J’ai encore de l’ouvrage de tracé pour t’occuper, surement que tu seras plus utile ici que de faire les bêtises qu’on vous fait faire et qui servent qu’à te fatiguer Lettre du dans les tranchées. Aquarelle d’André RomandPourtant, l’exercice continue Quelle vie pour des vieux comme nous, par une chaleur pareille, ce matin à 7 h en tenue et à l’exercice, des vrais gamins comme je te le raconte sur mes dernières lettres on marche à quatre pattes, on se porte les uns les autres, en avant, en arrière, à droite, à gauche, on saute sur un pied, et un tas de choses comme ça qui ne sont guère intéressantes pour moi, enfin on fait ce que l’on peut, mais ce soir je suis courbaturé Lettre du Maternité ». Aquarelle d’André RomandEn octobre, il est cuisinier Ça me fait de l’ouvrage, et j’ai un homme qui me donne la main, après il faut faire la vaisselle. L’essentiel, c’est que je suis tranquille pendant que les autres sont toute la nuit dehors exposés à tout, moi je suis au fond de mon trou .Jules Bailly a enfin une permission début novembre 1917, mais il semblerait qu’elle se soit mal passée et qu’il ait dû essuyer quelques reproches d’après sa lettre du 18 novembre Tu vois que, quoique tu avais bien de l’ouvrage, j’ai bien fait tout de même tout ce que j’ai pu pour vous rendre service. On ne peut pas m’appeler paresseux, enfin c’est passé n’en parlons plus, peut-être ma prochaine permission sera plus agréable .Il ajoute qu’il a le cœur gros. Il est maintenant en première se passe mal, l’état dépressif du soldat s’accentue, il devient agressif, jaloux de son épouse et de l’argent qu’elle amasse. Il s’en rend compte et s’en excuse auprès de Solange qui lui répond le 28 novembre Ta lettre d’hier m’a rassurée un peu, car ta lettre d’avant-hier m’avait rendue malade. Tu avais une rancune contre moi pour me faire de la peine, moi qui ne sais quoi faire pour te faire plaisir. Je vois quand même bien que la vie de la tranchée t’a bien aigri le caractère. Je le comprends très bien, mais il n’y a pourtant rien de ma faute, pas plus que de la tienne .Le ravitaillement. L’Illustration 6 novembre 1915. Col. Catherine TartreLe 1er décembre, le désespoir du soldat est à son comble On voit si souvent la mort de près qu’on ne peut pas tenir à la vie, et l’existence que l’on mène là vous change bien le caractère, et je ne suis pas le seul… On mène une vraie vie de sauvage marcher à quatre pattes souvent, parler à voix basse comme un bandit qui guette un honnête homme au coin d’un bois. Penses-tu que c’est une vie cela, ma pauvre Solange. Tous les civils on les a en horreur… Souvent tu ne comprends pas le fond de ma pensée, et moi je ne veux pas te la dire pour ne pas te faire de la peine, c’est terrible pour moi de vivre ainsi, car je ne t’ai jamais rien caché, tu peux me croire .Mais son épouse lui fait parvenir quelques chiffres et le moral remonte Maintenant, avec 3 305 frs de rentes, c’est quelque chose… Si les copains savaient, ils seraient furieux ; tu sais, ils n’aiment pas ceux qui placent, parce qu’ils disent que c’est pour faire des obus pour nous casser la g… ! [ Ils doivent encore 15 000 frs à l’ancien propriétaire du moulin et 1 000 frs à la Société Générale, et le reste est à eux.] Je suis au repos à Guyencourt…. Ce matin je suis allé à la visite, on voulait m’envoyer à Salonique, et si j’avais eu une bonne dentition je n’y coupais pas. Tu vois ce que c’est, je n’ai encore pas tout vu, mais le major m’a mis inapte par insuffisance de dents » Lettre du fin d’année arrive. Aux tranchées, le 24 décembre dans la nuit Je suis assis près de mon petit fourneau en train de faire mon jus… Les lettres ne sont pas parties à cause du changement, le ravitaillement n’a pas été tout seul. Je fais cuire pour 2 h du matin des châtaignes pour mon adjudant et demain il y a messe à 10 h du matin, bien sûr on ne sonnera pas les cloches, car à Berry18 il n’en existe plus que des morceaux… Il tombe de la neige, toutes les pistes sont recouvertes et c’est difficile à retrouver son chemin, si bien que hier encore peu nous portions la soupe aux boches au lieu d’aller chez nous !Et, le 28 décembre Les petits gâteaux [du colis] étaient délicieux, on ne dirait pas que c’est la guerre et que la pâtisserie est interdite19. Hier j’ai rapporté du ravitaillement 43 colis pour les 25 que nous sommes… Ici il y a beaucoup de camaraderie. Quand on reçoit quelque chose, c’est pour toute l’escouade. Mon copain de Baccarat avait 3 colis pour lui tout seul. Les autres, ça vient presque tous de leurs marraines de guerre, car ils sont tous garçons …Les marrainesAfin d’entretenir une correspondance avec les soldats isolés orphelins, venant des départements envahis ou des colonies, les recevoir pendant de courtes permissions et leur envoyer des colis, l’idée des Marraines » a germé dès janvier 1915, lancée par le journal l’Écho de Paris qui eut 11 000 filleuls. Puis des œuvres furent créées, comme la Famille du Soldat qui comptait 25 000 filleuls. Il y eut aussi des initiatives personnelles. Malgré les précautions prises, il y eut quelques débrouillards qui multiplièrent les marraines et firent du commerce avec les colis. Les dessins humoristiques publiés dans la presse de l’époque montrent que les maris n’appréciaient pas tous les relations épistolaires entretenues par leurs épouses. Le plus incroyable, c’est qu’au nom du patriotisme, des jeunes filles purent écrire à des inconnus, ce qui avait toujours été jugé inconvenant !Carte postale. Col. privéeLes marraines – Dessin l’Illustration du 21 juillet 1917. Col. Catherine Tartre Comment échapper à la guerre quand on est réserviste ?Avant de quitter l’année 1917, il est un point important du caractère de Jules Bailly que nous ne pouvons pas occulter Jules Bailly ne supporte pas d’être éloigné de son foyer, il n’est pas patriote, il le dit et l’assume Lettre du Sa priorité est de se maintenir en vie pour sa famille qui compte sur lui. Mais c’est un homme honnête, alors il fait son devoir et il prend son mal en patience car, comme tout le monde, il pense que la guerre sera courte et qu’il pourra rentrer rapidement chez lui. En attendant, il apprécie d’être boulanger C’est bien heureux que j’aie eu un métier comme ça pour être à l’abri des balles, car bien de mes camarades n’y seront plus Lettre du son épouse lui demande s’il va venir en permission, en février 1915, il ne se fait pas trop d’illusions, et sans coup de pouce, il ne pense pas y parvenir. Il suggère que son père fasse intervenir le député Paul Meunier. C’est le début de ses tentatives d’obtenir du piston choper le filon ! pour gagner quelques avantages et, plus tard, échapper au nous trouvons dans ses papiers le brouillon d’une lettre adressée le 18 juillet 1916 à Ferdinand Maison20, lieutenant-colonel,68 bis rue Jouffroy à Paris Je prends la liberté de vous écrire pour vous demander un petit service… Je suis en ce moment comme boulanger classe 1900, territoriale service Armée à Besançon butte. J’ai trouvé un camarade qui est à Troyes à la Chapelle Saint-Luc, également comme boulanger, classe 1999 territoriale service armée, qui ne demanderait pas mieux que de permuter avec moi, étant lui-même de Besançon… Le 21 août, le lieutenant-colonel Ferdinand Maison a envoyé un mot au capitaine de Jules Bailly, car la demande de permutation doit passer par la voie y a de nombreux brouillons de demandes de permutation dans le courrier du soldat, nous n’avons trouvé aucune réponse de la hiérarchie !En avril 1917, quand Jules Bailly arrive au front, il cherche frénétiquement un moyen d’en sortir Oui, j’ai toujours espoir de retourner dans une section, puisque la liste a été faite avant de quitter le dépôt, et il faut attendre que la circulaire revienne ; peut-être dans 15 jours ce sera fait. Du reste j’attends la réponse que je t’ai fait demander à Paul Meunier pour notre tranquillité à tous les deux, et tu verras que ce que je t’ai dit est vrai. Pour mes dents, je t’ai expliqué le motif pourquoi j’attendais, mais si ça ne vient pas j’irai voir le major et je me plaindrai en même temps de mon estomac. Je sais bien qu’on ne me proposera rien si je ne réclame pas, sois tranquille. Nous avons aussi écrit à Mme Préteux, de Paris, qui est présidente de la ligue des boulangers et qui s’occupe de nous. Nous attendons la réponse. Je crois même que la relève est arrêtée, donc il n’y a pas de raison pour que l’on nous laisse ici, surtout que la classe 18 va arriver… Lettre du on est au repos, c’est tout notre travail à nous que le génie ait besoin d’hommes, on y va faire du terrassement, quel métier à côté de la boulange… Je n’ai pas une bonne réponse de Paul Meunier, j’irai à la visite pour mes dents… Heureusement que tu me dis que tu m’enverras à manger, parce qu’on la crève Lettre du Préteux, elle dit qu’elle va s’occuper de nous, et pour Paul Meunier il n’a pas compris ce qu’on lui demandait, c’est pourquoi je lui ai écrit moi-même. Lettre du épouse répond le 18 mai Tu as bien fait de réécrire à Paul Meunier et au ministre pour savoir si réellement tu dois être relevé…Le 20 mai 1917, le soldat reçoit la réponse de Paul Meunier Cher ami, j’ai bien reçu votre lettre et j’ai fait une démarche auprès de M. le Ministre de la Guerre pour que vous soyez réintégré. Vous pouvez, de votre côté, faire une réclamation par la voie hiérarchique. Croyez à mon dévouement, Paul Meunier. »On m’a appelé pour faire un stage à l’arrière pendant une quinzaine de jours, c’est pour apprendre à lancer des petits obus avec le fusil. Ça n’a rien de mauvais, au contraire, on est toujours en 2e ligne. Ça sera autant de pris… J’écrirai peut-être un jour à Lesaché… Je veux chercher par tous les moyens à essayer de m’en sauver, quoique ça sera peut-être difficile Lettre du Ligue des Boulangères. Col. Patrice RomaryLe 17 juillet 1917 Hier j’ai écrit à M. Lesaché, à titre de renseignement, parce que pour les boulangers je crois qu’il ne faut plus rien y ne fonctionne, alors le 11 août 1917, le soldat écrit Depuis que j’ai quitté la tranchée j’ai laissé la popote. Je verrai plus tard. Ensuite je viens de me faire inscrire pour conduire les autos. On demande les classes 1900 et plus vieilles. J’ai encore la chance d’en faire partie. Il en faut 360 dans la division. Alors je pense avoir des chances de réussir ; nous sommes que 4 chez nous et il en faut 40 par bataillon, comme nous avons 9 bataillons, ça fait le compte. On peut toujours demander, ça ne coûte rien, et si ça réussit on serait toujours à l’abri. C’est tout ce que je cherche. Autant de demandes il y aura, autant j’en ferai, qu’en dis-tu ?Je vais aller trouver le chef ce soir pour mes dents, mais ne crois pas pour cela que l’on vous met à l’arrière. C’était bon dans les débuts, cela, il y en a bien d’autres que moi et qui sont avec moi. Tout d’abord on vous arrache tout étant au repos, il y a un service dentaire. Il n’y a que pour l’appareil que l’on va à l’arrière, et encore ça ne dure pas longtemps. Enfin je verrai. Quant aux autos, il ne faut pas désespérer, il n’y a rien de perdu encore Lettre du que Madame Gallimard ne puisse rien faire, il insiste le 22 septembre 1917 Tu pourrais emporter mes lettres à Mme Gallimard et lui demander si elle ne pourrait pas s’occuper de moi… Étant porté boulanger sur mon livret classe 1900, je n’aurais pas le droit de rentrer dans une formation, à Troyes par exemple… Peut-être as-tu l’occasion de la voir chez Maître Moutard, c’est une bonne personne. Mon colonel s’appelle Lourdel…Puis deux jours plus tard J’ai écrit à Mme Préteux, présidente de la ligue des boulangers, pour savoir si réellement il y a quelque chose pour nous. J’ai écrit aussi aux camarades pour leur demander comment ils s’y sont pris. Vois de ton côté si Mme Gallimard voudrait s’en occuper…Aucune démarche n’aboutit ! Les célébrités » auboises auxquelles Jules Bailly fait appel ••Paul Meunier 1871-1922 avocat, conseiller général et député de l’Aube de 1902 à 1919, journaliste au Petit Troyen, Paul Meunier s’est fait connaître lors de la Révolte des Vignerons puis, pendant la guerre de 1914-1918, pour son implication à défendre les libertés et les soldats.••Mme Gallimard, veuve du général Paul-Édouard Gallimard ; celui-ci, né et décédé aux Riceys 1837-1907, se distingue pendant la Campagne de 1870-71 puis lors de la campagne d’Algérie, il a été directeur de l’infanterie en 1887. Trois enfants dont un fils mort pour la France en 1914. ••Victor Lesaché 1860-1938, avoué ; il commence une carrière politique comme 1er adjoint au maire de Troyes, devient directeur du journal La Tribune de l’Aube qu’il dirige pendant la Grande Guerre, député de 1919 à 1928, puis sénateur de 1930 à 1938.••Le lieutenant-colonel Ferdinand Maison, mort pour la France ainsi que son frère, appartenait à une famille d’artistes installée aux Riceys. Son père, Louis Maison, avait fondé une célèbre entreprise de ferronnerie d’ MeunierVictor Lesaché1918 Au printemps, violente offensive allemande Jules Bailly est dans une unité combattante Le temps se passe, les jours se suivent, les mois coulent et on est toujours là21 »… Blessure et mort du Bailly commence l’année comme cuisinier des sous-officiers pendant les quelques jours qu’il passe au repos près des tranchées J’ai un peu de peine mais je suis exempt de toutes les corvées Lettre du 9 janvier, il est de retour en seconde ligne J’ai un copain qui a roulé dans un trou, adieu la soupe et les haricots… ! Je me suis grillé toutes les moustaches autour de mon fourneau, mais ça n’est pas grave, tu me reconnaitras quand même dans un mois…Il pense avoir bientôt une permission et compte les jours Je serai content de coucher au chaud dans un bon lit, voilà trois mois que je ne me suis pas déshabillé pour me ce temps, son épouse reçoit de nouvelles directives préfectorales Demain [pour le préfet] je dois faire l’inventaire de tout ce que j’ai en magasin comme blé et farine d’après leurs instructions que j’ai reçues. Ce que j’ai à moi doit être marqué sur une feuille marquée 60 c que j’ai achetée, alors je serai remboursée de la différence, puisqu’à partir du 15 il faut vendre la farine 51 frs, le transport sera le même 1,50. Le blé sera acheté 43,50 et maintenant moi je le vends 48… Sur une autre feuille je dois leur dire si je veux fournir en boulangerie ou faire la mouture à façon, mais il faut plus se payer en grain, on doit tout rendre aux cultivateurs et prendre 3,50 frs des 100 kg et le transport en plus. Mais pour nous c’est convenu que c’est impossible de faire cela, on le fera à ceux qui l’exigent et on fera comme on l’entendra. Ils nous font suer avec toutes leurs bêtises… Voilà 3 jours, impossible de sortir à cause du verglas, notre cour est comme un verre, elle est remplie de fumier pour ne pas glisser car la neige y a été tant tassée par les voitures qu’il y a un verglas à ne pas tenir Lettre du le 15 janvier, Jules Bailly est envoyé en première ligne Craonne, secteur du Choléra, boyau Gobereau.À 6 h il faut partir au ravitaillement, ça ira peut-être un peu mieux parce qu’on va avoir la lune ; cette nuit je me suis perdu tout seul, il faisait tellement noir et je tombais dans les trous d’obus, et avec cela la mitrailleuse boche nous tirait dessus, il fallait se coucher vivement. J’ai été au moins une heure pour me retrouver… Pourtant ça fait bien cent fois que je fais le chemin… C’est les sentinelles de nuit qui m’ont arrêté, sans cela j’allais voir Fritz le boche… Lettre du directives gouvernementales, concernant la mouture et les achats de grain, changent sans cesse et la meunière, en plus de son travail, doit les étudier afin de les suivre pour éviter des procès Maintenant je n’ai pas le droit d’acheter du blé pour les demandes du public, il en existe plus. J’ai le droit de moudre pour le public et le sac de blé doit me rapporter 7 frs rendu chez le client. Brégard [lieutenant de ravitaillement] a dit que j’avais le droit de faire 5 ou 6 kg d’évaporation, il m’a dit C’est les clients qui se sont plaints que le meunier leur prenait trop de farine, alors faites les payer autrement, voilà assez longtemps qu’ils nous ennuient à ce sujet ». Il passera simplement pour voir si on tire à 80 % et le son bien curé…. J’ai déclaré 75 sacs de blé qui représentent 60 sacs de farine à 51 frs maintenant, alors cette farine je la livrerai d’après les ordres du préfet aux boulangers qu’on me dira, et ma ristourne sera de 7 frs par sac de blé, donc 525 frs, tu comprends, car maintenant le sac de blé est vendu 43, alors tout le blé est pour les Grands Moulins Lettre leur nouvelle loi, il faut que je sois là continuellement pour rendre la monnaie de 3,50 et il faut qu’ils me présentent leur certificat pour mettre la quantité de blé qu’ils amènent, en voilà un fourbi… C’est de l’ouvrage aussi pour les maires ou les secrétaires, mais ils ont 25 centimes pour chaque bulletin que l’état paie Lettre du soldat a le cafard, il attend une permission qui ne vient pas il va l’avoir fin février. Pour maintenir son moral, il fait des comptes sur les enveloppes !Au moulin, les affaires ne faiblissent pas et la meunière joue avec l’argent Quel champ de foire c’était chez nous tous les gens de Balnot-la-Grange qui revenaient aujourd’hui chercher leurs sacs ! Il y avait réquisition d’avoine qu’ils ont conduit à la gare et tout s’est abattu dans notre cour, quel potin avec des chevaux entiers, ils ont dételé et attaché les chevaux après les roues. Dans ma journée j’ai fait 130 frs de mouture et André 107 frs et hier 150 frs. Je suis à mes 10 000 et pourtant j’en ai pris pas mal pour payer… Tu vois que pour moi l’argent est un jeu, il m’en passe dans les mains Lettre du mars-avril, Jules Bailly est en première ligne à Cormicy, au nord de Reims. Tu sais, je ne peux pas y tenir tellement j’ai froid aux mains et aux pieds, surtout depuis le matin jusqu’au soir à courir dans les boyaux pleins d’eau Lettre du soldats sont dans des sapes à douze mètres sous terre et il y a de nombreux énervé par les conditions de vie difficiles, le soldat se met en colère quand son épouse lui parle de ses procès Pour tes procès il n’y a rien à faire, c’est de votre faute, vous faites comme vous voulez malgré toutes les circulaires sévères que le préfet vous envoie. Que veux-tu que j’y fasse ? Tu ne te figures pas la vie que je mène, tu crois encore que c’est comme à Nantes ou à Besançon, où je rentrais tous les soirs… Quand on est aux tranchées, ce n’est pas croyable ce qu’on endure. Ceux qui se trouvent trop rationnés dans le civil n’ont qu’à aller faire un tour dans la Somme, et ne te mets pas en contravention pour eux. S’ils t’ennuient, ferme ta porte » Lettre du continue de frauder et André de ramener du grain interdit, le soldat se fâche le 27 avril Tu ne m’avais pas dit que c’était pour cette farine que tu avais eu un procès ou si c’est un nouveau que tu as encore eu, je ne comprends rien dans ce que tu m’expliques, ce n’est pas clair. Ce qui est certain, c’est que si vous ne faites pas attention aux circulaires que le préfet vous envoie vous ne gagnerez pas assez pour payer les procès, et après il faudra fermer…Et le 8 mai il persifle Je ne dépense pas un sou puisque j’ai à boire et à manger à discrétion. Quand j’irai en permission je te porterai [la solde de militaire] pour payer ton procès… Au front, les hommes sont épuisés, les malades sont nombreux. L’unité de Jules Bailly est envoyée vers Soissons Je crois que nous partirons en auto, car il y a une trotte d’ici et les hommes sont incapables de faire la marche tellement ils sont faibles .Solange, qui n’a toujours pas compris la discipline militaire au front, veut aller lui rendre visite Quant à venir me voir, ma pauvre Solange, c’est impossible, car on ne sait jamais si on est là pour un jour ou deux ou davantage… C’est l’infanterie qui est la plus malheureuse et la plus exposée, les artilleurs sont tous des embusqués à côté de nous Lettre du Bailly est blessé le 28 mai 1918Nous apprenons par une lettre de son frère Henri Bailly, datée du 9 juin, que Jules Bailly a été blessé le 28 mai, et évacué vers l’hôpital complémentaire n° 234, rue Notre-Dame-des-Champs à Paris, VIe. Sa femme et sa fille lui rendent visite, c’est la dernière fois qu’elles le a été blessé par des éclats d’obus à l’épaule soignée rapidement et à la jambe qui ne guérit blessé hospitalisé. Aquarelle André RomandLes hôpitauxLes blessés reçoivent les premiers soins dans une ambulance unité mobile de soins le plus près possible du front, puis ils sont évacués vers un hôpital proche qui va les stabiliser avant de les évacuer à l’arrière afin de garder des places disponibles près des zones de combat. Il y avait des hôpitaux gérés directement par l’Armée ambulances et hôpitaux complémentaires, des hôpitaux gérés par les différentes branches de la Croix Rouge les hôpitaux auxiliaires ou temporaires, les hôpitaux municipaux, les hôpitaux privés, les hôpitaux mixtes militaires et civils.Nous avons répertorié vingt-huit hôpitaux dans l’agglomération troyenne pendant toute la durée de la guerre, dont l’hôpital des Jacobins hôpital auxiliaire n° 2 dépendant de la Croix Rouge/SSBM dirigé par le docteur Charles Bailleul 1876-1941, spécialiste en chirurgie osseuse, qui accomplissait des miracles. Mais c’est l’Armée qui décidait où envoyer les blessés et elle ne pouvait prendre en considération le domicile des soldats afin de les rapprocher de leur famille !Carte Postale . Col. privéeVers le 15 ou 16 juin, le blessé est envoyé à l’hôpital complémentaire n° 9 à le blessé louait les soins et l’organisation de l’hôpital de Paris, autant il se plaint de l’hôpital d’Agen Quel sale hôpital à côté de là-bas, quel mauvais lit et que c’est malpropre ! On crache partout, on arrose et un coup de balai, c’est tout… Depuis que je suis ici, je ne suis pas encore lavé, on ne me donne pas d’eau… Ici on ne sait pas ce que c’est que de faire votre lit. Comme nourriture, on la saute. Petit déjeuner comme les prisonniers, un verre de café non sucré et un morceau de pain noir, avec cela on va jusque 11 h ; voici le menu de midi mauvaise soupe, une portion de bœuf et un peu de pois cassés en purée, un verre de vin et c’est tout, jamais de dessert… Je ne souffre pas beaucoup, mais pour me tenir debout il n’y a rien de fait, ma jambe devient toute bleue, toute rouge, et elle gonfle à vue d’œil Lettre du est opéré de la jambe à nouveau le 24 juin. Il réclame des colis mais, avec la fièvre, il ne peut rien 6 juillet, il écrit à son épouse Ma pauvre Solange, que tu dois être fatiguée le soir, et moi qui suis au lit toute la journée…Cimetière Les croix de bois. Aquarelle André RomandVers la mi-août, il est envoyé à la station balnéaire de Barbotan22. Il va aux bains le matin et ses plaies cicatrisent, mais sa jambe reste très blessure va de mieux en mieux, mais cette patte, quoique désenflée, ne veut toujours pas marcher, ma jambe est plus longue que l’autre et je crois bien avoir la rotule au genou déplacée, j’ai toujours ma jambe raide et je ne peux pas plier le genou… On me dit que ça se remettra, je ne sais qu’en penser… La cuisine est très bonne et il y a de quoi manger, je n’ai besoin de rien. Je n’ose pas te le dire, mais je trouve le temps long Dernière lettre du 18 août 1918.Jules Bailly décède à Barbotan le 28 octobre militaire de décès de Jules Bailly. Col. Patrice RomaryConclusionLa Grande Guerre, qui fut la guerre de tous, civils et militaires, jeunes et vieux, hommes, femmes et enfants, a révélé des caractères hors du commun et des comportements exceptionnels. Il n’y a cependant pas eu que des héros, il y avait des citoyens ordinaires qui voulaient juste vivre et ne comprenaient pas trop ce qui se passait, ni les contraintes auxquelles il fallait se Bailly sont des citoyens ordinaires, plus préoccupés par leurs affaires et leur vie propre que par des considérations politiques qui les dépassent et n’ont pas leur place dans leur vie eux, seules la famille proche et leurs affaires comptent, les Allemands, ils ne les connaissent pas et ne les ont jamais vus… Chacun va cependant faire son devoir le soldat à l’Armée, au poste qui lui est assigné, sans état d’âme et ayant fait à l’avance le sacrifice de sa vie », et son épouse à mener leurs affaires afin d’éviter la ruine de la famille. Leur témoignage est remarquable, car il nous fait entrer directement dans la vie de tous les jours des années de guerre. Jusqu’à fin 1917, nous sommes loin des batailles et pourtant leur écho résonne dans la vie quotidienne intendance des soldats du front, travaux d’aménagement à l’arrière pour le militaire Jules Bailly, règlementation stricte des moutures et encadrement du commerce, réquisitions des grains, farines et chevaux, restrictions alimentaires, limitation des libertés, privations diverses pour la meunière restée au foyer. Puis le courrier de 1918 nous plonge dans l’horreur du front avec, en marge des combats, l’épuisement et le désespoir des lettres représentent quelques feuillets d’histoire en marge de la grande Histoire à laquelle ils donnent vie en l’insérant dans un contexte monument aux morts des Riceys. Cliché Catherine TartreL’auteure remercie vivement son collègue Patrice Romary, membre associé de la Société académique de l’Aube, qui lui a confié pour étude les courriers envoyés pendant la Grande Guerre par Jules et Solange Bailly. Le panier contenant les lettres a été retrouvé récemment dans le grenier du moulin par sa propriétaire actuelle. Il n’a malheureusement pas été possible, à ce jour, de retrouver des descendants de cette famille qui n’habite plus aux Catherine Tartre, ancienne présidente de la Société académique de l’Aube, spécialiste de la Grande Guerre dans l’Aube, est à l’initiative du projet L’Aube dans la Guerre, 1914-1918 », recueil de trente-neuf conférences éditées par la SAA en 2016. Elle a également participé à l’exposition conçue par le Département de l’Aube Si près des tranchées, l’Aube en 1916 ».Les aquarelles qui illustrent cet article ont été réalisées par l’artiste peintre André Romand Troyes 1889 -Troyes 1982. Après un bref retour dans son foyer après son service militaire, André Romand est mobilisé à nouveau en 1914. Il est affecté au 25e Régiment de Dragons puis change plusieurs fois de régiment pour terminer au 240e Régiment d’Infanterie. S’il n’a laissé aucune note sur les années de guerre, dès qu’il en avait le loisir, il dessinait et peignait ce qu’il voyait des ruines, des paysages tourmentés, des morts, des blessés, ses compagnons et même les soldats alliés ou ennemis qu’il rencontrait. Au retour de la guerre, il a rangé ses dessins, ses aquarelles et repris, comme beaucoup d’autres, le cours de sa vie. Ses aquarelles ont été retrouvées il y a quelques années, dans le grenier de la maison familiale, par son petit-fils Sylvain remercions Sylvain Romand qui a autorisé leur TartreParu dans le Monde des Moulins n°66 – Octobre 2018°66 – Octobre 2018Notes 1. C’est le seul village de Champagne qui bénéficie de trois appellations contrôlées Champagne, Coteaux champenois et Rosé des Le village des Riceys est né du regroupement de trois villages Ricey-Bas, Ricey-Haut et Jules a deux frères mais comme la boulangerie lui appartient, il a probablement acheté leurs parts. 4. La Laignes est régie par le règlement des cours d’eau non navigables ni Sa construction remonte aux temps les plus reculés », Règlement d’eau, arrêté de 1862 AD S766.6. La Laignes est un affluent de la Seine, alimenté par de nombreuses sources, au débit Jules écrit bien et ses lettres ont été transcrites pratiquement sans modifications. Il n’en est pas de même pour Solange, parfois difficile à déchiffrer, et qui saute souvent des mots. Lors de ses démêlés avec la Justice ne précise-t-elle pas qu’elle a été scolarisée jusqu’à l’âge de 9 ans seulement, ensuite elle a travaillé. Elle écrit probablement comme elle parle et ses courriers reflètent le parler local. Certains textes ont été complétés au mieux afin d’en restituer le sens .8. Ces lettres appartiennent à Patrice Romary, président de la section des Riceys du Souvenir Français, qui a prévu d’ouvrir un petit musée de la Grande Guerre aux Riceys et d’y déposer le panier de Les Allemands n’ont pas brûlé le camp militaire de Mailly, créé en 1900, qu’ils souhaitaient utiliser. 10. Les stations-magasins avec bâtiments administratifs et boulangerie de campagne dépendent du ministre de la Guerre qui les répartit sur le territoire et indique à chacune les effectifs qu’elle a à alimenter. 11. Le pain militaire par X, attaché d’intendance aux armées – le pain civil par Ch. Heudebert, conseiller du commerce extérieur de la France l’Illustration du 29 septembre Le 9e bataillon de chasseurs à pieds était en garnison à Celles-sur-Ource où l’unique boulangerie du village devait être Nicey et Molesme sont deux villages de la Côte d’Or situés à quelques kilomètres des Beaucoup de commerçants et artisans durent fermer lors de la mobilisation, privant ainsi leur famille de moyens de Ferme tristement célèbre par le triple crime qui l’a ensanglantée la nuit de la Saint-Vincent en Le concurrent de Délibérations publiées par Alphonse Roserot dans la Collection de documents inédits relatifs à la ville de Troyes et à la Champagne méridionale, tome III, à Troyes, lib. Léopold Lacroix, Berry-au-Bac, au sud-est de Craonne, lieu de batailles sanglantes en avril Un décret du 19 avril 1917 règlementait et limitait la fabrication et mise en vente des pâtisseries, biscuiteries et Fils de Louis Maison, fondateur des Etablissements Maison, entreprise mondialement connue de ferronnerie d’art aux Riceys. Les deux fils de Louis Maison, dont Ferdinand, étant morts pour la France, c’est le petit-fils, Jean Moutard, qui succèdera à son grand-père en Lettre de Jules Bailly du 24 avril Station thermale du Gers spécialisée en phlébologie et rhumatologie. Nombre de vues 801
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farinede froment, eau, farine de seigle, levure, sel. tarwebloem, water, roggebloem, gist, zout. tarwemeel nn. Étape 1 - Préparer les matières premières dans les proportions suivantes: 10 l d'eau, 470-1000 g de sucre, 5-6 kg de farine de froment, 150-200 ml d'huile de colza. Fase 1 - De ingrediënten worden in de volgende verhoudingen klaargezet: 10 l water, 470-1000 g

Les céréales sont essentielles à notre alimentation, il est nécessaire d’en consommer quotidiennement. Elles apportent une quantité importante de glucides complexes, de protéines et de fibres ainsi que de nombreuses vitamines dont nous avons chaque jour besoin. D’après les historiens de l’alimentation, on cultivait déjà des céréales au Ve siècle avant JC. Les céréales font d’ailleurs largement partie de l’identité culinaire de nombreux pays le millet en Afrique Noire, le riz en Chine, les pâtes en Italie, le pain en France ou les flocons d’avoine dans les pays nordiques. On en dénombre 13 variétés le blé tendre ou froment, le blé dur, l’orge, le riz, le maïs, le seigle, le sarrasin, le millet, le sorgho, l’avoine, l’épeautre, le triticale, l’ santéLes céréales contiennent de nombreux nutriments indispensables à notre équilibre. Elles sont un concentré de bienfaits riches en glucides complexes 60 à 70g/100g pour les céréales complètes, en protéines végétales 10% en moyenne pour les céréales complètes, en vitamines du groupe B B1, B2, B5, B6, PP et l’acide folique B9, en vitamine E aux propriétés anti-oxydantes et pauvres en lipides 1 à 5 %. Les céréales complètes apportent de plus des sels minéraux, oligo-éléments magnésium, fer,potassium et des fibres. Les céréales sont aujourd’hui en perte de vitesse dans la composition de nos menus depuis plus d’un siècle. Leur faire reprendre leur place est un des neufs axes prioritaires du PNNS Programme National Nutrition-Santé. Celui-ci recommande d’augmenter la consommation de glucides complexes afin qu’ils contribuent à plus de 50% des apports énergétiques journaliers …, de réduire de 25% la consommation actuelle des glucides simples, et d’augmenter de 50% la consommation de fibres ».De quelle manière ?En variant les sources de céréales et en favorisant les aliments céréaliers céréales privilégier? Lorsque c’est possible, il faut consommer les céréales complètes, comme le riz brun, le blé, l’avoine ou le seigle. Elles s’opposent aux céréales raffinées dont on a retiré l’écorce pour ne garder que l’amidon. Le grain complet renferme en effet des protéines, des fibres, des oligo-éléments et minéraux sélénium, zinc, cuivre, fer, magnésium et phosphore ainsi que des vitamines E et B.Une fois transformées, les céréales constituent la base d’un grand nombre d’aliments de consommation courante. Les farines de blé, de seigle, de froment... permettent de fabriquer le pain de boulangerie, le pain de mie, les biscottes, la pâtisserie, les biscuits, les semoules, les pâtes etc... Le riz, le blé tendre, l’avoine et le maïs, souvent associés à des fruits secs comme le raisin, la pomme, la noisette, l’amande, constituent les müeslis et céréales des petits déjeuners. Il existe également des boissons à base d’orge comme la bière, qui est certes d’origine céréalière, mais qui ne présente pas du tout les mêmes propriétés nutritionnelles. A boire avec modération ! Les bons réflexes au quotidienConsommez au moins une portion de céréales ou de produits à base de céréales à chaque repas. Par exemple, au petit déjeuner, du muesli ou des céréales en pétale ou soufflés, des pâtes fraîches au déjeuner, et un morceau de pain au dîner, de préférence les types de pain, de pâtes, de riz, de semoules et de farines en piochant des idées dans les recettes de cuisine de nos régions ou d’ailleurs. Pour ne pas lasser les papilles et rompre la routine culinaire, amusez-vous à remplacer l’accompagnement de vos viandes ou poissons par des céréales oubliées » comme l’épeautre, le millet ou l’ n’oubliez pas que pour se maintenir en bonne santé, il est important d’avoir une alimentation variée, équilibrée et savoureuse !ALLER PLUS LOIN Pour en savoir plus, retrouvez un dossier complet sur les omégas 3 sur bien et équilibré c'est possible ! Découvrez les conseils de Laurence Levy sur Terrafemina !
Iln y demeura que l’écorce ce qui ne rendoit point de farine mais pour cela ils n en furent pas moins bons à semer et ce bled qui paraissoit si petit et si mauvais poussa de merveilles; pour les orges ils ne furent pas si perdus que les bleds. On ceuïllit encore dans la paroisse de René des bleds environ le quart d’une année commune, dix gerbes ne rendoient que trois quartrons (*) Mis à jour le 15 mai 2020La farine est un type d’aliment qui existe une grande variété de types et de version. Obtenu grâce à la mouture de certaines graines de céréales et de végétaux farineux, elle sert de base pour une grande variété de préparations, tels que le pain, les gâteaux et viennoiseries. Les apports nutritionnels de la farine dépendent ainsi de son type. On peut retrouver actuellement la farine de blé, la farine de châtaigne, la farine de sarrasin, la farine de maïs ou encore la farine de riz et de seigle, parmi tant d’autres. Le plus souvent cependant, la plus utilisée et la plus connue sont la farine de froment. Afin de pouvoir déterminer sa teneur en protéines, il faut se rapporter davantage à son type et le procédé de de protéines dans la farine ?En moyenne, une portion de 100 g contient dans les 10 g de protéines. Toutefois, cette valeur nutritionnelle varie en fonction du type de farine. La farine de froment ou la farine de blé tendre apporte 11,4 g de protéines dans une portion de 100 g. Dans la farine de noix cependant, la teneur de protéine est à hauteur de 45 %. Ainsi, la teneur en protéine de la farine varie également selon le type de graines céréales ou de végétaux utilisés dans sa conception. La farine de kamut, de lupin, de quinoa, de soja, de pois chiche et de lentilles représente celles qui sont particulièrement riches en protéines. On les conseille davantage dans les régimes alimentaires des sportifs et de pratiquants de la actifs et propriétés dans la farineQuel que soit le type de farine, il s’agit avant tout d’un aliment particulièrement riche en amidon et donc en glucides. Dans la généralité des cas, la farine contient dans les 8 à 12 % de gluten, l’élément nutritionnel à la base de la protéine. Sa maigre teneur en matière grasse ou en lipides, qui n’est que de 2 % tout au plus, l’intègre parmi les aliments de base dans un régime alimentaire spécial pour glucides connus généralement sous forme d’amidon, les glucides figurent parmi les éléments nutritifs essentiels pour les sportifs. Il s’agit effectivement du carburant principal dans la formation des muscles. Si les protéines sont indispensables comme source d’énergie pour le corps, les glucides aussi tiennent un rôle principal dans l’aide à la performance. Les glucides sont présents jusqu’à près de 70 % dans la farine. Pour un sportif, le besoin de glucides est plus élevé. Il doit effectivement assouvir les besoins de son corps pour fournir les efforts nécessaires lors des entraînements, tout en assurant les besoins de son organisme pour le fonctionnement et la formation des lipides chez les sportifs, surtout ceux qui pratiquent la musculation, les lipides sont essentiels. Ils contribuent effectivement à l’acquisition de l’énergie. Les lipides sont présents à une certaine teneur, entre 1 à 4 g dans 100 g. Outre son rôle comme substrat énergétique, ils servent aussi pour une meilleure cicatrisation musculaire en cas de blessure et d’ les plus importantsCe qu’il faut savoir, c’est que plus son type est élevé, plus elle peut contenir plusieurs minéraux essentiels à l’organisme. Le phosphore, le magnésium et le fer sont des nutriments importants pour les sportifs et certains types de farine en sont particulièrement riches. Elle apporte également des vitamines. Le plus souvent, on retrouve les vitamines B, E, PP, A, D et vaut une portion de farine ?Parmi les différents types de farine, on retrouve le plus souvent dans les préparations la farine de blé dont l’indice glycémique est de 85 avec un apport en protéine de plus de 11 g dans une portion de 100 g. Toutefois, on recommande la farine de blé complet qui est bien plus riche en protéine, avec une teneur de près de 15 g dans une portion de 100 g. Pour les apports en glucides, lipides, phosphore, magnésium, calcium et vitamines, la teneur va dépendre du type de farine. À titre d’exemple, la farine de lupin est plus recommandée aux sportifs, comme elle est particulièrement riche en fibres et en aliment idéal pour la musculation ?Parmi les aliments les plus conseillés aux sportifs sont les céréales et les aliments à base de farine telle que le pancake. La grande contenance en glucides et protéines l’intègre parmi les aliments nécessaires à ceux qui pratiquent une discipline sportive, particulièrement les pratiquants en musculation. Cependant, sa consommation doit respecter une certaine proportion en fonction de la discipline pratiquée et des objectifs. duGroupe de Lagny qui magnifièrent les bords de Marne. En vous promenant le long de la Marne, vous comprendrez que ces paysages ont séduit de nombreux artistes. Le premier salon de peinture de Lagny ouvre ses portes en 1899. Luce ou Rodin font le voyage, tandis que les peintres de la Marne, Eugène Froment ou encore Henri Lebasque, s’y
La farine de sarrasin est réputée pour sa composition naturelle exempte de gluten. Outre sa saveur particulière qui réjouit les gourmands, la farine de sarrasin est l’incontournable à avoir dans ses placards de cuisine, pour les intolérants / allergiques ou ceux qui pratiquent une alimentation limitée en gluten. Découvrons ensemble les bienfaits du blé noir ».J’enfile ma casquette de “Bibi l’experte” et munie de ma loupe, nous allons explorer cette céréale pourvue en protéines de tout…📌Cependant, je tiens à préciser que toutes ces informations sont le fruit de mes recherches et expérimentations personnelles. Elles sont le reflet de mes croyances donc ne prenez rien pour acquis. Je vous invite aussi à faire vos propres investigations et expériences afin que vous trouviez également ce qui fonctionne pour vous, car nous sommes tous Le sarrasin est une graine de fruitEn premier lieu, cher lecteur, je vous livre un scoop le sarrasin n’est pas un dérivé de la famille du blé. Par conséquent, il est surnommé blé noir » à tort, car c’est une plante à alors d’où tient-il son nom me diriez-vous ?Le sarrasin en fleurs2. Il était une fois…Il s’agit en fait d’une graine de fruit bien que beaucoup croient que le sarrasin soit un grain suppose que le nom anglais buckwheat vient du mot néerlandais bockweit, qui signifie littéralement blé de hêtre » à cause de la forme du sarrasin qui ressemble à celle de la faîne le fruit du hêtre et de ses caractéristiques similaires à celles du le sarrasin est une plante à larges feuilles originaire du nord de l’Asie et membre de la même famille que la rhubarbe et l’ grains sont marron et sont environ de la même grosseur que les graines de soja avec une forme graines de sarrasin pour être transformées en farine de sarrasin3. Côté cuisine ailleursBien que le sarrasin soit principalement moulu sous forme de farine, il est utilisé dans une variété d’aliments, comme les nouilles au Japon. En effet, elles servent d’ingrédient de base à la fabrication des pâtes Amérique du Nord, il sera utilisé pour faire des crêpes et des céréales. Quant aux Russes et les Européens de l’Est, ils utilisent le sarrasin dans une grande variété d’ nouilles au sarrasin4. Les déclinaisons du sarrasinNous le trouvons sous différentes formes moulu,entier,écalé blanc,grillé kasha,concassé gruau.Dans cet article, nous nous intéressons à la forme moulu » mais jetons un rapide coup d’œil sur le son et le kasha ». Le son de sarrasinLe son de sarrasin est extrêmement nutritif, riche en fibres, en protéines, en fer et contient un bon nombre d’antioxydants qui aident à recharger votre système Le sarrasin décortiqué grillé appelé kasha »Le gruau rôti, aussi appelé kasha, est cuit comme le riz et peut être utilisé comme plat d’accompagnement en protéines végétales, servi avec des pois kasha a une saveur corsée et terreuse et peut constituer un ajout délicieux aux soupes et aux Graines de sarrasin suggestion de recette salée et En cuisine Compter 60 g / minutieusement les grains entiers sous l’eau. Cuisson 3 mn eau bonne cuisson des graines de sarrasin rincez-les et faites-les cuire dans 1,5 fois leur volume d’eau salée, à couvert et à feu doux, environ 5 min. Pas plus, c’est très rapide !!Laissez ensuite reposer dans la casserole toujours couverte. Le kasha peut également être consommé cru, apportant du croquant à une salade, des fruits de mer, une viande grillée, un poisson blanc… En pâtisserie Dans la recette de la crème dessert au chocolat à base de tofu soyeux, je vous livre une astuce pour apporter un topping original et croquant Faîtes revenir dans une poêle huilée et bien chaude les graines de sarrasin décortiquées. Bien remuer afin que le sarrasin soufflé ne brûle pas. L’odeur de grillé vous rappellera celle du pop corn. Réservez à température ambiante avant décoration et dessert au chocolat et tofu soyeux6. Farine de sarrasin la choisir bioElle existe en bio, mais la culture de cette plante rustique, qui pousse sur des sols pauvres, ne nécessite pas de pesticides. Toutefois, une préférence pour la farine de sarrasin à la meule de pierre la mouture est plus grossière, l’amidon moins abîmé a un index glycémique plus bas et les micronutriments sont mieux regarde aussi la date elle contient un peu de lipides, qui s’oxydent vite. C’est pourquoi il est recommandé de la garder au frais dans un paquet bien refermé et de la consommer dans les deux mois au couleur grise apporte une jolie couleur brune aux préparations et sa saveur particulière, une note très prononcée de sarrasin appartient à la même famille que la rhubarbe ou l’ l’utilise aussi bien en salé cake salés, pâte à tartes, pains, galettes… qu’en sucré pour des gâteaux, biscuits….Elle se marie parfaitement avec les saveurs délicates du miel et du chocolat, ainsi qu’avec les fruits secs et les fruits d’automne pomme, poire, orange.Recette pour des galettes réussies 100 % au blé noir »Pour commencer, mélangez dans un saladier 200 g de farine de sarrasin blé noir et 5 g de sel. Ajoutez progressivement 40 cl d’eau en mélangeant à l’aide d’un fouet. Filmez et laissez reposer 1 h minimum. Enfin, ajoutez 30 g de beurre fondu, avant de faire cuire la pâte dans une poêle beurrée. Pour les garnitures, vous avez du choix saumon, légumes cuits, jambon…Bonne crêpe party !!7. La farine de sarrasin utilisée dans les mélangesLa farine de sarrasin peut présenter un goût nettement plus amer que celle de la farine de blé, c’est pourquoi elle est rarement utilisée seule. Sa texture est très dense et son goût très est particulièrement intéressant de l’associer le plus souvent à d’autres farines neutres maïs ou riz, ou les fécules ou amidons, qui permettent d’aérer et d’alléger les cela, il est aussi possible de rajouter un liant naturel comme de la gomme de xanthane et ou de la gomme de guar pour combiner toutes leurs propriétés. En plus d’apporter de l’élasticité et faciliter la levée de vos pâtisseries Gomme de xanthane ½ à 1 cuillère à café pour 200 g de farineGomme de guar 1 cuillère à café pour 200 g de farineDans les mélanges de farines, la farine de sarrasin ne représente généralement pas plus de 30 % de la quantité totale de de mélanges avec la farine de sarrasinPour des biscuits 70 % farine de riz + 30 % farine de sarrasinPour des cakes et gâteaux 40 % farine de riz + 30 % fécule ou amidon + 30 % farine de sarrasinPour une pâte à tarte 35 % farine de sarrasin + 35 % farine de millet + 30 % fécule ou amidonDIY votre mix maison » sans glutenAu fond, le plus simple est de préparer votre propre mélange de farines sans gluten en prenant comme produit principal la farine de vous pouvez tester le mélange suivant pour réaliser un kilo de farine sans gluten 450 g de farine de riz,300 g de fécule de maïs,150 g de farine de sarrasin,100 g de farine de est recommandé de la conserver dans un bocal remplacer 100 g de farine de blé 30 % de farine de riz + 40 % de farine de sarrasin + 30 % de fécule de maïs = saveur apportée par la farine de sarrasin 8. Farine de sarrasin label IGPPour être sûr d’acheter une farine vraiment originaire de Bretagne, préférez les paquets de farine vendue sous l’appellation Farine de blé noir de Bretagne IGP ». Finalement, c’est ce qui vous garantit un suivi qualitatif du produit tout au long de la filière,dans une zone de production et de transformation située en Bretagne,avec une culture propre sans utilisation de produits Farine de sarrasin et ses valeurs nutritionnellesComme je l’ai mentionné ci-dessus, privilégiez la farine de sarrasin de qualité car c’est une farine dépourvue de gluten à 100 %.Nous ne sommes jamais assez prudents face à l’industrie effet, de nombreuses farines de sarrasin du commerce contiennent du gluten sous forme de traces. Allergiques au gluten, ouvrez bien l’œil !!Bibi l’experte c’est moi est devenue une inconditionnelle descripteuse » de liste d’ingrédients. C’est la démarche pour gérer le bon carburant introduit dans son organisme. Mais à bien considérer les choses, Bibi l’experte évite certaines marques par manque de sérieux et dépourvues de de sarrasin une source de nutrimentsDonc pour profiter au max du gage qualité », les effets bénéfiques de la farine de sarrasin sont dus en partie à sa haute teneur en flavonoïdes, particulièrement en rutine. La rutine est un phytonutriment qui accroît l’action des antioxydants comme la vitamine C. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle le sarrasin protège des maladies ce fait, la farine de sarrasin est une très bonne source de est également une bonne source de magnésium, de protéines et de fibres alimentaires et solubles non elle favorise la satiété et diminue le cholestérol sans oublier le sucre sanguin. Toutefois, à noter que la farine de blé noir contient environ 340 kcal pour 100 g, ce qui est sensiblement la même chose que la farine de Farine de sarrasin son indice glycémiqueSon indice glycémique est moyen IG index glycémique varie toutefois en fonction du mode de broyage, meule de pierre ou cylindre, mais aussi de la cuisson et des autres aliments consommés. Autrement dit, des galettes accompagnées de confiture auront un IG relativement élevé, tandis que celui des galettes jambon-fromage sera plutôt ce fait, à vous de jouer les équilibristes tout en gardant la notion se faire plaisir ».Gâteau au chocolat sans gluten et veganCe gâteau au chocolat moelleux sans gluten et vegan cuit à la vapeur douce offre une texture bluffante. La ganache apportera de la douceur sucrée. Alors ça vous dit de découvrir une recette facile à réaliser avec une seule farine ?Découvrez la recette ici11. La farine de sarrasin conservationComme toutes les farines, la farine de sarrasin ou de blé noir se conserve dans une boîte hermétique, à l’abri des insectes et dans un endroit sec et si possible plutôt elle contient un peu de lipides, qui s’oxydent vite. C’est pourquoi il est vivement recommandé de la garder au frais dans un paquet bien refermé où elle gardera sa fraîcheur plus longtemps et de la consommer dans les deux mois au maximum. 12. En fin de compte…De toute évidence, la farine de sarrasin est riche en nutriments et dépourvue de gluten. Elle convient parfaitement pour un régime sans farine de caractère, au goût prononcé de noisette, nous évoque la Bretagne, et plus précisément, les galettes salées qu’on déguste à la crêperie avec une bolée de cidre. D’ailleurs, lors de vos excursions sur les marchés bretons, qui a déjà goûté à la fameuse galette / saucisse servie bien chaude ? Même à 10h du matin, ça passe. En plus d’être un aliment minceur et antioxydant, anticholestérol, antidiabète, détox, c’est aussi l’ alicament » par excellence et favorise également le il est recommandé de privilégier la farine sous l’appellation farine de blé noir de Bretagne IGP », sans trace de pour confectionner des gâteaux, elle sera mélangée à une autre farine sans gluten, fécule ou amidon et si besoin de la gomme de guar ou xanthane pour obtenir moelleux et le sarrasin est aussi bon pour la planète car il ne supporte pas les herbicides et les produits somme, par les temps qui courent, c’est un aliment bon et sain, à consommer sans grand merci d’avoir lu l’article jusqu’au bout sans vous lasser, piquer du nez sur votre android ou le clavier de votre ordi.🙏Ainsi, je vous dis, à bientôt, pour la suite du Festival des farines » pour découvrir de nouvelles farines sans oublier conseils et astuces pour réussir simplement et facilement vos gâteaux SANS GLO gluten, lactose et oeufs AVEC goût. Ensemble, pas à pas 😁✅Laissez-moi votre commentaire ci-dessous. J’adore les mots doux. J’ai hâte de savoir si cet article vous a éclairé sur le fameux blé noir » et comment le cuisinez-vous ?
îCette lettre d’ Alphonse Daudet, est diffusée en mode manuel. Pour vous permettre de suivre le fil du conteur, en l’occurrence Fernandel, nous vous conseillons de saisir votre souris, et délicatement avec votre index, d’appuyer sur sa touche gauche.
Paroles de la chanson Crêpes Au Froment par Fatal Bazooka Ouais gras ! C'est Finister amer Wech? tant mieuch! Wesrt side pépére West coast d'Armor Bretagne hardcore du bon son à l'Armoricaine Made in Perros Guirec La bretagne sa vous gagne Et nous avec des crêpes on vous soigne! Biniou! Représente le rap de Finister en direct Live de Quimper Kenavo? nan na va pas Mec, c'est l'an 2000 on mage n'importe quoi Regarde un peu c'que t'as dans ton frigo Mate l'état de ton ventre après un MacDo Ballonement, crise de fois et tein blafard Alors écoute avant qu'il sera trop tard avant que tu sera obèse comme ces riquains les batards on est pas venu pour jouer les parents chiants Mais un conseil mange des crêpes au froment Crêpes au froment crêpes au froment c'est bon, c'est sain dedans y'a jamais d' colorant Crêpes au froment crêpes au froment C'est bon, sa nous vien du pays des cormorans Crêpes au froment crêpes au froment si tu les cuis trop lontemps ça devien collant Crê^pes au froment Crêpes au froment Crêpes au froment Crêpes au froment Crêpes au froment ouais dis leur toi aussi Profonnation Fonki que tu fais des crêpes provençales Dans ma ville, on craint le beurre, ta galette on s'en bas les c', On cafi d'huile d'olive même les croissant au beurre Contrebande, la bouillabaisse s'empèque dans la légende j'mange du pistou, je te le crie bien fort pour bien qu't'entendes franchement, ton Kouin Aman c'est trop caguant, j'me cafi de croustades, le reste c'est trop bidan Planète Mars, représente l'aÏoli, Zou, vé le ouaÏ cané de longue du pastaga du frit conflit... Oh mais t'es au courant qu'on comprend rien à ce que tu manges? -Quoi qu'est ce que t'as toi tu fais le cacou? -bah c'est pas ça y'a un menu plus précis faut ma,ger des... Crêpes au froment crêpes au froment c'est bon, c'est sain dedans y'a jamais d' colorant Crêpes au froment crêpes au froment C'est bon, sa nous vien du pays des cormorans Crêpes au froment crêpes au froment si tu les cuis trop lontemps ça devien collant Crê^pes au froment Crêpes au froment Crêpes au froment Crêpes au froment Crêpes au froment Alors dis leur toi aussi grand cul malade... j'voudrai jeter un slam contre ce fléau qu'est la malbouffe Une calamité qui à chaque repas met mon cul dans un état de ouf La prochaine fois, j'mangerais des crêpes... Mais si t'aime pas l'froment flambé au chougène Y'a pas de problème mon grand, pas d'quoi avoirs la haine Si t'es pas trop sucré, si t'es plutot salé si nutella chantilli sa t'fous la rage mange une crêpes andouillette, huitre, jambon fromage Tu vas m'dire que c'est pas sain mais tout aussi aussi bien que de manger putain d'crêpes au sarrasin crêpes sarasin, sarrasin d'la farine du blé noir et du levain crêpes sarrasin, sarrasin avec du pain, du bolé d'cidre et du boursin Sarrasin, sarrasin Parfois j'mange avec les mains, quand même c'est bien crêpes sarrasin crêpes sarrasin Crêpes sarrasin crêpes sarrasin crêpes sarrasin Ouais merci atous d'avoir écouter l'album de fatal bazooka B,A,Z,2 O,U,O,KA entout cas spéciales dédicasse a tout mes sauces de morbihan finister amer, kersauson, tabarly, yann quefelec alan stivel, yvan le bolloch, samuel le bihan, paule le guen sans oublier jean-marie le... mais nan j'déconnais ouais respect a toute ma meute du 7-3 du 7-4 snoop doggy bag, ragnagna, fergy pontoise, sean paul belmondo, 50 cent d'euro, M&M's docteur dré, le fil de michel drey de france 3 sans oublier bien sur tristesse au soleil, profonation fonky, la marmotte infernale, double P, char d'assault, parpaing dans la gueule violence conjugale, tablier de forgeron suicide collectif, monsieur de fursac, découverte macabre, 40 degré de fièvre, la pute enceinte, qui s'i frotte s'i nique, bijouz, miasm IRM, RATP, RER ligne A, autoroute A15, sauce piquante, pince monseigneur piste noir et pertes blanchebien sur, boule et bill le dauphin toxicoil est la, flashball de céréales, 2 pack de 6rest in peace my brother, y'a ausii rejet de greffe, mensuration douloureuses, trouble du sommeil liquide séminal, papier de verre pitt bull de flipper, le gégène infernale, coup de couteau dans la glotte atchoum, grincheux, le samu social, le toucher rectal, le prélèvement urétral et on oubli pas pandi panda, le taenia teigneux, la crapule qu'on encule et bien sur la cagole en cagoule
Cest le paysan irlandais mourant de faim ; c’est le paysan d’un tiers de la Russie mourant de diphtérie, de typhus, de faim à la suite de la disette, au milieu des entassements de blé qui filent vers l’étranger. C’est le peuple d’Italie réduit à abandonner sa campagne luxuriante pour rôder à travers l’Europe en cherchant un tunnel quelconque à creuser, où il risquera Bretagne © Christel SAGNIEZ CC0 Pixabay Aujourd’hui c’est la Chandeleur. J’espère que vous allez faire des crêpes, plein de crêpes. Si vous n’avez pas de recette chouchou, je vous renvoie à ma recette facile de crêpes. Je reviens toujours à celle-ci, on adore. Mais vous pouvez aussi vous régaler de crêpes salées à la farine de sarrasin, communément appelée farine de blé noir. Elle est reconnaissable à sa couleur grise. Farine de blé noir ©olga kudriavtseva unsplash Comme elle est sans gluten, elle donne une texture dense aux préparations. Pour cette recette de crêpes à la farine de sarrasin les fameuses galettes, la chef bretonne Nolwenn Corre Hostellerie de la Pointe Saint-Mathieu dans le Finistère ajoute un peu de farine de blé classique. Voici donc sa recette Comment faire des galettes de sarrasin maison Crêpes de sarrasin Ingrédients 500 g de farine de blé noir 50 g de farine de blé T55 voir ici pour le type des farines 1 pincée de gros sel 1 oeuf 1 cuillère à soupe d’huile 1 litre d’eau Mettez dans un bol la farine de blé noir, la farine T55, 1 pincée de gros sel, un œuf entier, 1 cuillère à soupe d’huile. Mélangez, puis incorporez l’eau petit à petit, toujours en mélangeant possibilité de mettre plus d’eau en fonction de son aisance avec la crêpière ou la poêle. Faites chauffer un peu de beurre sur votre crêpière et versez une louche de pâte. Faites cuire les crêpes de chaque côté de façon à ce qu’elles soient bien dorées. Au fur et à mesure réservez les crêpes dans une assiette. Astuces Parfumez les crêpes en utilisant une huile type noisette, noix, sésame… Si la plaque en fonte colle, commencer par faire une omelette » sur le billig crêpière avec 1 jaune + 1 cuillère d’huile. Comment garnir les galettes cuites ? Moi celles que je préfère, c’est jambon oeuf fromage ! Une fois les galettes cuites, repassez-les à la poêle et garnissez-les d’une tranche de jambon, d’un oeuf, de fromage et faites cuire jusqu’à ce que le blanc d’oeuf soit cuit. Salez et poivrez, c’est prêt ! Régalez-vous ! .