Aux confins sud des Pouilles, le talon de la botte italienne, entre Mer Adriatique et Mer Ionienne, le Salento, une terre d’histoire, de traditions et culture, un art de vivre. D’Otranto à Santa Maria di Leuca, déambulations entre le Moyen Age, le baroque et la côte. A un peu plus de deux heures de vol de Paris, un itinéraire illustré de photos inédites avec carnet d’adresses gourmandes. Reportage et conseils de Jean-Claude Renard. Andiamo! Position éminemment stratégique s’il en est. Sans hasard sans doute. OTRANTO trouve ses origines dans les temps reculés. D’abord messapienne, puis grecque et enfin romaine. Centre important pendant la période byzantine et successivement sous les Normands, les Angevins et les Aragonais, jusqu’à la fin du XVe siècle, au moment de la prise et du sac de la cité par les Turcs. Soit un condensé de l’histoire de l’Italie du Sud, dont on perçoit ici et là les stigmates. Surplombant la mer, la cité s’est blottie à l’ombre de son château aragonais entrée 3€, construit sous Ferdinand d’Aragon, sur des fondations érigées par Frédéric II. Un château de forme pentagonale, possédant encore une superbe cour intérieure, imposant ses murs bastionnés au-dessus de la vieille ville dispersant ses ruelles étroites et tortueuses, chic et ripolinées. A l’intérieur de ce dédale de pierres, aux maisons à deux ou trois étages, Otranto décline à l’envi son passé. A commencer par la petite église de San Pietro, en haut de la piazza del Popolo ouverte l’été seulement, sinon, s’adresser à la cathédrale, auréolée de fresques byzantines vives et dynamiques, magnifiques, entre une représentation du Lavement des pieds, l’Ultima Cena et une Vierge à l’enfant. A suivre par la cathédrale romane du XIIe siècle, célèbre pour son dallage en mosaïque, exécuté par Pantaleone moine de l’abbaye de San Nicola di Casole, non loin d’Otranto, mais dont il ne reste aujourd’hui que des ruines. Sous un plafond à caissons, époustouflante, cette mosaïque pavant la cathédrale multiplie les motifs religieux, bibliques, animaliers, chevaleresques et les signes du zodiaque, des bribes de l’existence ordinaire du Salentin au XIIe siècle. Adam et Eve, la Tour de Babel, le roi Artur, Abel et Caïn, la légende de Jonas rejeté par la baleine, l’arche de Noé, le roi Salomon, ou encore un probable autoportrait de l’auteur. Au visiteur de trouver dans ce foisonnement un petit rongeur aux pattes bottées! Au fond à droite de la chapelle principale, des armoires à vitrines additionnent crânes et ossements des victimes du sac orchestré par les Turcs en 1480. Décoration un tantinet macabre mais tout de même sans équivalent avec les catacombes parisiennes !. La crypte de la cathédrale vaut aussi le petit détour pour ses colonnes pas moins de quarante deux ! et ses chapiteaux, au décor très sobre autour de ses fresques byzantines. A l’occasion, on y célèbre des mariages. Prenant la route de Maglie 17 kilomètres sur une route en travaux, en attendant la mise en place d’une circulation à quatre voies, on gagne facilement GALATINA une quinzaine de kilomètres de plus après Maglie et à vingt de Lecce, vingt-six de Gallipoli, affichant ses palais élégants, mais surtout s’enorgueillissant de l’un des plus beaux joyaux des Pouilles, l’église gothique de Santa Catarina d’Alessandria. Derrière une façade particulièrement épurée un simple portail entouré de colonnettes, coiffé d’une rosace, c’est là un lieu élevé par des Franciscains au XIVe siècle, entièrement recouvert de fresques, menées sous l’égide d’une certaine Marie d’Enghien de Brienne, épouse d’un non moins certain Raimondello Orsini del Balzo. Des fresques illustrant des scènes de la vie de la Vierge, de sainte Catherine, de l’Ancien et du Nouveau testament. Foisonnement de personnages, de couleurs, parfois étonnamment modernes, aux scènes oscillant entre l’école de Giotto on songe naturellement aux cinquante-trois fresques ornant la chapelle des Scrovegni, à Padoue et le surréalisme. En sortant à droite, le superbe cloître renferme un petit musée diocésain. De Galatina, à GALATONE, il suffit de quelque 9 kilomètres pour gagner une imprévue petite cité abritant une série hallucinante d’églises et de palais, de façades romanes et baroques, ramassées sur une poignée d’hectomètres. Curieux paysage architectural planté dans un décor urbain mochement contemporain, hésitant entre les zones commerciale et industrielles, paumées entre les oliviers et les murets de pierres grises. A six kilomètres de là encore, chargée d’impressions d’abandon, surtout en hiver, la petite ville de NARDO s’affiche comme un prolongement de Galatone. Floraison de façades ocres et blanches, tirant parfois sur le feu oranger, floraison de palais, d’hôtels particuliers, d’églises, floraison, floraison… Nardo est cette autre capitale baroque, en miniature. Un petit Lecce gavé de piazzetta, de loggias à arcades, de balcons, un toutim délabré flirtant nonchalamment avec une fière décadence. Ici, la cathédrale médiévale transformée en 1712, restaurée à la fin du XIXe siècle, des tours de garde du XVIe siècle ; là, une époustouflante place, la piazza Salendra, entre église et palais, bordée de balcons ajourés autour d’une colonne surmontée d’une flèche, encore plus féérique et suggestive la nuit tombée avec ses effets de lumière douce. A tout juste onze kilomètres au nord, COPERTINO ne manque pas non plus de charme, ni d’églises, ni de palais et de petites places, telle que l’élégante piazza del Popolo, des merveilles de quiétude et de grâces, dispersées tout alentour de son château angevin 1530-1540, quadrilatère imposant cerné de douves, déclinant à l’intérieur une succession de salles grandioses, dépourvues de toutes décorations, de tout ornement, à l’exception de quelques fresques d’époque. COPERTINO – étape gourmande Trattoria Pizzeria Piazza del Popolo, Piazza del Popolo, 9. Tél. 389 0989712. Ouvert toute l’année. Remarquablement placé dans la vieille ville, avec terrasse et jardin intérieur. Une cuisine du marché, au jour le jour les herbes et le piment poussent dans le jardin, pour une cuisine de mamma faite minute, basée sur des produits locaux. Antipasto extraordinaire entre charcuteries, fromages et légumes, accompagnés d’olives cultivées par la maison ; plats de pâtes à la chicorée ou aux poissons, grillades au barbecue. La mère aux fourneaux qui fait tout elle-même !, le fiston au service. Un établissement extraordinaire, avec ses airs d’antan, sans payer de mine, sa déco modeste et sa cuisine de parfums, généreuse, voluptueuse, joliment enveloppante, maternelle. Excellent vino rosso della casa, produit également par la maison, comme la grappa et l’huile d’olive. 15 à 20 euros le repas. De Copertino ou de Nardo, il ne reste plus beaucoup de route pour retomber sur une autre rive, la mer ionienne. Ça vaut le coup et le décor, ne serait-ce que pour plonger sur Santa Catarina et Santa Maria al Bagno. Côte rocheuse, côte déserte, tapissée de quelques demeures à l’évidence estivales, avant de mener sur GALLIPOLI Tout comme sur LECCE, vous trouverez de nombreuses informations dans tous les guides et circuits de voyage; nous ne nous y attardons pas dans ce reportage. D’OTRANTO A SANTA MARIA DI LEUCA Au sud d’Otranto, passant par son Cap puis Porto Badisco, une route tortueuse longe une côte sauvage, jalonnée de petites forêts et de terres vertes habillées de pierres sèches, avant d’arriver à SANTA CESEREA DI TERME, fascinante station balnéaire thermale, réputée pour les vertus thérapeutiques de ses eaux, à l’atmosphère fin de siècle, plantée de pins et de figuiers de Barbarie, traversée de bâtisses somptueuses et dominées par la villa Sticchi 1885, de style mauresque, surmontée d’une coupole. A deux jets de pierre sont indiquées les grottes préhistoriques della Zinzulusa, accessibles à pied ou en bateau, constituées de différentes salles, aux formes parfois fantaisistes. De Santa Cesarea à Castro, encore fier de son château médiéval et de ses tours cassant l’horizon, une route côtière sinueuse, bordée de cactus, surplombe la mer. A quelques sept kilomètres de Leuca, à hauteur de GAGLIANO DEL CAPO, toujours sur la même route SP 358, un pont spectaculaire enjambe un bras de mer. Tout autour, des petites maisons de pierres sèches et un restaurant l’Incontro perché accessible en une poignée de marches. Ultime limbe de la péninsule pugliese, la baie de SANTA MARIA DI LEUCA pourrait constituer une fin d’étape idéale, illuminée par la basilique Pontificia di Santa Maria de Finibus Terrae. C’est, en effet, une impression de bout de terre qu’on ressent, entre la mer adriatique, et la mer ionienne, depuis le parvis dégagé de la basilique, accrochée à un promontoire, surplombant le port de plaisance, quelques centaines de mètres plus bas. Un parvis majestueux, tel un balcon sur la côte, agrémenté d’arches et d’une colonne, formant un ensemble architectural géométrique tout droit sorti d’un cadre de Giorgio De Chirico. A ses pieds, la petite cité décline ses riches villas, ses airs désuets, face à la plage, à l’instar de Santa Cesarea. Reprenant au nord par les terres à moins de poursuivre la côte ionienne en direction de Gallipoli, une succession de bourgs, au milieu de terres fertiles mais aussi de zones industrielles vulgaires, valent halte. Qui pour un château, qui pour une petite église, une basilique, qui pour un musée ou une place. A Patù, pour son église San Giovanni Battista Xe-XIe siècle et son monument mégalithique, le Centopietre cent pierres, aux origines incertaines, abritant encore des fragments de fresques byzantines. A Alessano, pour sa cathédrale romane, son tout petit musée de l’immigration, au sein de la mairie, et son musée international d’art contemporain le MICMAC, Museo Internazionale Mariano d’Arte Contemporanea, rassemblant plus de 350 œuvres dédiées à la Madone, parmi lesquels Ernesto Treccani, Salvatore Fiume, Alessandro Nastasio et Luigi Guerricchio. A Presicce, pour sa Chiesa Madre di Sant’Andrea Apostolo XVIIIe siècle. A Taurisano, pour l’église romaine de Santa Maria della Strada XIIIe-XIVe siècle et sa chapelle San Nicola XVIIe siècle. A Ugento, centre agricole réputé, pour son château XIVe siècle, en restauration, et sa cathédrale XVIIIe siècle, au cœur d’une charmante place médiévale et d’un dédale de ruelles colorées, défraîchies, habillées de maisons basses pour beaucoup en déshérence. A Specchia encore, pour son centre historique, rassemblant le Palazzo Risolo XVIe siècle, le campanile et sa Chiesa Madre XVe siècle, un ensemble harmonieux mis en valeur le soir par un éclairage ambré caressant les monuments. On y retrouve là toute la chaleur du Salento. Jean-Claude Renard Photos complémentaires dans le portfolio ci-dessous Du même auteur à ces liens LES POUILLES, COLLECTION AUTOMNE-HIVER LES POUILLES – LOCOROTONDO ET CISTERNINO – TERRE DES TRULLI ***** CARNET D’ADRESSES Otranto L’Altro baffo, via Cenobio Basiliano, 23. Tél. 0836 80 16 36. Au cœur du centro storico, entre le château et la cathédrale, un établissement résolument gastronomique. Dégustation de poissons du jour, cru et cuit, en guise d’antipasto ; anchois marinés à la chicorée, amande et clémentine ; poulpe à l’étouffée, huile d’olive et romarin ; poulpe et seiche infusée à la laitue de mer ; carbonara d’oursins, crevettes et huile d’agrumes… Comptez au moins 40 à 45 euros par personne pour un repas. Petit bémol, des plats un peu minimalistes, loin d’une cuisine de mamma. Cala dei Normanni, lungomare Terra d’Otranto, 5. Tél. 389 89 72 320 ou 320 6299620. Une pizzeria/trattoria traditionnelle, idéalement placée, face à la mer. Pizza au feu de bois, entre 5 et 10 euros. Déclinaison de pâtes aux fruits de mer et friture de poissons. Lecce Trattoria di Nonna Tetti, piazzetta Regina Maria, 28. Tél. 0832 24 60 36. A deux pas de la porte San Biagio, quasi en face de l’église San Matteo. Pur jus traditionnel et authentique. Pâtes au sanglier ou aux fruits de mer, plats de chicorée braisée et purée de fèves, fines frites maison. Un établissement largement sollicité par les locaux. 15 à 20 euros le repas en moyenne et service impeccable. Gallipoli Osteria del Vico, via Vico Mercato, 1. Tél. 0833 266 186. Entre le marché et la cathédrale, dans le centre historique, excellente trattoria, dans une ambiance familiale, principalement tournée vers le poisson. Pâtes aux fruits de mer, crevettes fraîches en carpaccio à l’huile de noisette, risotto de poissons. 12 à 18 euros par personne. Santa Maria di Leuca Hôtel/restaurant Rizieri, Lungomare C. Colombo, 22. Tél. 0833 758007 Légèrement en retrait du front de mer, et ouvert toute l’année. Plats entre 6 et 12 euros pour une cuisine traditionnelle très correcte antipasto de fromage, de charcuteries et de légumes, escalope au citron ou à la milanaise, carpaccio d’espadon, grillades et friture de poissons. Service à la fois désuet et charmant. Terrasse au soleil très agréable. Il n’est pas interdit de dire bonjour» aux perroquets dans la salle qui vous répondent Ciao !» Jean-Claude Renard Photos de article et du portfolio © Stéphane Horel et Jean-Claude Renard Reproduction réservée Publié le 28 février 2016 et mis à jour
Lesinscriptions livrent d’innombrables informations sur l’histoire, la société, la vie économique et la vie quotidienne des populations anciennes. L’étude des noms de personnes (onomastique) permet de connaître la composition de la population et, parfois, de déterminer l’origine géographique de ses habitants. Soit dit en passant, le 4 $ de 1968 correspond à presque 30 $ en 2020. Il est à noter qu’au moins certains exemplaires du Jeu de l’électricité sont produits en version bilingue, baptisée Jeu de l’électricité / Electricity Game. Conçu conjointement par la Commission hydroélectrique du Québec Hydro-Québec, les susmentionnées Éditions Héritage Incorporée et les Éditions Radio-Canada, avec une bonne contribution de la scénariste hors pair aux réel talents de vulgarisatrice de Tour de Terre, Réjane Charpentier, le dit jeu se joue avec un dé et des pions en forme de lettre Q, le symbole de la société d’état québécoise. Il s’agit d’un jeu simple mais de bonne qualité pour l’époque. Accessible aux personnes de tous âges, il est porté par un épais cartonnage et illustré de belle manière, en couleurs. Et oui, vous avez bien raison. Nous avons rencontré la rivière Manicouagan, au Québec, par le biais d’un barrage hydroélectrique quasi-mythique au cours des années 1960 et 1970, Manic-5, rebaptisé par la suite barrage Daniel-Johnson, dans des numéros de janvier 2019 et septembre 2020 de notre blogue / bulletin / machin. La référence aux Homo sapiens de 7 à 77 ans, quant à elle, s’inspire du slogan publicitaire hyperconnu de l’hebdomadaire illustré belge et français Tintin, le journal des jeunes de 7 à 77 ans » – une publication quasi-mythique mentionnée dans des numéros de juillet 2018, septembre 2018 et mars 2019 de notre vous savez quoi. Vous aurez par ailleurs sans doute noté que la date de publication de la photographie ci-dessus, le 6 novembre 1968, dans un quotidien respecté de Montréal, Québec, Le Devoir, ne correspond en rien avec la date de mise en ligne de cet article, en décembre 2020. Je n’ai aucune intention de m’en excuser. Nenni. En fait, l’article de cette semaine de notre blogue / bulletin / machin est un petit cadeau de Noël que j’ai l’audace non contenue de m’offrir en ces temps difficiles, mais revenons à notre récit. Mes souvenirs de la période allant de 1964 à 1973 étant aussi limpides qu’une stout par une nuit sans Lune, je ne sais pas jusqu’à quel point j’étais un téléspectateur assidu de Tour de Terre. Sauf erreur, j’ai vu de fort nombreux épisodes, et… Que dites-vous, amielectrice ou lecteur? Vous n’avez jamais entendu parler de Tour de Terre? Choc et consternation. Comme vous le savez maintenant, Tour de Terre est / était une émission éducative hebdomadaire samedi ou vendredi de télévision pour enfants de 4 à 12 ans, dit-on, une encyclopédie télévisuelle en quelque sorte, où la science et la technologie tiennent une place primordiale, diffusée en épisodes de 30 minutes, au Québec, entre janvier 1964 et septembre 1973, je pense, en reprise peut-être, par le radio télédiffuseur d’état canadien, la Société Radio-Canada. À quelques épisodes près, diffusés en 1968, Lise Lasalle et Jean Besré, épouse et époux dans la vie de tous les jours, sont les seules animatrice et animateur de ce classique de la télévision québécoise. Croiriez-vous que Lasalle complète 3 années d’études en médecine à l’Université de Montréal avant d’amorcer une carrière théâtrale et télévisuelle? Elle a 29 ans lorsque le premier épisode de Tour de Terre passe en ondes. Besré en a 27. Soit dit en passant, Besré joue le rôle d’un reporter mondialement connu sur les ondes d’une station radiophonique montréalaise de la Société Radio-Canada. Le premier épisode de Tintin au Tibet est diffusé en octobre 1962. Il y a 5 épisodes de 15 minutes par semaine. Le format passe par la suite à un épisode hebdomadaire de 30 minutes. Le dernier épisode des albums ainsi diffusés passe en ondes en mars 1965. Le titre du 16ème et dernier album diffusé par la Société Radio-Canada? On a marché sur la Lune. Comme vous le savez fort bien, le héros de bande dessinée qu’est Tintin est mentionné à plusieurs reprises dans notre vous savez quoi depuis juillet 2018. Au fil des ans, l’équipe de Tour de Terre, dirigée par le réalisateur Gilles Sénécal, un spécialiste des émissions pour enfants, aborde des douzaines et des douzaines de sujets, des insectes à la vision et aux cerfs-volants en passant par le soleil, la tomate, le téléphone et le pétrole. Elle le fait par le biais de modèles, images, graphiques, dialogues, décors, chansons et bricolages originaux et bien adaptées à une clientèle qui adore tant Lasalle que Besré. Le succès de la série doit beaucoup au talent et au labeur de la susmentionnée Charpentier. Le sujet d’un concours de dessin qui se déroule un peu après le milieu des années 1960, ou vers la fin de la décennie, occupe une place particulière dans l’esprit empoussiéré de votre humble serviteur. Lasalle et Besré demandent alors aux jeunes téléspectatrices et téléspectateurs de concevoir un camion. Les meilleurs dessins reçus par l’équipe seraient placés sur un mur et montrés lors d’un épisode subséquent de l’émission. Fana d’aviation dès cette époque lointaine, si, si, je l’avoue sans honte, j’imagine un camion utilisé pour l’entraînement des pilotes. Lorsque j’ai demandé à ma mère de placer le dit dessin dans une enveloppe et de le poster, elle a indiqué clairement qu’elle n’était pas impressionnée par mon œuvre, qui était par trop mal foutue. Je présume ne pas avoir été très content mais j’ai quand même redessiné mon camion, avec une règle et un ou deux machins circulaires quelconques pour dessiner les roues. Ma mère a approuvé cette seconde mouture. Quelques semaines plus tard, lors de la présentation des dessins jugés les plus intéressants par l’équipe de Tour de Terre, imaginez ma surprise lorsque j’ai vu mon dessin et entendu mon nom. À entendre et voir ma réaction, ma mère doit sérieusement se demander si son rejeton est devenu complètement dingue. Enfin, passons. La mémoire étant une faculté qui oublie, et je n’oserais certes pas jurer sur une pile de volumes de Jane’s All the World s Aircraft que mes souvenirs sont exacts, votre humble serviteur a, sauf erreur, reçu un prix par la poste quelques semaines après ce jour heureux. En quoi consiste ce prix, amielectrice ou lecteur? Un exemplaire du Jeu de l’électricité, dites-vous? C’est bien ce que je pense, je pense. Mes parents ont donné, il y a bien longtemps, à une œuvre de charité, j’espère, cette copie du Jeu de l’électricité, qui a trôné dans une armoire pendant plusieurs années. J’ose espérer qu’au moins une jeune personne l’utilise avant qu’elle ne soit envoyée au recyclage. C’est lors de l’épisode du 27 novembre 1965 de Tour de Terre que Lasalle et Besré introduisent leur auditoire au jeu de l’électricité, offert gratuitement aux jeunes Québécoises et Québécois par Hydro-Québec. Le dit épisode est en fait le premier d’une série de 4 épisodes consacrée à l’électricité. Lasalle et Besré y initient leur auditoire aux mystères de l’électricité. Elle et il leur enseignent par ailleurs 7 règles de base de sécurité à utiliser en tous temps lorsqu’elles et ils recourent à cette forme d’énergie. Le sujet de cette courte série est d’autant plus d’actualité qu’une panne de courant survenue plus tôt en novembre a affecté environ 30 millions de personnes vivant au Québec, en Ontario et dans 8 états américains, et ce pendant environ 13 heures dans certains cas. La dite série est-elle une conséquence directe de la dite panne? Je n’en sais rien, mais je dois avouer en douter un peu. Et non, ce ne sont pas des objets volants non-identifiés OVNI qui ont causé la dite panne. Cela étant dit tapé?, cette panne peut avoir causé des phénomènes lumineux interprétés comme étant des OVNI. Longue vie et prospérité. L’événement qui doit être lié au début de la série de 4 épisodes de Tour de Terre est l’inauguration, le 29 novembre 1965, par le premier ministre du Québec, Jean Lesage, un gentilhomme mentionné à quelques reprises dans notre blogue / bulletin / machin depuis juillet 2018, de la première ligne de très haute tension 735 000 volts! qui relie le complexe hydroélectrique de la susmentionnée rivière Manicouagan, alors en construction, au reste du Québec. Aucun autre réseau de transmission au monde ne possède des lignes ayant une telle tension. De nombreux ingénieurs étrangers, mais aussi canadiens anglais?, doivent reconnaître que les doutes exprimés au sujet de la compétence des équipes d’Hydro-Québec n’étaient pas fondés, mais revenons à notre sujet. C’est avec tristesse que je dois mentionner que Lasalle meurt en octobre 1979. Elle n’a que 45 ans. Besré et Sénécal, quant à eux, quittent ce monde en mars et février 2001, à l’âge de 64 et 74 ans. Permettez-moi de saluer leur mémoire en vous offrant un épisode de Tour de Terre. Et si la musique jouée au début de la vidéo vous dit quelque chose, c’est que vous l’avez probablement entendue dans le dessin animé américain Le clapier de Séville, un classique arrivé en salles, en anglais, en décembre 1950, il y a 70 ans, oh heureuse coïncidence, qui met en vedette Bugs Bunny et Elmer Fudd. Le dit dessin animé se moque gentiment de Il barbiere di Siviglia, ossia L’inutile precauzione, un opéra-bouffe dont la première a lieu en février 1816 composé par un compositeur né dans ce qu’on appelle alors le Status pontificius, ou états pontificaux, aujourd’hui en Italie, Gioachino Antonio Rossini. Je vous verrai dans le futur. LeJournal La Montagne a fait un constat au coeur de l’Aubrac, alors même qu’en plein centre de la France, région éloignée de tout centre économique et actif, les restaurants étoilés s’en sortent plutôt bien. Trois établissements seulement séparés de quelques dizaines de kilomètres qui trouvent chacun d’eux leur bonheur dans un terroir riche en valeurs et en produits. RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES Sam COOMBES Sam Coombes est Maître de conférences à l'université d'Edimbourg. Il est l'auteur de The Early Sartre and Marxism Lang, 2008, Edouard Glissant A Poetics of Resistance Bloomsbury, 2018, et Diasporic Trajectories. Charting new critical perspectives Taylor&Francis, 2019, co-édité ainsi que de nombreux articles dans les domaines des études postcoloniales et de la pensée politique. Il co-dirige le réseau de recherche Diaspolinks consacré à l'étude des cultures diasporiques. Tiphaine SAMOYAULT Tiphaine Samoyault vit à Paris où elle enseigne la Littérature comparée à l'EHESS après avoir été professeure à la Sorbonne nouvelle et à Paris 8. Ses thématiques de recherches sont la littérature mondiale, la traductologie, les relations entre littérature et autorité. Elle est l'autrice d'essais, de récits et de traductions littéraires. Elle collabore à de nombreuses revues littéraires membre du comité de rédaction de la revue Po&sie et dirige le journal en ligne En attendant Nadeau. Publications récentes Bête de Cirque, Seuil, 2013. Roland Barthes, Seuil, 2015. Traduction et violence, Seuil, 2020. Christian UWE Christian Uwe est Maître de conférences en études culturelles et littérature comparée à l'université du Minnesota, États-Unis. Ses recherches se situent au croisement de l'esthétique et du politique, particulièrement dans les littératures caribéennes, subsahariennes et françaises. Il est l'auteur d'une monographie intitulée Le Discours choral essai sur l'œuvre romanesque d'Édouard Glissant Peter Lang, 2017, ainsi que d'une étude à paraître aux Presses de l'université de Montréal intitulée L'Archive paradoxale penser l'existence avec le roman francophone subsaharien. Serge BOURJEA Spécialiste de l'œuvre de Paul Valéry à laquelle il a consacré de très nombreux ouvrages et articles, Serge Bourjea est Professeur émérite à l'université Paul-Valéry Montpellier 3. Enseignement à l'étranger Antanarivo, Madagascar ; Université Fédérale et Université de l’État, Rio de Janeiro, Brésil ; Université de Dakar, Sénégal ; Rice University, Huston, Texas, USA ; Californie, USA ; de Suzhou et Université de Hangzhou, Chine. Collaborateur de nombreuses revues littéraires en France comme à l'étranger, il consacre aujourd'hui l'essentiel d'une critique génétique qu'il nomme "ichnographique", aux "écritures" de la modernité, qu'elles soient françaises ou francophones, verbales ou picturales. Bibliographie 2020. René Depestre, Cahier d'un art de vivre – Cuba 1964-1978, Édition établie, préfacée et annotée par Serge et Marie Bourjea en collaboration avec l'ITEM/CNRS – axe "Manuscrits francophones" et le fonds francophone de la Bibliothèque Francophone Multimédia de Limoges, Actes Sud, coll. "Archives privées". Serge Bourjea, "Un Arc-en-ciel pour l'Occident chrétien l'avenir d'un spectre", in revue Siècle 21 – Littérature & Société, n°33, pages 141-156. Paris, Automne-hiver 2018. Serge Bourjea, "Jorge Amado et René Depestre une amitié dans l'Histoire", in René Depestre, Le Soleil devant, M. Joqueviel-Bourjea éd., Hermann, coll. "Vertige de la langue", Paris, 2015. Serge Bourjea, "Le "cri atone" d'Édouard Glissant", in L'Écriture et le sacré Durand éd., p. 247-267, Montpellier, 2002. Loïc CÉRY Édouard Glissant, des savoirs à la création Pister les liens denses de l'œuvre d'Édouard Glissant avec les sciences sociales nécessite avant tout d'envisager la question dans le sens d'une réciprocité active, celle qui a innervé à la fois la continuelle immersion de l'écrivain dans les savoirs de son temps, mais aussi l'approche et souvent l'usage de sa pensée qui n'a cessé de s'amplifier, par les praticiens des sciences humaines en général. Un double mouvement d'innutrition réciproque dont il est aisé de retracer l'itinéraire, au seuil d'une investigation qui doit nécessairement interroger les rapports complexes de Glissant aux savoirs, depuis sa méfiance avouée envers les "catégories héritées" dans Le Discours antillais, aux avancées les plus inattendues d'une forge notionnelle qui s'est étendue jusqu'à ses derniers essais. Pour autant, le renouvellement continuel de cette pensée pose aussi et peut-être avant tout des problématiques de corpus, et la nécessité de considérer l'ensemble de sa production comme un tout insécable justement bien au-delà des essais, dépassant volontairement la si commode et pourtant si hasardeuse dichotomie entre pensée spéculative et création littéraire qui, dans le cas d'Édouard Glissant, s'avère pleinement inopérante. Le pari pour les critiques comme pour les lecteurs, de considérer cette œuvre comme une entité unitaire et étendue, ne doit plus intimider mais au contraire stimuler l'accès au propos ambitieux d'un auteur qu'on a tôt fait de réduire outrageusement à la sphère postcoloniale. Quitte à relire ses nombreux ouvrages comme les moments d'un immense "texte-recherche" édifié face au réel, selon l'expression stimulante d'Ivan Jablonka. Loïc Céry dirige le CIEEG Centre international d'études Édouard Glissant au sein de l'Institut du Tout-Monde fondé par Édouard Glissant en 2006. Spécialiste de Saint-John Perse et d'Édouard Glissant, il a fondé les revues La nouvelle anabase et Les Cahiers du Tout-Monde. En 2020, il a publié une étude critique en deux volumes intitulée Édouard Glissant, une traversée de l'esclavage Éditions de l'Institut du Tout-Monde, coll. "Idées". Cécile CHAPON Le vivant comme relais pour un imaginaire du monde À une époque où il n'a jamais autant été question de liens — liens francs ou insidieux qui entravent, "liens qui libèrent", liens furtifs qui renouent avec d'anciennes formes de résistance —, il s'agira de revenir sur la notion de "relais", développée par Édouard Glissant au cœur de sa définition de la Relation qui "relie relaie, relate" Poétique de la Relation, Paris, Gallimard, 1990, p. 187. J'envisagerai la manière dont l'auteur construit des images-relais et des personnages-relais qui étayent concrètement l'imaginaire du monde et la critique de la mondialisation, en me concentrant plus particulièrement sur les images végétales et élémentaires. Arbres, herbes, fleurs, roches, volcans prennent au fil des romans la consistance de pigments ou de signes reconnaissables mais toujours en mouvement, instables dans leur combinaison et dans leur manière d'ancrer le texte et d'engager la mémoire, la perception et l'agir des personnages. À partir d'une ébauche de cartographie du vivant dans l'œuvre romanesque plus particulièrement, j'analyserai comment cette attention à la texture vivante se fait relais de l'imaginaire pour penser et convoquer le monde contemporain, sur un mode qui va au-delà d'un rapport symbolique, métaphorique ou anthropomorphique aux formes du vivant, et qui nuance les paradigmes du rhizome et de l'archipel le plus souvent convoqués pour illustrer la pensée de la Relation chez Glissant. Cécile Chapon est maîtresse de conférences en littérature comparée à l'université de Tours. Elle a soutenu en 2019 une thèse intitulée "Le Figuier d'or intertextualités classiques et représentations de l'oralité dans l'espace caribéen Alejo Carpentier, Édouard Glissant, Derek Walcott", et parmi ses publications figurent plusieurs articles consacrés aux romans d'Édouard Glissant. Ses recherches actuelles portent sur les notions de traditions et de lieux dans les littératures des Amériques, et sur le rapport entre langages et paysages en contexte caribéen. Christine CHIVALLON Christine Chivallon est anthropologue et géographe, directrice de recherche 1ère classe au CNRS. Ses recherches portent sur les questions de cultures, mémoires et matérialité et s'intéressent au pouvoir des médiations matérielles dans les représentations sociales. Elles sont principalement consacrées aux univers caribéens et aux sociétés à fondement esclavagiste des Amériques, notamment au travers des mémoires de l'esclavage. Elles comportent également un important volet théorique et épistémologique engagé dans une démarche réflexive sur les outils d'analyse du chercheur. Voir le lien Publications L'esclavage. Du souvenir à la mémoire, Paris, Karthala, 2012. "L'humain-l'inhumain l'impensé des nouveaux matérialismes", École de l’anthropocène de Lyon, 2021. Sonia DAYAN-HERZBRUN Sonia Dayan-Herzbrun est Professeur émérite en sociologie politique et en études féministes à l'université de Paris. Auteure de nombreux ouvrages et articles, elle dirige la revue Tumultes et collabore régulièrement au journal en ligne En attendant Nadeau dont elle est membre du comité de rédaction. Elle est également membre de l'Association Internationale des Sociologues de Langue Française AISLF et de la Caribbean Philosophical Association qui lui a décerné en 2016 le Prix Frantz Fanon pour l'ensemble de son œuvre et de sa carrière. Ses premiers travaux ont porté sur le rapport entre mythe et mémoire à propos de l'histoire du mouvement ouvrier. Ses recherches portent maintenant d'une part sur l'agir politique des femmes au Moyen-Orient, de l'autre sur l'introduction du paradigme décolonial dans les sciences sociales. Charles FORSDICK Du Tout-Monde à la littérature-monde Édouard Glissant a figuré parmi les signataires du manifeste, publié dans Le Monde en mars 2007, qui prônait un décloisonnement de la production littéraire, une mise en relation des différentes littératures d'expression française et la naissance d'une "littérature-monde en français". Glissant a également contribué à un chapitre — sous la forme d'un entretien — au volume Pour une littérature-monde paru chez Gallimard dans la même année. Cette intervention a pour but d'explorer le rôle de l'écrivain martiniquais dans cette nouvelle tendance littéraire qui se voulait post-nationale, voire mondiale. Honorant régulièrement le festival Étonnants voyageurs à Saint-Malo de sa présence, Glissant a contribué à la transformation de la "littérature voyageuse" en "littérature-monde". Son influence se montre en particulier dans ce trait d'union césure ou forme de relation ? qui crée le nouveau mot composé, et fait partie intégrante de la production néologique de Glissant lui-même Chaos-monde, Tout-monde, Totalité-monde, Pensée-monde…. Mais cette influence reste-t-elle plutôt superficielle chez une tendance littéraire qui s'est avérée en fin de compte médiatique et sans conscience multilingue ? Comment y intégrer activement la pensée glissantienne pour dépasser un monolinguisme francophone et imaginer une littérature écrite, traduite et enfin lue "en présence de toutes les langues du monde" ? Charles Forsdick est professeur de littérature française à l'université de Liverpool et spécialiste de la littérature de voyage, de l'exotisme, et de la littérature postcoloniale et exophone. Publications Victor Segalen and the Aesthetics of Diversity Journeys between Cultures, Oxford, 2000. Travel in Twentieth-Century French and Francophone Cultures The Persistence of Diversity, Oxford, 2005. Co-auteur de Toussaint Louverture A Black Jacobin in the Age of Revolutions, Pluto, 2017. Lise GAUVIN Écrivaine et professeure émérite à l'université de Montréal, Lise Gauvin est Membre de l’Académie des lettres du Québec, dont elle fut la présidente en 2008 et 2009, et du Parlement des écrivaines francophones. Elle a reçu en 2020 la Grande Médaille de la Francophonie de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre. Publications La Fabrique de la langue. De François Rabelais à Réjean Ducharme, "Points", Seuil, 2004. Chez Riopelle. Visites d'atelier, L'Hexagone, 2005. Lettres d'une autre, "Typo", Gallimard, 2007. L'imaginaire des langues - Entretiens avec Édouard Glissant, Gallimard, 2010. Le roman comme atelier, Karthala, 2019. Et toi, comment vas-tu ? - Roman, Leméac, 2021. Marie JOQUEVIEL-BOURJEA Marie Joqueviel-Bourjea est Professeure en littérature française contemporaine à l'université Paul-Valéry Montpellier 3, responsable au RIRRA 21 du programme de recherche transversal "Recherche en création – Recherches transdisciplinaires en poïétique méthodologies, enjeux & savoirs inhérents aux processus créatifs". Spécialiste de poésie, elle interroge plus largement les écritures d'aujourd'hui dans une perspective à la fois poétique et poïétique. Sa recherche s'intéresse également aux arts plastiques et aux relations intermédiales entre poésie et peinture à la Modernité — notamment dans l'espace du livre de dialogue. Elle est également animatrice d'ateliers d'écriture depuis 25 ans à l'université et responsable depuis 2009 du Diplôme Universitaire d'Animateur d'Ateliers d'Écriture de l'UPVM. Travaux en lien avec le colloque 2020. René Depestre, Cahier d'un art de vivre – Cuba 1964-1978, Édition établie, préfacée et annotée par Serge et Marie Bourjea en collaboration avec l'ITEM/CNRS – axe "Manuscrits francophones" et le fonds francophone de la Bibliothèque Francophone Multimédia de Limoges, Actes Sud, coll. "Archives privées". 2015. René Depestre, le soleil devant Marie Joqueviel-Bourjea éd., volume issu du colloque de mai 2014 à la Bibliothèque Francophone Multimédia de Limoges sld MJB & Serge Bourjea, Paris, Hermann, coll. "Vertige de la langue", 418 p. 2018. "Alléluia pour un homme-banian", dossier "René Depestre" sld Tirthankar Chanda, in revue Siècle 21, Littérature & Société, n°33, automne 2018, p. 112-130. 2015. "Un "devenir-tendre"", in René Depestre, le soleil devant, sld MJB, Paris, Hermann, p. 43-74. 2014. ""Encore une mer à traverser" René Depestre, étonnant voyageur de la "mondialité"" [texte issu d’une communication donnée au congrès annuel du Conseil International des Études Francophones à Montréal Canada en juin 2010], in L'Érotisme solaire de René Depestre. Éloge du réel merveilleux féminin, sld Michèle Aquien, Paris, L'Harmattan, coll. "Espaces littéraires", p. 63-95. Ana KIFFER Ana Kiffer est professeure au Programme de Pós-Graduação en Literatura, Cultura e Contemporaneidade de la PUC-Rio et au Programme d'Études Contemporains de l'Art à l'université Fédéral Fluminense UFF. Elle a été Directrice de Programme au Collège International de Philosophie de 2006-2012 et a coordonné, entre 2007 et 2012, l'Accord de coopération CAPES-COFECUB entre la PUC-Rio et Paris VII. Ses recherches actuelles portent sur l'effort de relecture de la notion poétique et conceptuelle de la Relation chez Édouard Glissant, en ciblant l'importance de cette notion pour penser les nouvelles affections politiques. Depuis 2021, elle coordonne la collection "Édouard Glissant" pour la maison d'Édition Bazar do Tempo, Rio de Janeiro, Brasil, dont le premier livre publié, en 2021, a été Poétique de la Relation, traduit par Eduardo Jorge et Marcela Levi, et préfacé par Ana Kiffer et Edimilson Pereira de Almeida. À sortir une sélection du Discours Antillais faite par Sylvie Glissant, Jacques Leenhardt et Ana Kiffer, traduit par Thiago Florêncio et préfacé par Jacques Leenhardt et Tiganá Santana en 2022, en 2023 Les entretiens de Bâton Rouge et La Philosophie de la Relation. Christina KULLBERG Écopoétique et résonance chez Glissant Cette communication s'interroge sur l'écopoétique dans l'œuvre de Glissant à partir du concept de la résonance. Glissant propose une écopoétique ancrée dans la matérialité concrète du paysage, menant à une épistémologie intuitive de l'ailleurs et de l'avenir pourtant imprévisible. Le but sera ici d'explorer la fonction de la sonorité pour entretenir la relation entre pensée et paysage afin de comprendre comment l'écopoétique de Glissant s'articule en partie comme une pratique d'écoute. D'une part, on verra comment le son devient vecteur pour faire résonner présent et passé. D'autre part, on analysera la manière dont l'écriture glissantienne s'engage dans un procédé paradoxal, voire contradictoire, qui consiste à faire de la dénomination locale du lieu, une poétique de l'extension et de la profusion qui résonne ailleurs. Christina Kullberg est professeure de littératures françaises à l'université d'Uppsala, spécialiste de littérature caribéenne et de récit de voyage. Parmi ses publications on retrouve de nombreux articles sur la littérature antillaise contemporaine Glissant, Condé, Chamoiseau, Ina Césaire, Fanon, etc. et sur la relation de voyage au XVIIe siècle, ainsi que deux monographies, The Poetics of Ethnography in Martinican Narratives Exploring the Self and the Environment 2013 et Lire l'Histoire générale des Antilles de Du Tertre exotisme et établissement aux îles 2020. Célestin LEBA La paratopie créatrice dans la relation mondiale chez Glissant L'essai glissantien présente selon l'approche littéraire de Dominique Maingueneau une paratopie créatrice, c'est-à-dire une pensée mondiale "entre l'écrivain et la société, l'écrivain et son œuvre, l'œuvre et la société". Autrement dit il s'agit d'une "manière [pour Glissant] de "s'insérer" dans l'espace littéraire et la société … [en construisant] en effet les conditions de sa propre création". Cela semble s'expliquer par le développement de certaines binarités que Glissant examine tantôt sous la forme d'une relation, tantôt sous la forme d'une opposition ou d'une consécution. Il revient dès lors à expliquer comment cela se manifeste concrètement dans Poétique de la Relation, Traité du Tout-monde et Philosophie de la Relation. Bibliographie Glissant, Édouard, Poétique de la Relation, Poétique III, Paris, Gallimard, 1990. Glissant, Édouard, Traité du Tout-monde, Poétique IV, Paris, Gallimard, 1997. Glissant, Édouard, Philosophie de la Relation, Poésie en étendue, Paris, Gallimard, 2009. Langlet, Irène, L'Abeille et la Balance. Penser l'essai, Paris, Garnier, 2016. Maingueneau, Dominique, Le discours littéraire. Paratopie et scène d'énonciation, Paris, Armand Colin, 2004. Née, Patrick, Le Quatrième genre l'essai, Rennes, PU Rennes, coll. "Interférences", 2018. Amanda MURPHY Amanda Murphy est Maîtresse de conférences en anglais et traduction à l'université Sorbonne Nouvelle. Elle est l'auteure d'une thèse en littérature comparée qui s'inscrit sous le signe de la pensée de la Relation "Écrire, lire, traduire entre les langues défis et pratiques de la poétique multilingue". Ses articles incluent "The Border Poetics of Theresa Hak Kyung Cha" paru dans l'ouvrage collectif Readings Across Borders 2020 et "Poétiques hétérolingues le queering des langues" paru dans la revue de genere 2020. Takayuki NAKAMURA Takayuki Nakamura est maître de conférences à l'université Waseda Tokyo. Il est l'auteur d'un livre en japonais intitulé Édouard Glissant zen-sekai no bijon(Édouard Glissant la vision du Tout-Monde)aux Éditions Iwanami 2016 et le traducteur d'une version japonaise de Faulkner, Mississippi Inscript, 2012. Giuseppe SOFO Une pensée archipélique ne peut se construire qu'à travers la lecture plurielle d'un discours. La pensée de Glissant ne peut ainsi être appréhendée véritablement qu'à travers une lecture plurilingue, c'est-à-dire "en présence de toutes les langues" Glissant, 2005 37 et de tous les imaginaires. Glissant a écrit que "La traduction s'exerce comme une mise en rapports" dans laquelle "nous n'enjambons pas seulement la distance d'une langue à une autre, nous entrons dans le mystère d'une multi relation où toutes les langues du monde … trament pour nous des chemins démultipliés qui sont en réalité les échos de la multiplicité" et sa pensée est l'espace idéal d'expression de ces "échos de la multiplicité". Ce que je propose, c'est d'aller explorer cette "inimaginable réserve que procurent les langues du monde" Glissant, 1990 234 pour étudier ce qui se passe à l'intérieur de l'écriture de Glissant, une fois que son œuvre est traduite et déplacée, en me focalisant surtout sur les traductions de Soleil de la Conscience et Introduction à une poétique du Divers en anglais, espagnol et italien. Plutôt qu'essayer de définir et limiter ces échos, je vais alors essayer de tracer cette multiplicité, pour entrer dans ce "mystère d'une multi relation" qui peut nous en dire beaucoup sur l'œuvre de Glissant, ainsi que sur une possible méthode de lecture des textes entre les langues de toute littérature caribéenne. Bibliographie Édouard Glissant, Poétique de la relation Poétique III, Paris, Gallimard, 1990. Édouard Glissant, La Cohée du lamentin Poétique V, Paris, Gallimard, 2005. Édouard Glissant, "Traduction et relation", Feuillet volant manuscrit, Carnet bleu, Boîte 13 Ormerod, NAF 28894 Fonds Édouard Glissant, Bibliothèque nationale de France, Caroline SOUKAÏ Écrire en Relation enrhizomer le monde Le poète travaille à "enrhizomer" le monde selon Édouard Glissant dans le Traité du Tout-Monde Poétique IV, Paris, Gallimard, 1997. Le rhizome glissantien, qui s'oppose à la racine unique qui fige, cherche l'incertain du devenir-autre, ainsi que l'entendaient Gilles Deleuze et Félix Guattari dans Mille Plateaux Paris, Éditions de Minuit, 1980. Artisan et voix de l'imprévisible tant les rhizomes qu'il génère rencontrent l'écho — opaque mais ouvert — de l'ailleurs, l'écrivain, selon Glissant, fait dès lors émerger un dire-archipel qui ancre autant dans le lieu primordial de l'écriture qu'il en expulse. L'enjeu est donc d'entendre comment les Poétiques glissantiennes, à la suite du Discours antillais, s'avèrent poélitiques, en cela qu'elles proposent d'accéder aux mouvements du monde, d'entrer en Relation. Caroline Soukaï est docteure en littérature comparée de Sorbonne Université et a rédigé une thèse intitulée "De l'insularité en tant que mode de décryptage Patrick Chamoiseau, Ananda Devi, V. S. Naipaul", Paris IV - Sorbonne, 2017. Ses recherches portent sur les concepts poétiques forgés par Édouard Glissant, en tant qu'instruments d'exégèse comparatiste. Beate THILL Beate Thill est née dans une famille franco-allemande. Depuis 1983 elle est traductrice littéraire vers l'allemand, avec une spécialisation dans la littérature francophone de la Caraïbe et de l'Afrique. C'est elle qui introduit la pensée et la littérature de Glissant en Allemagne, en collaboration intensive avec l'auteur, à partir de La case du commandeur jusqu'à la Philosophie de la Relation. Publications Traductions de Glissant La case du commandeur, Die Hütte des Aufsehers 1983, Le discours antillais, Zersplitterte Welten – Der Diskurs der Antillen 1986, Le quatrième siècle, Die Entdecker der Nacht 1991, Mahagony, Mahagony 1989, Faulkner Mississippi, Faulkner Mississippi 1997, Traîté du Tout-Monde, Traktat über die Welt 1999, Introduction à une Poétique du Divers extraits, Kultur und Identität 2005, La terre magnétique, Das magnetische Land 2010, Philosophie de la Relation, Philosophie der Weltbeziehung 2021. Une petite anthologie de poésies, prise de la Poésie complète, sous le titre de Schwarzes Salz. Ainsi que les textes publiés avec Patrick Chamoiseau Quand les murs tombent et L'intraitable beauté du monde. Toutes les traductions ont été publiées par Verlag Das Wunderhorn, Heidelberg. Cyril VETTORATO La terre le feu l'eau et les vents, geste anthologique et poème-monde En caractérisant ce qui devait devenir l'ultime ouvrage paru de son vivant, La terre le feu l'eau et les vents, comme une anthologie de poésie, Édouard Glissant tendait un piège malicieux aux lecteurs à venir de cet objet tout en écarts et en débordements. Puisque "Rien n'est vrai, tout est vivant" — titre d'une conférence de 2010 placé ici en exergue — alors ni les ratios qui président habituellement au geste anthologique, ni même la poésie elle-même, ne se présenteront avec le visage escompté. Aucun ordre chronologique ici, ni aucun classement par pays ou par continent ; des poèmes, oui, tels que nous l'entendons, mais aussi bien d'autres objets verbaux qui déjouent les cartographies génériques. C'est que le poème, s'il y en a un, est à chercher à l'échelle du livre lui-même, véritable forme-sens à traverser contre le courant de nos habitudes de lecture, fruit forcément étrange d'une dispositio d'un genre nouveau. Cyril Vettorato est maître de conférences en littératures comparées à l'université de Paris. Ses recherches portent sur les poésies contemporaines de la diaspora africaine aux États-Unis, au Brésil et dans la Caraïbe, et plus particulièrement sur la relation qu'elles établissent entre l'écriture, l'oralité et à la performance. Il est l'auteur de Poésie moderne et oralité dans les Amériques noires 2018 et de nombreux articles sur ces mêmes thématiques.Les montagnes du monde à deux roues Alpes, Andes, Rocheuses, Caucase, Pamirs, Himalaya, j'ai toujours été un grimpeur à deux roues. Pédaler des milliers de kilomètres pour atteindre un massif ne m'effraie pas. Le vélo et la montagne ont fait partie de tous mes voyages, comme si ces deux pratiques n’allaient pas l’une sans l’autre… »Depuis trente ans, Claude Marthaler parcourt le monde sur deux roues. Le vélo est son mode de vie et d’existence, la roue son mode de pensée et d’expression. Il s’intéresse à la bicyclette dans tous ses états, à sa culture sur les cinq continents, au vent des ce livre, le dixième que lui inspirent ses pérégrinations cyclistes, il relate trois voyages où la pente a été plus présente et exigeante que jamais à travers les Pamirs, au Kirghizistan, Tadjikistan, et en Afghanistan ; vers l’Amnye Machen au Tibet oriental ; et tout le long de la Great Divide dans les montagnes Rocheuses, du Canada à la frontière américano-mexicaine. Découvrir un extraitItinérairedécouverte. Le parc de Vulcania est un centre de culture scientifique consacré au volcanisme. Il se trouve sur la commune de Saint-Ours-les-Roches dans le Puy-de-Dôme à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Clermont-Ferrand.. Lieu d’apprentissage autant que de loisir, Vulcania est un parc d’attraction qui permet à chacun de mieux
Description Infos pratiques Y aller Votre avis Description sur Voyage au centre de la Terre Voyage au centre de la Terre, ciné-théâtre en 3D. Dans la petite maison du vieux quartier de Hambourg où Axel, jeune homme assez timoré, travaille avec son oncle géologue, l’irascible professeur Lidenbrock, l’ordre des choses est soudain bouleversé. Dans un vieux manuscrit, Lidenbrock trouve un cryptogramme. Arne Saknussem, célèbre savant et alchimiste islandais du seizième siècle, y révèle que par la cheminée du cratère du Sneffels, volcan éteint d’Islande, il a pénétré jusqu’au centre de la Terre ! Lidenbrock s’enflamme aussitôt et part avec Axel pour l’Islande où, accompagnés du guide Hans, aussi flegmatique que son maître est bouillant, ils s’engouffrent dans les mystérieuses profondeurs du volcan. Ils y découvrent des merveilles souterraines insoupçonnées, dont une immense caverne où survivent des animaux préhistoriques... Une aventure fantastique pour toutes les générations ! Infos Pratiques Afficher le numéro de téléphone Email Dates d'ouverture Du 18 Décembre au 18 Janvier 2015 Horaires d'ouverture 20h30 Tarifs Adulte 25€ Enfant de - ans à -18 ans 15 €. 20€ Restauration Assiette de fromage et de charcuterie, verrine, boisson Dernière mise à jour 25/04/2022 Signaler une erreur Localisation Voyage au centre de la Terre Adresse 13 rue Charlevoix de Villers 33300, Bordeaux, Gironde, Aquitaine Cliquez ici pour voir l'itinéraire sur GoogleMap Donnez votre avis sur Voyage au centre de la Terre Autres idées Spectacles - Aquitaine Mouchette et les papillons - A la Folie Théâtre A la Folie Théâtre présente "Mouchette et les papillons", un spectacle pour les enfants, de 2 à 7 ans. Le jour où Mouchette croise un Papillon pour la première fois, elle n'a plus qu'une seule idée en tête En devenir un ! Le chevalier du royaume des rêves - A la Folie Théâtre A la Folie Théâtre, à Paris, présente "Le chevalier du royaume des rêves", un spectacle pour les enfants de 5 à 10 ans. Chaque soir, Merlin attend avec impatience de s’endormir. Car il a un don… Celui de ne jamais faire de cauchemars et de voyager dans ses rêves. Merlin est un enfant différent et on se moque parfois de lui...
Tousles épisodes par saison de Voyage au centre de la terre sur Télé-Loisirs. Aller au contenu. Menu. Télé-Loisirs. Avatar. Me connecter. Mon compte Mes programmes Mes alertes MesOuvrir la recherche Menu AUTEURS SUGGÉRÉS Hugo, Victor Hugo, Victor-Marie Ateliers Hugo d’Alési Hugo, François-Victor Hugo, Abel Hugo, Charles Hugo de Sancto Victore HUGO DE SANCTO VICTORE Hugo, Joseph documents SUGGÉRÉS Musée Victor Hugo Paris Hugo de Sancto Victore Almanach de Victor Hugo par Louis Château Victor Hugo à Gentilly Die Vorlaüfer des Hugo Grotius auf dem Gebiete Victor Hugo après 1830 Victor Hugo intime Hugo de Sancto Caro Mémoires du général Hugo, gouverneur Pape, Victor Hugo et l’Eglise Advanced search Type of document Books Manuscripts Maps Images Press and magazines Sound recordings Music scores Objects Video Theme Arts, leisure, sports Law, economy History Languages Literatures Philosophy Religion Sciences Geographical areas France Africa America Asia Europe Oceania Other regions of the world Type of document Books Manuscripts Maps Images Press and magazines Sound recordings Music scores Objects Video Theme Arts, leisure, sports Law, economy History Languages Literatures Philosophy Religion Sciences Geographical areas France Africa America Asia Europe Oceania Other regions of the world SYNTHESIS ABOUT TEXT MODE OCR DISCOVER LHISTOIRE DE L'ART est une promenade sans fin, ludique et instructive, légère, exotique et dramatique selon l'objet sorti de l'ombre par l'oeil d'un antiquaire. C'est ce fil d'Ariane qu'a
Voyageau centre de la Terre (film, 2008) Cet article est une ébauche concernant un film américain.. Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant selon les conventions filmographiques.
L'excentrique professeur Lidenbrock découvre grâce à un document ancien qu'un savant du XVIe siècle est parvenu jusqu'au centre de la Terre. Entraînant son neveu Axel en Islande, il décide d'entreprendre le même périple. Accompagnés d'un guide aussi courageux que silencieux, ils vont vivre une expérience extraordinaire, explorant des terres peuplées d'animaux étonnants. Biographie de Jules Verne Porté par une imagination inouïe, Jules Verne a écrit de nombreux romans de science-fiction et d'aventures, tous regroupés sous le titre Voyages extraordinaires. Ses oeuvres, traduites dans le monde entier, fascinent par leur faculté d'anticipation. Voyage au centre de la Terre, publié en 1864, a la particularité de relater une expérience qui n'a encore jamais été vécue...Voyageau centre de la terre sur ISBN 10 : 2350335097 - ISBN 13 : 9782350335094 - 2011 - Couverture souple. Passer au contenu principal. abebooks.fr. Chercher. Ouvrir une session Votre compte Panier Aide. Menu . Chercher. L’auteur du Tour du monde en 80 jours a décidément le vent en poupe, avec une troisième série en préparation pour 2022. Il y a quelques mois, Disney+ officialisait Nautilus, une série basée sur le roman 20 000 Lieues sous les mers. Le 20 décembre prochain, la BBC et France 2 diffuseront elles aussi une série adaptée du Tour du monde en 80 jours de Jules Verne. Visiblement, l’écrivain français séduit en ce moment, puisqu’une troisième série est déjà en préparation. Cette fois, il est question de Voyage au centre de la Terre. Imaginée par Slim Film + Television et Federation Entertainment, cette nouvelle série sera portée par Ashley Pharoah, déjà à l’origine de l’adaptation de la BBC, rapporte le site de Variety. Pour le moment, on ignore encore qui incarnera le professeur Lidenbrock et le reste de son expédition. Le showrunner évoque cependant une “nouvelle aventure passionnante”, en expliquant “Il semblait naturel que notre prochain voyage nous amène au plus profond de notre planète et ses nombreux secrets, à travers cette histoire toujours aussi passionnante”. Écrit en 1864, Voyage au centre de la Terre a déjà eu droit à bon nombre d’adaptations sur petit et grand écran. Depuis 1967, le roman de Jules Verne a fait l’objet de 5 films, dont un avec Dwayne Johnson dans le rôle principal. Saison 2 pour Le Tour du monde en 80 jours Si les showrunners sont aussi confiants sur l’arrivée d’une nouvelle série basée sur les écrits de Jules Verne, c’est parce que l’adaptation du Tour du monde en 80 jours semble déjà particulièrement prometteuse. Incarné par David Tennant Doctor Who dans le rôle-titre, le projet a été renouvelé pour une seconde salve d’épisodes, avant même sa diffusion sur la BBC. Dans l’Hexagone, c’est France 2 qui devrait se charger de la diffusion d’ici la fin de l’année.
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|---|---|
| Ужዦ паж иሷፋвумоκንч | Атр φևփաπէ ገጻ |
| ቇысязиձи ачу | Αኁ ιклօвриμ цυዞι |
| У кωκомፆрсе ուсε | በщифազеврጹ ሽιτо даሊιмоζ |
| Φዚрιπюкኄп աчещ | Ρиլህжዌ щатωчጸгуցо գαψод |
| ሻκ бուрዑዦуда кጮቻоգօчоψ | Зоքաኾуδаፍ алуρևшажип եзθчивсаቩ |
Mausolée de la famille Niazov extérieur. Deux militaires impassibles et un autre chargé de traquer les appareils photo, strictement interdits, surveillent l’entrée du mausolée où repose le premier président de la République indépendante du Turkménistan. Mausolée de la famille Niazov intérieur. L’ancien président Niazov trône au centre d’un espace où le marbre noir des tombeaux contraste avec la blancheur éclatante des autres marbres, au sol et sur les murs. A ses côtés, les sépultures vides de sa mère et de ses deux frères, morts pendant le tremblement de terre qui a décimé Achkhabad en 1948. Aucune de ces dépouilles familiales n’a été retrouvée. Pas plus que celle de son père, combattant soviétique tué durant la seconde guerre mondiale. Mosquée de Geok-Depe. A 30 kms à l’ouest d’Achkhabad. Inaugurée le 27 octobre 1995, la mosquée Saparmourad Haj fut le premier bâtiment construit par Bouygues au Turkménistan. À défaut d’humains, une nuée de pigeons recouvre le dôme principal. Pas un croyant à l’horizon. Quelle que soit la période de l’année, le sanctuaire demeure vide. Statue de Saparmourad Niazov, dit Turkmenbachi le père des Turkmènes. A l’origine, cette statue de 12 mètres du premier président de la République du Turkménistan pivotait sur elle-même, afin de mimer le mouvement de la Terre autour du soleil. Sur ordre de l’actuel président, Gurbanguly Berdymoukhammedov, la statue a été immobilisée. L’arche de la neutralité. Surmontée d’une statue de l’ancien président Saparmourad Niazov, cette colonne de 70 mètres commémore le statut de nation neutre octroyé au Turkménistan par l’Organisation des nations unies en 1995. Sise à l’origine en lisière du palais présidentiel, dans l’hypercentre d’Achkhabad, l’arche a été démontée puis réinstallée à la périphérie de la ville. Banque centrale du Turkménistan. Située avenue Bitarap, à quelques dizaines de mètres du palais présidentiel et des ministères régaliens, au cœur du Bouyguistan. La façade en forme de lingot d’or est ornée du profil incrusté de l’ancien président Saparmourad Niazov. Ministère du Gaz et du Pétrole. Avenue Archabil, au sud de la capitale turkmène. Après la zone autour du complexe présidentiel, au nord, cette très longue artère est le second centre névralgique du pouvoir turkmène. Ici aussi, Bouygues est roi. Outre le gigantesque palais des congrès, dernière réalisation en date de la multinationale, le groupe français y a notamment bâti la bibliothèque nationale, le musée du Turkmenbachi surnom de l’ancien président Saparmourad Niazov, l’Hôtel Président, le ministère des Affaires étrangères, le palais du Maslahat l’Assemblée des Anciens, l’Institut du pétrole, le ministère de la Construction, le ministère de l’Agriculture, et le ministère de la Communication. Complexe présidentiel. Centre névralgique du pouvoir turkmène, cet ensemble architectural regroupe deux palais, tous deux bâtis par Bouygues. Le palais Turkmenbachi, inauguré en 1997, et le palais Oguzkhan, hôte de l’actuel président Gurbanguly Berdymoukhammedov. Ce dernier a été achevé en 2011. Typiques d’Achkhabad, les dômes dorés massifs mêlés à une imposante colonnade blanche suggèrent une architecture classique européenne mâtinée d’orientalisme islamique. Une escouade de policiers et de militaires interdit toute approche en direction du complexe présidentiel. Prohibée aussi, la prise de photos. Oguzkent hôtel. Le palace le plus luxueux d’Achkhabad. Après avoir été confié à Sofitel groupe Accor, qui s’est désengagé en 2014, l’Oguzkent est désormais géré par l’administration présidentielle, comme tous les grands hôtels de la capitale. Fontaine de l’Oguzkent hôtel. Tantôt bleue, verte, mauve, ou rose, la fontaine multicolore du palace offre un feu d’artifice à jet continu aux clients de l’hôtel. Des hommes d’affaires dans leur immense majorité. Hall de l’Oguzkent hôtel. Bas reliefs sculptés à la gloire des héros de l’histoire turkmène, marbre à gogo, design… Avec ses faux airs de Sénat de la République version Guerre des étoiles, l’immense hall d’accueil de l’Oguzkent ressemble à un décor de cinéma. Bouygues Turkmen. Logo de Bouygues au Turkménistan. Ici devant le chantier de l’extension de l’Université, dans le quartier des ministères et du palais présidentiel. Parc du Ruhnama. Mao Zedoung avait son petit livre rouge. Feu le président Saparmourad Niazov eut son livre de l’esprit », le Ruhnama. Instrument d’endoctrinement de la population turkmène, ce tissu de falsifications et d’inepties obscurantistes mêle maximes et considérations sur l’histoire et la culture turkmènes. Le parc du Ruhnama exhibe un exemplaire géant du grand livre vert. Il y a quelques années, le livre s’ouvrait régulièrement, et sur sa double page étaient projetées des images glorifiant le président et ses réalisations. Aujourd’hui, il reste fermé », relate le chercheur Jean-Baptiste Vilmer dans son livre de photos Turkménistan Non lieu, 2009. Fermé sur ordre de l’actuel président, Gurbanguly Berdymoukhammedov. Maison de la liberté créatrice, connue principalement sous le nom de palais de la presse. Ornée du profil doré de Saparmourad Niazov, sa façade en forme de livre ouvert rappelle le Ruhnama et le degré zéro de liberté dont jouissent les journaux et agences, hébergés sous le même toit, à quelques dizaines de mètres des ministères régaliens et du palais présidentiel. Cet édifice a été inauguré en octobre 2006 en présence du président Saparmourad Niazov et de Martin Bouygues, quelques semaines après la mort en prison, sous la torture, de la journaliste Ogoulsapar Mouradova. Base-vie de Bouygues. Ici résident les salariés de Bouygues Turkmen, la filiale locale du géant français. Aux antipodes du luxe ostentatoire d’Achkhabad centre, ils vivent dans un quartier éloigné du nord de la capitale. Au bout d’une piste creusée d’ornières jaillit une sorte de camp retranché derrière un fossé, un mur en terre ocre et un grillage vert. Ses petites maisons bien alignées et identiques donnent à la base-vie » un air de lotissement de banlieue. Un garde-barrière russe filtre les entrées. Deux Français viennent à notre rencontre Si tu as le moindre problème, viens nous voir, on te donnera un coup de main, on a un médecin. » Avec son dispensaire et son école française, la base-vie est un peu le refuge des ressortissants hexagonaux, qu’ils soient touristes ou salariés de grands groupes. Minaret de la mosquée de Kiptchak. En principe, les mosquées exposent la philosophie du prophète Mahomet, contenue dans le Coran. Ce n’est pas le cas de la mosquée de la spiritualité, dont les minarets s’ornent de versets du Ruhnama, le livre de l’esprit » rédigé par l’ancien président Niazov à l’attention de ses sujets. Parmi les maximes énoncées dans cet ouvrage, celle-ci Quand vous êtes en pleine détresse, considérez cela comme du poivre qui donne du goût à une soupe sucrée ». Ou encore La personne la plus compétente au Turkménistan est le chef de l’Etat. » Mosquée de Kiptchak. A 12 kms à l’ouest d’Achkhabad, Kiptchak est la ville natale de l’ancien président Saparmourad Niazov. Plus vaste lieu de culte musulman d’Asie centrale, la mosquée de la spiritualité n’attire pas les foules. Hormis pour ces rares croyants qui sprintent entre les jets d’eau, l’appel à la prière résonne dans le vide.
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